‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 86 sur 105 · L'ILE · texte numérisé non relu

L'ILE

Sous la lumière d'or que le soleil tiédit Et qui brille, s'épand, se disperse et ruisselle Sur la mer, dont au loin l'azur lisse étincelle, L'île en un clair sommeil doucement s'engourdit.

Silence. Pas un vol dans le ciel de midi Ni dans le bois obscur où ne bat aucune aile. Le temps semble immobile en une heure éternelle Qui brûle, se consume et toujours resplendit.

Pieuse et verte, auprès du rivag-e dalmate,

Où, comme un fruit, Raguse en ses vieux murs éclate,

Elle étage ses pins autour de son couvent ;

Et, dans l'air pur qu'imprèg-ne un parfum balsamique, Cime à cime, parfois, d'un frisson, on l'entend Palpiter tout entière au souffle adriatique.

LE MKDAILLlKa IQS

UREIS GENIO

Urbis genio Johannes Dirins.

(Inscription votive du Palais Dario.)

Venise ne t'a pas inscrit au Livre d'or Parmi ses fils fameux dont la g-îoire y rayonnne, Dario, mais ton nom oriental résonne Toujours, dans un écho de faste et de trésor,

Puisque, riche étrang-er venu de quelque port De l'Archipel ou né sur la côte esclavonne, Tu construisis, sans écusson qui le blasonne, Ce palais, dont le Grand Canal est fier encor.

Grâce à lui, tu survis, car sa façade blanche

Montre en disques luisants, dans son marbre qui penche,

Le porphyre vineux et le vert serpentin,

Et l'on peut lire encor l'inscription latine Par laquelle tu dédias son seuil marin .Nu génie ondoyant de la ville marine.

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