‹ Le misanthrope, comédie en cinq actes et en versChapitre 61 sur 120 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Alceste.

là son nom, traître, et dis ce qu'il t'a dit.

Dubois, C'est un de vos amis; enfin, cela suffit. Il m'a dit que d'ici votre péril vous chasse, Et que d'être arrêté le sort vous y menace.

Alceste.

Mais quoi! n'a-t-il voulu te rien spécifier?

Dubois.

Non. Il m'a demandé de Fencre et du papier, Et vous a fait un mot, où vous pourrez, je pense, Du fond de ce mystère avoir la connaissance.

Alceste.

Donne-le donc.

Ce limé ne.

Que peut envelopper ceci?

Je ne sais ; mais j'aspire à m'en voir éclairci. Auras-tu bientôt fait, impertinent au diable?

Dubois, après avoir longtemps cherché le billet. Ma foi, je l'ai, monsieur, laissé sur votre table.

Alceste.

Je ne sais qui me tient...

Célimène.

Ne vous emportez pas, Et courez démêler un pareil embarras.

Alceste.

Il semble que le sort, quelque soin que je prenne, Ait juré d'empêcher que je vous entretienne; Mais, pour en triompher, souffrez à mon amour48) De vous revoir, madame, avant la fin du jour.

48) Souffrez à mon amour est dit ici pour permettez à mon amour, comme on s'exprimerait aujourd'hui. Souffrir à quelqu'un dans le sens de permettre se trouve encore une fois dans Molière: „. . . . Si votre cœur me considère Assez pour me souffrir de disposer de vous.''

Psyché (Acte I, scène 3.) Dans ce passage me est au datif et non à l'accusatif. La même locution se trouve dans d'autres écrivains du siècle de Louis XIV: „Quoi de plus grand que de ne souffrir à son cœur aucune bassesse capable de déshonorer un héritier du ciel/6 Massillon.

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