DANS LA MONTAGNE
Dans les érables d'or et les érables rouges Comme de précieux joyaux les feuilles bougent, Et les rameaux légers font sur l'horizon pur Des losanges de ciel et des carreaux d'azur. La montagne, en octobre, est somptueuse et douce. Un désir d'air sylvestre et de beauté m'y pousse. J'adore la nuance et le fin coloris.
L'arbre m'est un plaisir constant: je l'ai compris. L'ambre luit, l'incarnat magnifique flamboie, Toutes les teintes font comme un grand feu de joie I
LE MIBOm DES JOUBS
Quand un souffle furtif passe dans le soleil,
Ah ! le frémissement de l'arbre est sans pareil !
Bien n'est plus merveilleux, rien n'est plus beau sur terre
Qu'un érable d'automne en un champ, solitaire !
Et la mélancolie auguste de nos bois
Qui, par leurs arbres chers, pleurent tous à la fois 1 . . .
Si vous voulez qu'un jour votre âme se recueille.
Allez vous promener aux chemins oii la feuille
Tombe, comme un oiseau sans ailes, sous vos pas.
Regardez, c'est divin ! Ne vous arrêtez pas.
Et songez, en errant longtemps à l'aventure.
Comme est diverse et belle et simple la Nature.
EKABLE KOUGE
Dans le vent qui les tord les érables se plaignent,
Et j'en sais un, là-bas, dont tous les nmieaux saignent !
Il est dans la montagne, auprès d'un rhêne vieux, Sur le bord d'un chemin sombre et silencieux.
L'écarlate s'épand et le rubis s'écoule
De sa large ramure au bruit frais d'eau qui roule.
II n'est qu'une .blessure, où magnifiquement
Le rayon (|ui pénètre allume un flamboiement !
Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge
A trempé dans les feux mourants du soleil rouge !
Sur le feuillage d'or au sol brun s'amassant, Par instant, il échappe une feuille de sang.
Et quand le soir éteint l'éclat de chaque chose, L'ombre (|ui l'enveloppe en devient toute rose !
La lune bleue et blanche au lointain émergeant,
Dans la nuit vaste et pure y verse une eau d'argent.
Et c'est une splendeur claire que rien n'égale. Sous le soleil penchnnl ou la nuit automnale !