LE DÉPART
Dans le bazar bruyant, mystérieux et sombre Qui sent l'huile, le fruit, le cuir et le jasmin, J'ai marchandé longtemps et touché de la main Le harnais, le tapis, la ligue et le concombre.
Grave et chaude, j'ai vu sur toi descendre l'ombre, Damas! Un soir, le long- de ton vieux mur romain Où le Seigneur frappa saint Paul en son chemin. J'ai marché lentement sur la roule en décombre.
Sur le toit en terrasse et sur le dôme blanc. J'ai vu la lune courbe au beau ciel musulman Faire aboyer les chiens et gémir les fontaines,
Et, pour mieux conserver l'image où lu me suis, J'emporterai, gardien de tes beautés lointaines, Ce clair sabre pareil à l'astre de tes nuits I
LE MIKOllt DES Hi.URES