‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 55 sur 105 · LA RUPTURE · texte numérisé non relu

LA RUPTURE

Ce n'est pas votre adieu qui me tire ces larmes

Que je ne caclie pas, Et si je fus blessé, ce n'est point par vos armes

Elles frappent trop bas.

Si vos yeux insolents regardent ma détresse,

N'en prenez point sujet Pour vous enorg-ueillir de l'état où me laisse

Cette douleur que j'ai,

LE MinOin DES AMANTS

Car vous avez en vain dans ma coupe tendue

Versé l'acre poison Et, pendant mon sommeil, effeuillé la cig-uë

De votre trahison ;

En vain votre mauvais et perfide sourire

Me raille lâchement D'avoir tenu pour vrai ce que vous savez dire

D'une bouche qui ment.

Non ! ce n'est pas cela, voyez- vous, que je pleure,

Le front entre mes mains, Et ce n'est ni vous-même, hélas ! et ni le leurre

De vos yeux incertains,

Mais que votre beauté à qui je fus crédule

Ait dupé mon amour Et d'avoir trop longtemps pris votre crépuscule

Pour l'aube d'un beau jour ;

Car je n'ai dans mes bras serré que le mensonge

D'un fantôme vivant Et me voici pareil à celui dont le songe

Jette son or au vent. ..

l38 LE MIROm DES HEURES

Et ce que je regrette en ces larmes cruelles

Où vous n'êtes pour rien Ce n'est pas, sachez-le, vous sans pitié pour elles,

Votre amour, c'est le mienl

LE UmOm DES AMANTS l'àg

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