‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 83 sur 105 · LE CYPRÈS · texte numérisé non relu

LE CYPRÈS

Si, plus doux, le parfum des roses dans le soir,

Au fond du jardin sombre où le silence écoute.

Se mêle au bruit plus frais de l'eau qui, gfoutte à goutte,

Déborde de la vasque et coule au réservoir ;

Si, dans l'ombre plus solennelle, je crois voir, — Moi dont le long- amour pensait te savoir toute, 0 cher visage auquel un prestige s'ajoute, — Ton regard plus profond, plus secret et plus noir,

C'est que j'évoque alors, auprès d'autres fontaines, Dautres roses en fleurs, puissantes et lointaines, Que Brousse et que Dumas colorent de leur sang-,

Et qu'un cUarme nouveau, de là-bas, t'a suivie Pour avoir entendu dans les nuits d'Orient X.C rossignol gémir sur les cyprès d'Asie.

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LE GROISS.\NT

La poterne, dans la muraille, ouvre à l'abord

Sa voûte oblique et basse où le pavé resonne, Et l'antique rempart que le créneau couronne Veille toujours à pic sur la plaine et le port.

Le palais du Grand Maître est là, debout encor; Ici les Chevaliers dont l'Ordre l'envii-onne Ont leurs nobles log-is qu'un blason écussonne. L'héroïque passé survit en son décor.

Si l'épais bastion que la tour ronde flanque N'a pas, du joug" haï, sauvé la cité franque, Rhodes, tu coûtas cher au vainqueur musulman,

(]ar, autour de tes murs, un vaste cimetière S'incurve encore, comme un funèbre croissant, Où trente mille Turcs ont pourri dans la terre I

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