II. Liturgie Ambrosienne
Nous signalons ici les particularités delà Messe milanaise, d'après le Sacramentaire de Biasca et celui de Bergame (5).
I . Messe des Catéchumènes. — A la sortie de la sacristie, on chante Vhtgressa; c'est l'équivalent
(i) Ebner, ouvr. cité, pp. 296-356.
(2) Ibid., pp. 7-9.
(3) Ibid. y pp. 297-302.
(4) Ibid,, pp. 306-307.
(5) C'est en résumé l'exposé de la messe ambrosienne, telle qu'elle est donnée dans le Dictionnaire d'Archéologie chrétienne et de Liturgie, t. \, c. 140 1-2420.
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de l'Introït romain, moins le psaume, le Gloria et la reprise. L'Evèque salue l'assistance en disant : DojJiinus vobîscum (ce qu'il répétera après chacune des trois lectures), puis il dit V Oratio super populu7n. — Le Cod. H, ^^j de la Bibliothèque Ambrosienne, à Milan, document du XII® siècle, marque quelques prières dites au bas de l'autel : Introibo, Indidgeiitiant, puis les oraisons : Aufer a nobïs, et Oramns te (i). — On chante trois cantiques d'ouverture : le G/o r? a m exce /sis (une importation romaine), le Kyrie, trois fois, et le cantique Boiedictus (comme dans le rite gallican). Ce dernier cantique est appelé aussi : prophetia ; ce qui explique la Colleciio post prophetiam, récitée à ce moment. — Comme dans VOrdo gallican, on compte trois lectures, savoir : la leçon prophétique (de l'Ancien Testament), laleçonapostolique (ou épître) et la leçon évangélique. Jusqu'au xr siècle, la première était remplacée par les Gesta aux fêtes des saints : cette leçon prophétique ne se rencontre aujourd'hui qu'aux messes du Carême, du Saint Sacrement et aux messes après la Pentecôte. — Divers chants se placent entre ces lectures ; un Psalimllus (ou versets d'un psaume) après la leçon prophétique, V Alléluia après la leçon apostolique, une antienne spéciale avant l'évang-ile, mais seulement pour les grandes fêtes, et, à certains jours, le Betiedicite appelé Bénédiction (nous avons l'équivalent au samedi des quatre Temps après la cinquième leçon). — Après l'évangile, ont lieu le Sermon ou tractaitis et le renvoi des catéchumènes.
2. Messe des Jîdèles. —A. Oblation.Y^eDontinus vobisciwt est suivi d'un triple Kyrie, qui marque la place de la prière litanique ; on apporte en procession les éléments du Sacrifice et le chœur exé-
(i) Voir Ebner, Ibid., p. 3o6.
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cute V anttphona post evangelium ; un voile précieux recouvre l'oblation sur l'autel, c'est le suaire ou sindon. On chante Vofferenda, le diacre dit : Pacein habete (i), et le prêtre récite la prière du voile : oratio sitper sindoîieifiy puis l'équivalent de la secrète romaine ou oratio super oblatam. Ces deux oraisons, dites à voix basse, semblent faire double emploi.
B. Consécration ou Canon. — Le Sacramentaîre de Biasca, x® siècle (2), offre sous le titre de Missa canonica, une messe quotidienne qui contient le canon : elle est placée au milieu du recueil après la semaine de la Pentecôte (au Sacramentaire de Bergame, xi^ siècle, elle se trouve entre le 4® et le 5*^ dimanche après la Pentecôte). La préface y appelle une partie propre : ces préfaces propres sont nombreuses dans le livre de Bergame, elles ont souvent la forme de collectes, quelques-unes sont des récits ; il en est qui dénotent une main experte. — Après la préface, au temps de saint Ambroise, on tirait un voile à l'entrée du sanctuaire ; le canon s'accomplissait dans le mystère, à l'abri du regard des fidèles. — Milan adopta de bonne heure le texte du canon romain ; cependant il y a quelques différences d'expression ; la teneur se rapproche du Gélasien et du Missel de Stowe (3). Par la comparaison du canon milanais actuel avec le De Sacrainentis (4) et avec les offices de la Semaine
(i) Cette formule rappelle que le baiser de paix se donnait autrefois à ce moment de la messe.
(2) Cod. A. 24 bis, part. inf. de la Bibliothèque ambrosienne à Milan ; voir Ebner, ouvr. cité, p. 73.
(3) On trouvera un tableau comparatif du texte du canon dans les trois documents cités par l'auteur de l'article sur le rite ambrosien : Dictlomzaire d' Archéologie chrétienne et de Liturgie, t. I, c. 1407-1414.
(4) Sur le De Sacramentis, voir notre premier opuscule, p. 37-39.
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sainte, on peut constater qu'il y a eu des remaniements opérés. La partie centrale de la messe ambrosienne était, à l'origine, formée presque exclusivement du récit de l'institution : on l'appelait : Sac7^ae orationis inysterium, consecratio divina, benedictio verborunt cœlesiiu77t (i). Le canon milanais se termine par un développement du passage de saint Paul, I Cor., xi, 26. Aujourd'hui on lit les prières suivantes : Te igitur, Mémento, Communicantes , Hanc igitur, Quant oblationem ; après cette dernière prière, le prêtre va au coin de l'épitre et se lave les doigts en silence. La consécration se fait par le récit de l'institution. Le reste, comme au canon romain ; la plupart des variantes de rédaction sont celles du manuscrit de Biasca.
C. Commiùnion. — La fraction et commixtion de l'hostie se font comme dans le rite romain avec une formule un peu différente : on chante le 6"(9;//>'^^/(9r2>/;/^ (ou antienne de la fraction). Puis vient le Pater, suivi d'unedoxologie fort ancienne et du Libéra nos, La paix est souhaitée dans la forme suivante : Pax et commttnicatio D. N, J, C. sit semper vobiscum. if Et cîcm spiritu tuo. Et le diacre dit : Offerte vobis pacem (2) . — ■ On ne chante \ Agnus Z^^/ qu'aux messes des morts et l'on passe aussitôt aux trois prières avant la communion (ces prières manquent dans les manuscrits). La formule de la communion du prêtre était autrefois différente de la nôtre, elle est maintenant la même. En distribuant la communion aux fidèles le prêtre dit : Corpics Christi, et l'on répond :
(i) Voir P. L., t. XVI, c. 641, 406 et 407.
(2) Les formules que l'on s'adresse en donnant et recevant la paix sont dans le Cod. Il ^55, de la Bibliothèque ambrosienne, Ebner, ouvr. cité, p. 307.
Amen (i). Pendant la communion, le chœur exécute un chant appelé transitorùmi. Vient ensuite la postcommunion ; le prêtre dit Dominus V obis c uni, trois fois Kyine^ une fois Benedicat et custodiat nos Deus. Amen, Le congé est donné par le diacre en ces termes : Procédâmes cum pace. In nomine Christù — On a ajouté Placeat, la bénédiction et l'évangile de saint Jean, comme dans le Missel romain.
N.B. — Pour le propre du temps : au Xîl^ siècle, Béroldus semble ne rien connaître de la seconde messe de Noël ; la plus ancienne mention des trois messes de Noël dans l'Ambrosien, où elles existent maintenant, remonte à 1374. — Les vendredis de Carêmesont aliturgiques; le Jeudi saint, on réserve la sainte Eucharistie pour communier les malades et pour représenter l'ensevelissement de Jésus ; le Vendredi saint il n'y a pas de messe des présanctijîés. Les Rogations ont lieu la semaine qui précède la Pentecôte ; la fête du Corpus Christi est célébrée depuis 1335. Pendant quelque temps la commémoration des défunts actuellement au 2 novembre fut placée le lendemain du troisième dimanche d'octobre (2).