QUE LE PÉCHÉ EST CAUSE DES AFFLICTIONS TEMPORELLES
Multa flagella peccatoris.
Dieu envoie plusieurs fléaux au pécheur. (Psal. 31, 10.)
Les maux spirituels que le péché nous cause et dont nous avons parlé ces jours passés, sont des motifs plus que suffisants pour nous porter à le détester et à nous repentir de l'avoir commis. Mais parce que les âmes mondaines qui sont toutes sensuelles , ne sont touchées que de ce qui tombe sous les sens, il leur faut représenter les afflictions temporelles que la justice de Dieu a autrefois envoyées et qu'elle envoie de temps en temps en puntfion du péché ; et cela premièrement à des personnes particulières ; en second lieu à des villes, à des communautés et à des provinces entières, qui sont quelquefois affligées de guerre , de peste et de famine pour le péché d'un seul homme. La justice de Dieu enverrait ces trois fléaux au monde bien plus souvent qu'elle ne fait , si vous ne l'en empêchiez, ô sainte Vierge! Votre serviteur saint Dominique vit un jour votre fils en grande colère contre les hommes, prêt à lancer ces trois fléaux sur leurs têtes criminelles, et que vous arrêtiez sa vengeance , apaisant doucement son indignation par les charmes de vos prières et de vos intercessions maternelles. Continuez-les, s'il
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vous plaît, en faveur de ceux qui continuent de se prosterner à vos pieds et de vous honorer avec l'ange, en vous disant : Ave, Maria.
IDEA SERMONIS
Exordii'm. — Justitia Dei est timenda.
I. Punctum. — I. Deus punivit personas particulares pœnis temporalibus : in bonis, Ezechiam. — II. In honore, Oziara. — III. Invita, Onan.
II. Punctum. — IV. Deus inflix.it tria flagella ob unicum peccatum. — V. Famem , ob Saulis. — VI. Pestem ob Davidis. — VII.'Malum successum in bello ob Achan. — VIII. Hœc tria flagella multis provinciis , etiam nostro tempore.
III Punctum. — IX. Morale. Non punimur his flagellis , quia servamur seternis. — X. Qua; multù graviora sunt si comparentur. 1. Pœnse pœnis. — XI. 2. Culpae culpis. — XII. 3. Personce personis. — XIII. 4. Status statui.
Conclusio. — Malum et amarum est peccare, ut ait Jeremias.
Exorde — Un des plus charitables effets de la miséricorde de Dieu sur les hommes est de les avertir tout de bon, comme elle fait ordinairement des rigueurs de sa justice; c'est pour cela principalement qu'il a coutume d'envoyer et de faire parler ses prophètes. Ceux qui ne sont envoyés qu'à des villes, qu'à des provinces ou des royaumes particuliers, commencent ainsi leurs menaces : Onus N valve , onus Babylonls, omis M gypti; mais parce que le prophète Jérémie recevait la commission d'annoncer généralement à toutes les nations, et à tous les hommes du monde, la punition de leurs péchés, on lui dit au commencement : Prophète, que voyezvous? Je vois une verge veillante. La justice de Dieu est quelquefois une verge de bois, elle est d'autres fois une verge de fer ; mais elle est toujours une verge veillante. En ce monde, elle est ordinairement une verge de bois, verge douce et paternelle, dont il se sert amoureusement pour châtier ses enfants et les corriger de leurs fautes. En l'autre monde , elle est une verge de fer, ou comme Jérémie dit encore au même lieu, une„chaudière bouillante, qui brûle, qui tourmente et consume les âmes réprouvées, dans toute l'étendue des siècles. Mais elle est toujours une verge veillante, elle a toujours les yeux ouverts pour regarder avec attention tous les péchés qui se commettent ; elle ne s'endort jamais, elle est toujours éveillée pour punir infailliblement, ou bien en ce monde, ou en l'autre , toutes les offenses des hommes , sans acception de personne.
Au lieu de ces paroles : Virgam vigilantem , une autre version porte : Baculum amygdalinum. Albert le Grand dit que si vous mettez sous votre chevet un bâton ou une branche d'amandier, c'est un charme naturel qui vous empêche de dormir. Si cela est vrai, je ne sais; maisje sais bien que si l'âme chrétienne avait toujours auprès de soi ou pour mieux dire devant ses yeux, cette branche d'amandier, elle s'amenderait, elle ne reposerait pas si à son aise qu'elle fait témérairement quand elle est en mauvais état : si bien que pour l'empêcher de s'endormir et de s'endurcir au péché, je lui dois présenter ce bâton d'amandier, cette verge veillante; lui représenter les afflictions temporelles que la justice de Dieu a décrétées contre les hommes en punition de leurs crimes. On les peut réduire à deux chefs ou à celles qu'il a envoyées aux personnes particulières , ou à celles qu'il a envoyées à des villes et
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communautés entières, et cela pour un seul péché, et pour un péché de ceux qui ne semblent point si énormes; mais comme les personnes particulières ont été quelquefois punies en leurs biens, en leur honneur et en leur vie, choisissons de chacun un exemple entre mille.
Premier point. — I. Premièrement , dans les biens temporels , le roi Ezéchias, qui est fort souvent loué en l'Ecriture (4. Reg. 20 , 12; Is. 39), pour n'avoir pas eu son semblable en piété, ayant une maladie mortelle, en fut guéri si miraculeusement, que Dieu lui envoya à cet effet un prophète exprès; et pour marque de sa convalescence, il dérégla le cours des astres et fit rétrograder le soleil. Il était en si grande réputation, qu'étant retourné en santé , Mérodac , roi des Babyloniens lui envoya des ambassadeurs et des présents pour le féliciter de sa convalescence. Se voyant ainsi honoré , il s'enfla et s'en fit croire ; et par une vaine ostentation , il fit parade de ses richesses, faisant voir à ces ambassadeurs l'or, l'argent, les parfums, les vaisseaux précieux, les riches meubles et autres pièces rares et exquises qu'il avait en sa cour et dans ses cabinets. Il est évident que ce péché n'était pas des plus énormes , ce n'était tout au plus qu'un peu de vanité; mais Dieu demande une très-grande perfection en ses serviteurs et principalement en ceux qui lui sont beaucoup obligés *. Isaïe s'adresse à lui de la part de Dieu , et lui dit : Qu'est-ce que ces gens sont venus faire en cette ville? Ce sont des ambassadeurs du roi de Babylone , qui me sont venus voir de la part de leur maître; je leur ai fait admirer mes trésors, il n'y a rien de rare ni de précieux en mon palais que je n'aie étalé en leur présence. Voilà une belle réception pour un roi de Judée , pour un prince si obligé à Dieu ! Au lieu de les conduire au temple ; de leur parler de Dieu et de ses divines perfections, au lieu de les porter à quelque exercice de piété, vous vous êtes amusé à faire parade de votre gloire. Ecoutez l'arrêt du Seigneur : tous vos trésors seront pillés , tout l'or et l'argent que vos prédécesseurs ont amassé jusqu'à présent et tout ce que vous avez en votre maison sera enlevé, tout sans y rien laisser, tout sera emporté en Babylone d'où ces ambassadeurs sont venus , et vos enfants aussi y seront emmenés captifs. Et puis vous vous étonnez que vous êtes tombé en pauvreté ! que les procès ou que les banqueroutes , que les cautions ou les mauvaises affaires ont mis vos biens en Babylone! c'est-à-dire en confusion; que yous ne savez plus où vous en êtes, que le nombre de vos enfants et de vos charges est augmenté? que votre crédit, que votre chalandise et votre revenu est de beaucoup diminué ! vous en êtes la cause ! Quand vous étiez à votre aise, vous étiez orgueilleux comme un paon, vous faisiez continuellement la roue, vous faisiez parade et ostentation de votre faste; Dieu, qui résiste aux superbes, vous a dépouillé pour vous humilier, il vous a ôté les armes dont vous lui faisiez la guerre.
1 ItàTertul., lib. 4 in Marcionem; Hieron., in hune locum; Ambros., tn Ps.\, 18.
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IL Secondement, en l'honneur. Ozias (2. Paralip. 26), commença à régner depuis l'âge de seize ans , avec tant de bonheur et de succès, qu'il remporta plusieurs grandes victoires; il bâtit quantité de villes et de forts; il renversa ceux de ses ennemis; il leva une armée de plus de trois cent mille hommes, qu'il fournit d'armes, d'argent et de vivres. Il fut si heureux en guerre et en paix , que sa renommée vola par tout le monde. Etant si grand et si puissant, son cœur s'éleva pour sa ruine , dit l'Ecriture ; il usurpa un office qui ne lui convenait pas ; il entra dans le sanctuaire et prit en main l'encensoir pour offrir à Dieu de l'encens. Le grand-prêtre Azarias lui dit : Sire , retirez- vous , ce n'est pas là votre place ni votre office; il n'appartient qu'aux prêtres et aux lévites d'offrir le thymiame. Il méprise cet avertissement, il persiste en son attentat , et voilà qu'à même temps la vengence du ciel tombe sur lui : il se sent tout couvert de lèpre ; il est contraint de sortir chargé de honte et de confusion; il est chassé du temple, de son palais et de sa cour; il demeure ladre toute sa vie, et il est obligé de passer le reste de ses jours séquestré des hommes en une maison champêtre. Si bien que quand les voyageurs passaient par là, ils demandaient : Qui est-ce qui loge en cette maladrerie? Et on leur répondait : C'est le roi Ozias, qui a offensé Dieu par présomption.
III. Quant à la vie , saint Paul nous apprend qu'autrefois, par le commandement de Dieu , celui qui transgressait quelque point de la loi de Moïse , ayant deux ou trois témoins qui déposaient contre lui , était condamné à la mort ; et parce qu'on pourrait dire que c'était par raison d'état et pour donner exemple, il faut répondre qu'en la loi de nature, Onan (Heb. 10, 28), petit- fils de Jacob, commettant un dérèglement avec sa femme contre la fin du mariage , qui est d'avoir des enfants , la main de Dieu le surprit dans le crime et le châtia sur-le-champ d'une mort temporelle , qui lui fut un passage funeste pour entrer en la mort éternelle : Eo quod rem detestabilem faceret (Gènes. 38, 10) ; mais ce qui m'épouvante davantage, c'est de voir en l'Ecriture, qu'en punition d'un seul péché commis par un particulier, Dieu a quelquefois envoyé des disgrâces temporelles à tout le peuple.
Second point. — IV. Je considère donc, que de misères on voit en un temps d'extrême famine, de contagion ou de guerre civile ! Durant la famine, on voit quelquefois une pauvre mère assiégée de trois ou quatre petits innocents qui lui demandent du pain, et elle ne leur peut donner que des larmes de compassion. On voit les pauvres gens manger avec avidité du pain de son ou de gland ou de graine de chanvre , alier par les champs chercher des herbes comme des bêtes pour entretenir leur vie languissante. Dieu passe bien plus outre, il dit une chose que je n'oserais dire s'il ne l'avait dite lui-même ; mais je ne dois pas craindre de parler après lui : il menace son peuple et ses menaces ne sont pas vaines; que s'il ne garde ses commandements , il enverra une famine si extrême , que la demoiselle qui , auparavant, était si riche et si délicate , qu'elle se faisait porter sur les épaules de ses serviteurs , sera contrainte par la faim , à faute d'autre viande , de manger son ar-
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rière-faix, la peau dont son enfant était enveloppé dans ses entrailles , et qu'elle le mangera en cachette de son mari de peur qu'il n'en ait sa part (Deut. 28, 56, 57). Cela ne devrait-il pas nous faire dresser les cheveux à la tête , quand on nomme le péché qui mérite justement une telle punition.
Durant la peste on est contraint d'abandonner ses plus proches parents , et ses amis les plus intimes. On voit quelquefois un enfant collé à la mamelle de sa mère morte de contagion , comme on vit à Milan du temps du grand saint Charles. Ce pauvre petit suce la mamelle , mais il n'en tire rien ; il rencontre la mort où il avait coutume de trouver l'entretien de sa vie ; il appelle sa mère , et elle ne lui répondra jamais, puisqu'elle n'a plus ni de voix ni de vie. Durant la guerre, le vice a toute licence , les méchants et les libertins régnent à enseignes déployées , les vertueux sont bafoués, la justice méprisée et la cruauté exercée , on n'a aucun égard ni à l'innocence des enfants, ni à la faiblesse des femmes, ni aux cheveux blancs des vieillards, ni à la pureté des vierges , ni à la sainteté des prêtres , ni à l'autorité des lois, ni à la majesté des temples ; et, pour dire tout en un mot, la guerre est mère de la famine et aïeule de la peste : car la peste vient de la famine, et la famine vient des ravages qui ont été faits par la guerre.
Ayant considéré ces choses , je pense en moi-même : Est-il possible que Dieu ait créé l'homme pour le rendre sujet à tant de misères? Non, il est trop bon : il a trop d'affection envers sa chère créature pour la rendre malheureuse si elle n'est criminelle. C'est donc le péché qui a ouvert la porte et donné entrée dans le monde à toutes ces afflictions ; et j'apprends de l'histoire sacrée , que Dieu a envoyé l'un de ces trois fléaux à toute une communauté en punition d'un seul péché , et d'un péché qui ne semblait pas des plus énormes.
V. Premièrement, au second livre des Rois, il est dit que du temps de David une grande famine affligea le peuple de Dieu et dura l'espace de trois ans (2. Reg. 21). David consulte l'oracle , pour savoir quelle en est la cause? Dieu lui répond que c'est parce que Satil, son prédécesseur avait faussé la foi aux Gabaonites, donc voici l'histoire comme elle est rapportée au livre de Josué (9). Les Gabaonites, ayant entendu raconter le grand progrès et l'heureux succès des armes de Josué et du peuple d'Israël, voyant qu'ils ne lui pourraient résister, firent ce que Lysimachus conseillait depuis à ses gens : ils attachèrent un bout de la peau du renard, où celle du lion était trop courte ; ils usèrent d'artifice quand la force leur manquait. Ils prirent de vieux habits et de vieux souliers, des pains secs et demi moisis, vinrent à Josué comme en ambassade, et lui dirent : Monseigneur, nous avons appris par votre renommée, la puissance de votre Dieu et la bénédiction qu'il donne à vos armes et comme il a défait pour l'amour de vous le roi d'Egypte et les autres rois et leur royaume , nous sommes ici envoyés" de notre peuple pour faire alliance avec vous, s'il vous plaît nous faire cet honneur. Oui ; mais , dit Josué , peut-être que vous êtes des Amorrhéens et de la terre qui nous est donnée en partage? Non assurément, Monseigneur; mais nous venons de si loin, que les habits
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et les souliers que nous portons étaient tout neufs quand nous sortîmes de notre pays et vous voyez comme ils sont usés; et ces pains moisis qui nous restent de notre viatique étaient tout frais à notre départ. Josué les crut tout simplement, pensant que chacun était sincère et véritable comme lui : il contracta alliance avec eux et on leur promit avec serment qu'on ne leur ferait point la guerre. Ceux qui disent quelquefois : S'il ne tient qu'à lever la main, la marchandise est à nous; qu'ils écoutent ceci : Lever la mainl si vous saviez ce que c'est, vous la mangeriez plutôt à belles dents que la lever une seule fois pour un mensonge , ou même pour une chose douteuse. Longtemps après cette alliance, c'est-à-dire, environ quatre cents ans , Saiil étant fait roi du peuple de Dieu , pensa en lui-même: Il n'y a pas grand scrupule de rompre une alliance si vieille, de fausser la foi promise à des infidèles, la foi extorquée par des fourberies; il leur fit la guerre contre la promesse jurée, et Dieu dit à David après la mort de Saiil , que cette famine de trois ans était la punition de ce parjure et qu'elle ne cesserait point qu'on n'eût satisfait aux Gabaonites. David les va trouver et leur dit en s'humiliant : Quelle satisfaction voulez-vous? Nous n'avons que faire d'or ni d'argent, lui dirent-ils ; nous voulons éteindre la mémoire et exterminer la race de Saiil qui a été un perûde. Donnez-nous ses sept enfants qui sont parmi vous, pour les attacher à des potences. David les leur envoie , ils les crucifièrent et la famine cessa : Et repropitiatus est Deus terrx post hœc.
VI. En second lien, la peste. L'histoire est connue de tous et souvent rebattue en chaire ; je la dirai succinctement. Au livre des Rois (2. Reg. 24.), il prit envie à David, par un peu de vanité, de savoir combien d'hommes portant armes il avait en son royaume ; il fit faire le dénombrement du peuple, contre l'avis de son connétable et de son conseil de guerre : il s'en repentit, et il demanda pardon à Dieu ; et néanmoins le prophète Gad vint à lui de sa part, lui donnant le choix de ce qu'il aimerait mieux, ou la famine, la peste, ou la guerre, en punition de son péché. Il choisit la peste et soixante et dix mille personnes du peuple moururent de contagion en trois jours , par l'épée vengeresse d'un ange envoyé de Dieu même.
VII. En troisième lieu , le mauvais succès en la guerre. Au chapitre septième du livre de Josué , ce capitaine du peuple de Dieu ayant assiégé la ville de Jéricho , la prit si heureusement , que les murailles tombèrent d'elles-mêmes au son des trompettes. Il avait commandé, de la part de Dieu , de mettre tout à feu et à sang, sans épargner ou réserver quoi que ce fût : chose admirable, mais véritable 1 Entre tant de soldats, en une si belle occasion de s'enrichir et de se charger de dépouilles , il ne s'en trouva qu'un seul qui fut désobéissant et avaricieux. Achan trouvant en une maison de la ville un manteau d'écarlate , quelques pièces d'argent et une règle d'or , pensa que c'était grand dommage de brûler tout ceci , qu'il pourrait s'en servir dans sa nécessité; si bien , qu'au lieu de les jeter au feu, il les porta cacher en sa hutte. Et notez en passant t qu'au lieu que dans le texte latin il y a qu'il déroba une règle d'or; dans le texte grec des Septante, il y a une langue d'or, fjuav yXôSaffav
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XpvWu; pour vous apprendre que quand vous dérobez quelque chose, quand vous retenez injustement du bien d'autrui , ce meuble, cet argent ou cet héritage , c'est une langue qui crie vengeance , qui demande justice contre vous et qui attire sur vous et sur votre famille la colère de Dieu et sa malédiction. Josué donc , après la conquête de Jéricho, voulant assiéger une petite ville nommée Haï, y envoie des espions pour s'informer de l'état de la place : étant de retour, ils lui disent: Monseigneur, il n'est pas besoin de donner la peine à l'armée de l'assiéger, ce n'est qu'une petite bicoque , il n'y a que pour une matinée , il n'y faut envoyer qu'une poignée de gens. Il détache de l'armée trois mille soldats , avec ordre d'aller prendre cette petite ville. Les habitants font une sortie , taillent en pièces une partie de ses assiégeants, donnent la fuite à tout le reste, et remportent ainsi une heureuse victoire. Vois! dit Josué, qu'est-ce ceci? Nous triomphons des grandes villes au son des trompettes, et une méchante bicoque se moque de nous. Il faut que Dieu soit courroucé. Il se prosterne devant l'arche d'alliance la face contre terre jusques au soir, avec tous les anciens du peuple; ils mettent de la poussière sur leurs têtes et demandent miséricorde. Dieu lui dit : Il y a quelqu'un qui m'a offensé, tant qu'il sera parmi vous, l'armée aura mauvais succès , je ne vous serai point favorable que vous ne l'ayez exterminé : Non ero ultra vobiscum donec conteratis eum qui hujus sceleris reus est (Josué. 7, 12). Josué jette le sort pour savoir qui était le coupable : il trouve que c'est Achan, de la tribu de Juda. Il le fait amener devant lui et l'interroge, et ayant tiré de sa bouche la confession de son crime, on assemble auprès de lui ses enfants, son bétail, ses meubles, sa cabane, et après l'avoir assommé à coup de pierres, on brûle tout ce qui lui appartenait, et la colère de Dieu s'apaisa par ce moyen : Et aversus estfuror Domini ab eis. Cela n'est-il pas surprenant?
VIII. Mais qu'est-il besoin que je vous raconte les guerres , les pestes, les famines et les autres disgrâces que la justice de Dieu a autrefois envoyées aux hommes? Qu'est-il besoin que je recherche pour cet effet les histoires anciennes, ou sacrées ou profanes? que je vous raconte ce que l'Ecriture rapporte (4. Reg. 6 , 25) , que la ville de Samarie étant assiégée, la famine y fut si extrême, qu'un peu d'ordure de pigeon coûtait cinq pièces d'argent , et que les femmes y mangeaient leurs propres enfants? N'a-t-on pas vu des effets plus effroyables de cette justice divine en nos jours , sur nos frontières et à nos portes, en Lorraine, en Picardie, en Champagne et en Franche-Comté? N'a-t- on pas vu à Paris des gentilshommes de ces provinces ruinées, qui étaient autrefois riches de dix mille livres de rente, être réduits à vivre d'aumônes? N'y a-t-on pas vu les enfants et les chiens manger ensemble à la voirie la chair crue des chevaux morts de maladie? N'y a-t-il pas fallu garder les cimetières, de peur que les vivants ne déterrassent les morts pour vivoter de leur carcasse? Notre chirurgien de Nancy, dit un jour à nos Pères : Il faut que je vous conte une chose tragique que j'ai vue aujourd'hui de mes yeux. J'allais hier saigner un malade en une maison : on garda le sang pour le montrer au médecin ; on l'a jeté ce matin en la rue ; j'ai vu une fille qui ne semblait pas pauvre, mais qui
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était habillée assez honnêtement, qui a recueilli ce sang, et l'a humé délicieusement, comme si c'était un jaune d'œuf, ou une huîlre à l'écaillé, tant la famine est extrême ! Gela ne vous fait-il pas horreur?
Entre toutes les perfections de Dieu , celle qu'il désire faire briller avec plus d'éclat, celle dont il veut être plus loué et glorifié, c'est sa bonté , sa douceur et sa miséricorde infinie : Confitemini Domino quoniam bonus. Et néanmoins, il use d'une si grande rigueur envers ses pauvres créatures, et non-seulement il l'exerce, mais il nous la raconte en son Ecriture ; c'est que rien ne montre si bien la grandeur de la bonté de Dieu que cette rigoureuse punition du péché : le péché mérite un si grand châtiment , parce que c'est un très-grand mal ; le péché est un si grand mal , parce qu'il offense une si haute, si sainte et si aimable bonté et majesté de Dieu. Si nous avions la lumière pour connaître ce que c'est que Dieu, et combien grande est sa bonté ; ce que c'est que le péché, et combien est grande sa malice , nous dirions que Dieu est très-juste, très-adorable et très-aimable en cette sévérité; que ces punitions qu'il ordonne sont trop petites, trop douces, trop disproportionnées à la malignité du péché qui l'offense.
Troisième point. — IX. Quelqu'un peut-être me dira : J'ai autrefois commis des péchés incomparablement plus grands et plus énormes que ceux dont vous nous racontez la vengeaDce, et j'en ai commis un grand nombre; et si, grâces à Dieu, je n'en ressens aucune peine, je n'en ai reçu aucune punition ni en mes biens, ni en mon honneur, ni en ma" santé, ni en ma vie; j'ai heureusement échappé aux misères de la guerre, de la peste et de la famine. Vous vous flattez en cette pensée, parce que vous ignorez une vérité trèssolide et très-importante que saint Paul écrit aux Corinthiens (1. Cor. 10, 6) : Les Juifs étant grossiers et charnels tout ce qui se peut, leur élat même n'étant conservé de Dieu que pour être la ligure du peuple chrétien; quand ils gardaient les commandements de Dieu , il les comblait de biens terrestres : Bona terrx comeditis; quand ils les transgressaient, il les châtiait comme nous avons vu, par les fléaux de la guerre, de la peste ou de la famine. Mais nous sommes en la loi de grâce, loi toute spirituelle et céleste : quand nous la gardons exactement et religieusement, il ne nous récompense pas pour l'ordinaire de prospérités temporelles; il nous réserve la récompense en l'autre monde dans le ciel. Quand nous sommes si malheureux que de violer ses divines lois, et de l'offenser, il ne nous châtie pas ordinairement par des punitions temporelles; mais comme nos crimes sont plus grands et plus dignes de punition, il attend de nous châtier en enfer par des peines, des géhennes et des flammes éternelles : Qui non obedtunt Evangelio, pœnas dabunt in interitu xternas , dit saint Paul écrivant aux Thessalonjciens et aux Corinthiens (1. Thess. 1,9; 2. Cor. 10, 1) ; il dit par deux fois en un même chapitre, que les punitions temporelles dont nous avons parlé, et autres semblables que Dieu envoyait aux Juifs, n'étaient que des ombres, des figures et des images de celles que les mauvais chrétiens doivent attendre.
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Vous vous réjouissez de ce que, ayant commis grand nombre de péchés, et n'en ayant point fait de pénitence, vous n'en avez point reçu de châtiment. Vous vous trompez! vous vous trompez 1 n'est pas échappé qui traîne ses liens; votre rétribution vous attend : ces afflictions que je vous ai racontées, qui vous ont semblé si effroyables, ne sont que des linéaments et des petits crayons de celles qui vous sont préparées.
X. La guerre, la contagion, la famine et les autres disgrâces dont nous avons parlé ne sont que des gouttes de la colère de Dieu : Stillavit super nos maledictio (Daniel. 7, 2); celles qui vous sont préparées en l'autre monde sont des torrents de sa fureur : Spiritus ejus quasi torrens inundans ad perdendas gentes in nihilum (Isaï. 30,28). Celles-là ne sont que de petites chiquenaudes : Manus Domini tetigit me (Job. 19, 21); mais celles-ci sont des carreaux et des foudres : Si acuero ut fulgur gladium meum, interficiet eos manus mea (Deuteron. 32, 41). Celles-là sont des verges d'osier : Arguam eum in virgâ vivorum; mais celles-ci sont des verges de fer (2. Reg. 7, 14) : Reges génies in virgâ ferreâ (Apoc. 19, 15). Celles-là sont des corrections d'un père débonnaire : Flagellât omnem ftliura quem recipit (Hebr. 12, 6); mais celles-ci sont des punitions d'un juge sévère : Ulciscens Dominus, et habens furorem (Nahum. 1, 2). Celles-là ne sont que des petits coups d'ami : Ego quos amo arguo, et castigo (Apoc. 3, 19); mais celles-ci sont les plaies mortelles d'un ennemi : Plagâ inimici percussi te (Jer. 30, 14). Celles-là sont des effets de la miséricorde de Dieu : Corripe me Domine, non in furore (Jer. 10, 24) ; mais celles-ci sont des vengeances de la justice : Mihi vindicta, et ego retribuam (Rom. 12, 19). Celles-là sont des fléaux que Dieu nous envoie pour détacher notre cœur de l'affection des biens de la terre, comme le fléau sépare le grain de la paille : Ego in flagella paratus sum (Psal. 37, 18); mais celles-ci sont des estocades qui nous percent à jour et pénètrent jusques à l'àme : Heu, heu Domine, pervenit gladius tuus usque ad animam (Jerem. 4, 10).
XI. Aussi les péchés que nous commettons sont bien plus grands et plus énormes, plus indignes de pardon, plus dignes de punition que les fautes de ces anciens, étant commis par plus de connaissance, d'ingratitude et de malice. Si on a puni le roi Ezéchias pour avoir fait parade de ses trésors avec un peu de vanité, mais sans aucun scandale, que fera-t-on à celles qui découvrent leurs bras ou leur sein scandaleux, qui se frisent, se fardent et s'ajustent, qui ont des paroles, des contenances ou des démarches affectées, pour donner de l'amour et souiller de mauvaises pensées les jeunes gens qui les regardent? Si le roi Ozias fut couvert de lèpre toute sa vie pour avoir usurpé, par une dévotion indiscrète, la fonction des prêtres, comme serez-vous traités, vous qui entreprenez sur la charge des évêques, vous qui recevez injustement les appels comme d'abus et qui empêchez que les prêtres vicieux ne soient interdits des offices qu'ils exercent par des sacrilèges exécrables? Comment serez-vous punie, vous qui noircissez la réputation des prêtres, qui vous raillez de leurs fonctions , ou qui
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troublez leur dévotion par les charmes de vos atours et de vos contenances étudiées? Vous êtes bien plus téméraire qu'Osias; c'était un homme , et vous êtes une femme; il était roi , et vous êtes roturière; c'était un prince religieux, et vous une coquette indévote. Le temple de Salomon n'était qu'une figure et qu'une ombre de nos églises; le chœur de l'église, c'est le sanciuaire qui n'est destiné qu'aux prêtres ; saint Ambroise en fit sortir l'empereur Théodose , et vous y entrez effrontément , non pour y donner de l'encens comme Osias, mais pour en recevoir; non^ pour y adorer Dieu, mais pour y être adorée.
Si Onan a été frappé de mort soudaine en flagrant délit et en état de damnation, parce qu'il commettait un dérèglement en son mariaee avec sa propre femme, quelle damnation devez-vous attendre, vous qui commettez des débordements détestables, des impuretés dénaturées et des brutalités monstrueuses avec les femmes des autres? Si Dieu envoya la famine et fit condamner à mort les sept enfants de Saûl pour avoir violé un serment prêté par ses prédécesseurs depuis plus de quatre cents ans, que fera-t-il à ceux qui commettent tant de perfidies, tant de parjures, tant d'antidatés, tant de faux témoignages? Si Dieu affligea de maladie contagieuse les sujets de David pour avoir fait enregistrer le peuple par esprit de vaine gloire, que fera-t-il à ceux qui ruinent le peuple, qui dépouillent les veuves et les orphelins par des subtilités de chicane, par des banqueroutes volontaires, par des monopoles frauduleux et par des concussions tyranniques?
Si Dieu donna mauvais succès à l'armée, et fit lapider Achan pour un seul larcin qui semblait de peu de conséquence, que fera-t-il à ceux qui en commettent tant et de si grande importance? Achan ne déroba que sur l'ennemi, et vous volez sur les terres de votre roi, à votre hôte et à votre compatriote; Achan ne pécha que contre un commandement positif, et vous contre un commandement naturel; Achan conserva ce qui devait être brûlé, et vous brûlez ce qui devait être conservé; Achan ne déroba que ce qui n'eût servi à personne, et vous dérobez ou brûlez ce qui était nécessaire au bonhomme.
XII. Et si Dieu n'a pas épargné Ezéchias qui lui avait rendu de si bons services et a toute la république, épargnera-t-il celui qui l'a offensé toute sa vie? S'il n'a pas épargné Ozias qui est loué en l'Ecriture pour avoir fait ce qui est agréable à Dieu : Fecitque quod erat rectum in oculis Domini (2. Paralip. 26), épargnera-t-il celui qui a transgressé tous ses commandements? S'il n'a pas pardonné à Onan, arrière-neveu de son grand serviteur Abraham, pardonnera-t-il au plus infidèle de ses serviteurs? S'il n'a pas épargné Saûl qui était roi de son peuple, choisi et sacré par son commandement, épargnera-t-il un petit compagnon qui n'est élevé que par son ambition ? S'il n'a pas respecté David qui avait été l'homme selon son cœur, aura-t-il du respect pour celui qui a toujours été son ennemi? S'il n'a point pardonné à Achan qui confessa si humblement sa faute, pardonnera-t-il à celui qui cache son^péché en la confession, ou qui n'en fait point pénitence?
XIII. Pensez-vous être moins puni parce que vous êtes en la loi
Le péché est cause des afflictions temporelles. 365
de grâce ? Ne savez- vous pas que saint Pierre a dit que Dieu n'a point acception de personne (2. Pet. 17)? que saint Paul a dit qu'en la punition des pécheurs , il ne regarde point de quelle nation ils sont (Piom. 10, 12); que David a dit, qu'il ne change point de naturel, mais qu'il est toujours lui-même (Psal. 10, 28). Et s'il a puni des péchés qui nous semblent si petits et si pardonnables, que fera-t-il à vos crimes qui sont si grands et si exécrables? S'il a puni si irrémissiblement ceux qui n'étaient qu'en la loi mosaïque, loi grossière et imparfaite dont saint Augustin a dit : Jubebat, nonjuvabat, que fera-t-il à ceux qui pèchent en la loi chrétienne, où l'on a tant de grâces, tant de lumières, tant de sacrements et d'assistance? S'il a été si sévère en cette vie qui est le temps de pardon, que fera-t-il en l'autre vie qui est un temps de rigueur et de punition? S'il a été si rigoureux en ce monde qui est le liru de miséricorde, que fera-t-il en enfer qui est le lieu de justice et de vengeance? Scito donc et vide quia malum est et amarum reliquisse te Dominum, et non esse timorem Deiapud te (Jerem. 2, 19).
Conclusion. — Scito et vide; nous savions autrefois par l'Ecriture sainte et par la lumère de la raison, que le péché mortel était un grand mal , cause et origine de plusieurs maux. Mais nous l'avons vu de nos yeux, nous l'avons éprouvé et ressenti en nos jours, par les guerres qui ont fait mourir de faim tant de pauvres gens , ruiné les maisons, profané les églises, désolé les villes et ravagé les provinces; ces malheurs et autres semblables sont des effets et des punitions du péché. La justice de Dieu fait le tour du monde, votre tour viendra, Messieurs, votre tour viendra; vous ne savez ce qu'elle vous réserve , car si vous le saviez , les cheveux peut-être vous en dresseraient à la tête : Calix in manu Domine , vint meri plenus mixto. Le Seigneur tient en sa main vengeresse un calice plein de vin d'absynthe, une coupe remplie d'amertume, il en a versé de côté et d'autre, en Piémont, en Catalogne , aux Pays-Bas , en Allemagne : Verumlamen fœx ejus non est exinanita. Ce calice n'est pas encore épuisé; il yen a encore assez pour vous rendre misérables ; c'est au fond du vaisseau que demeure la lie et le plus amer.
Malum est. Il faut bien que le péché soit un grand mal, qu'il y ait en lui une étrange malignité, une qualité bien odieuse et une injustice bien dénaturée, puisque Dieu le persécute ainsi à feu et à sang. Il faut que la haine que Dieu lui porte soit bien excessive et incompréhensible, puisqu'étant si miséricordieux comme il est, il afflige très-justement tant de gens par des adversités si surprenantes, en punition d'un seul péché?
Malum est et amarum. Il faut que le péché soit bien amer, puisqu'il est cause de tant d'amertume. Si vous aviez apporté la peste à la ville innocemment et sans y penser, n'en seriez-vous pas bien fâché? Vous n'êtes pas chrétien si vous ne croyez fermement que le péché mortel est un plus grand mal que la peste; car, le péché mortel est cause delà peste , de la lamine, de la stérilité et de la mort. Donc, il est un plus grand mal que la peste, que la famine, la stérilité et la mort. La cause contient toujours en soi toutes les
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qualités et propriétés de ses effets, soit bonnes, soit mauvaises et encore plus. N'est-ce pas une bonne conséquence : l'aloès est cause de toute l'amertume qui est en certaines pilules; donc, l'aloès est plus amer que les pilules? N'est-ce pas une bonne conséquence : un médecin ordonne la saignée pour guérir la fièvre; il fait appliquer un cautère pour détourner une fluxion ; donc, la fièvre est un plus grand mal que la saignée, et la fluxion que le cautère? Ainsi c'est une bonne conséquence : Dieu qui est la sagesse même envoie la peste et la famine pour remédier au péché; donc, le péché est un plus grand mal que la famine et que la peste : Malum est, et amarum reliquisse te Dominum.
Et non esse ttmorem Dei apud te. Craignons Dieu , craignons Dieu encore une fois, et apaisons sa colère si nous voulons obtenir sa miséricorde. Il nous envoie ces trois fléaux en punition des trois sortes de péchés que nous avons commis : la guerre qui nous vient de la part des hommes, en punition des péchés que nous avons commis contre nos prochains, nos inimitiés, nos usures, nos injustices et médisances ; la peste et autres maladies qui viennent de notre corps , en punition des péchés que nous avons commis contre nous-mêmes : les gourmandises, les ivrogneries et les impuretés ; la famine qui vient de la part de Dieu, en punition des péchés que nous avons commis immédiatement et directement contre lui : l'indévotion , les blasphèmes et les parjures. Faisons pénitence par les trois œuvres qui satisfont pour ces trois genres de péchés : par des aumônes et des œuvres de miséricorde, pour les péchés contre le prochain ; par des jeûnes et d'autres mortifications de la chair, pour les péchés commis en notre corps ; par d'humbles et ferventes prières, pour les péchés commis directement contre Dieu même. Demandons-lui cette grâce , et disons avec l'Eglise : Cordibus nostris, quœsumus, Domine, gratiam tuam benignus infunde ; ut, peccata nostra , castigatione voluntariâ cohibentes , temporaliter potius maceremur, quàm suppliciis deputemur œternis. Per Dominum nostrum , etc. Amen.