VISAGES
Je vous ai trop aimée, Automne au cher visag-e, — Dit-il, — ô vous pareille à celle que j'aimais! Son cœur, comme le vôtre, était ardent et sage ; Vos yeux, comme les siens, me sont doux à jamais.
Lorsque vous reg-ardiez sans regret, une à une, Vos feuilles dans le vent s'envoler vers la nuit, Il me semblait la voir, comme vous sans rancune, Sourire indifTc rente à l'heure qui s'enfuit.
LE MIHOIR DKS AMANTS l33
En vous je retrouvais sa faron d'être belle : Car elle eut, comme vous, celte même beauté Qui, d'un instant, paraît devoir être éternelle Et qui se rajeunit de sa maturité.
Ainsi, faite de brume et d'air et de feuillage, Votre face divine et qui ne meurt jamais. Automne, se confond avec un cher visage Et celui que je vois est celui que j'aimais !
l34 LE MinOlU ULS UliUiVES