‹ Le missionnaire des enfants [microforme]Chapitre 39 sur 228 · INFLUENCE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES ENFANTS

Saint François Xavier écrivait des Indes orientales que les enfants de ce pays avaient une telle affection pour les choses de Dieu, et étaient si avides d'apprendre les vérités de la foi, qu’ils ne lui laissaient pas le temps de manger et de dormir, et qu’il était obligé de se dérober à leurs recherches pour réciter son ofiice. Il se servait des enfants pour délivrer les possédés du démon. Les prodiges qu'il opérait par leur moyen faisaient l'admiration des chrétiens et des idolâtres.

Le saint étant arrivé à Goa, les enfants yinrent en foule autour de lui. Il les réunit dans l'église, et leur expliqua le symbole des Apôtres, les commandements de Dicu et les pratiques de la piété chrétienne, Semblables à de jeunes plantes, ces enfants recevaient avec une facilité étonnante les impressions que leur donnait le saint missionnaire ; grâce à eux, un notable changement de mœurs s'opéra bientôt dans la ville de Goa, Leur modestie et leur piété étaient une censure tacite da la dépravation morale des personnes plus âgées. Ils reprenaient leurs parents

ae mm

avec une liberté qui n était join: de leur âge; ils faisaient rougir

de leurs vices les plus grands libertins eux-mêmes. !

I Faisons ici un raisonnement, Assurément saint François Xavier

| ne parlait pas avec moins d'énergie et de zèle aux adultes qu'aux |

enfants. Pourquoi done ses paroles produisaient-elles plus d'effet sur ceux-ci que sur ceux-là? A cause de la simniicité des enfants; en d'autres termes, c'est parce que cutauts étaient exempts | | de l'esprit du monde, de l'esprit de cupidité, des sollicitudes de la | vie et des habitudes invétérées du vice. Or, la simplicité des | enfants de nos jours est la même qu’au temps de saint François Xavier. Si donc, avec douceur, amabilité et simplicité, on se donne la peine de leur indiquer quelques pieuses pratiques courtes et proportionnées à leur faiblesse, ils s'en acquitteront aujourd'hui aussi bien que du temps de saint François. Lorsque la foi et les mœurs sont en décadence, on peut les relever au moyen des enfants. — Selon le Catéchisme romain, - quelque dépravée, que soit une population, le füt-elle au point même de repousser le remède extrême d'une mission, il nous sera toujours possible de conquérir la gèn ration future aussi longtemps que nous pourrons exercer notre action sur les enfants. » En de telles circonstances, la bonne éducation des enfants est l'unique moyen de faire revivre la religion. Aussi un prêtre de | Madagascar écrit-il dans les Annales. + La régénération du peuple D de ce pays ne s'effectuera qu'autant que l'on commencera par l'en- Es fance. » « L'éducation des enfants, dit Son Eminence le Cardinal Wiseman, est maintenant la grande préoccupation de l'Eglise. » L'enfant qui convertit son pôre. — Il ÿ a environ quatre ans, un petit garçon s’aflligeait beaucoup de voir son père adonné à l'ivrognerie. Il avait six ans, et sa santé était tout à fait délabrée. Un soir qu'il rentrait à la muison après avoir assisté à l'instruction de la Mission des enfants, il voit son père assis sur une chaise, en état d'ivresse. Le petit garçon s'approche, monte sur les genoux de son père, et joignant ses petites mains : « Mon \ père, lui dit-il, j'ai quelque chose à vous dire : » — « Et quoi donc » lui dit l'ivrogne. — « Mon père, répond l'enfant, je me sens bien faible, et je pense que je mourrai bientôt. Dieu est si bon ! j'espère qu'il me mettra dans son p radis. » — « Eh bien! et après? » — « Lorsque je se u “el, j'en suis bien fâché, mais il faudra bien que j'aille d ai n Dieu que vous allez au cabaret et que vous ruinez tvute votre famille. » — C'était Dieu qui avait mis ces paroles dans la bouche du petit grçon; car, à peine les eüt-il proférées, que le père, sans dire mot, prit avec émotion son fils dans ses bras, le déposa à terre et s’en alla en toute hâte prier à l’église. Le lendemain matin, il était à genoux aux pieds d’un prêtre et lui faisait sa confession. À partir

Die NE ALES EP NE PR FC PR PQ SE REP LU PERS AP UE

bus ef ee en nm en bd

(1) Vie de saint François Xavier.

isaient rougir

‘ançois Xavier adultes qu'aux les plus d'effet é des enfants; aient exempts licitudes de la simplicité des saint François aplicité, on se tiques courtes teront aujour-

e, on peut les hisme romain, t-elle au point n, il nous sera ire aussi longles enfants. + les enfants est si un prêtre de ation du peuple encera par l'ennce le Cardinal n de l'Eglise. »

ron quatre ans, père adonné à ut à fait délaavoir assisté à 1 père assis sur pproche, monte roains : « Mon » — « Et quoi l'enfant, je me tôt. Dieu est si , — « Eh bien!

suis bien fâché, que vous allez le, » — C'était u petit grçon; is dire mot, prit rre et s'en alla atin, il était à ession. À partir

de ce jour, il ne s'enivra plus et ne rait plus le pied dans un cabaret,

L'enfant qui convertit son pere à l'occasion de sa Première communion. — Dieu se plaît sou,ent à faire des enfants autant de petits missionnaires pour convertir les pécheurs. Un monsieur de Paris, père de famille, rend compte de sa conversion de la manière suivante : « Par suite de mon éducation, dit-il, j'ignorais entièrement les vérités de la religion ; loin d’avoir du respect, je ne me sentais que de la haine pour l'Eglise catholique. J'avais un petit garçon revêche, indocile et plein de mauvais instincts. Je le traitais avec rudesse et sévérité. Quelquefois ma femme me disait : « Prends un peu patience, le petit sera plus sage quand il fera sa première communion. + — Je ne le croyais pas. Cependant il commença à aller au catéchisme. A partir de ce moment, il devint obéissant, respectueux et aimant, Je me dis que j'irais moi-même entendre ces instructions du catéchisme, qui avaient opéré un changement si merveilleux dans mon fils. J'y allai, et j'entendis des vérités qui n'avaient jamais retenti à mes oreilles. Mes dispositions à l'égard de mon enfant étaient toutes changées, Ce n'était pas tant de l'amour que du resp-ct que je commençais à ressentir pour lui. Je me voyais inférieur à lui : il était meilleur et plus sage que moi. La semaine de sa jremière communion était arrivée; le grand moment approchait. Un jour, après avoir assisté à la messe, mon fils vint me trouver dans ma chambre où j'étais seul. « Mon père, me dit-: , ie jour de ma première communion approche; je ne puis me présent: à la sainte Table sans implorer votre bénédiction et votre , lon pour toutes les fautes que j'ai commises et pour les peines que je vous ai si souvent données. Rappelezvous bien toutes mes fautes, et grondez-moi fort pour que je ne les fasse plus à l'avenir, » — « Mon enfant, lui dis-je, un père pardonne tout. » —— Mon fils me regarda alors avec des yeux mouillés de larmes ; puis, m'embrassant avec effusion : « Mon père, reprit-il, j'ai une autre chose à vous demander. » — Je savais bien ce qu’il allait me demander : ma conscience me le faisait pressentir; j'en avais peur et je lui dis : Va-t'en; tu me feras ta demande demain. » —— Le pauvre enfant ne savait que dire; il me quitta donc et se retira tout triste dans sa petite chambre. Là, il y avait un autel et, sur l'autel, une statue de la sainte Vierge. J'étais fâché de ce que je lui avais dit; c'est pourquoi je me levai et j'allai doucement sur la pointe des pieds à la porte de sa chambre. La porte était entr'ouverte. Je regardai, et je vis qu'il était à genoux devant la sainte Vierge, priant de tout son cœur pour son père. Vraiment, à ce moment, je sentis ce qu'on doit éprouver à la vue d'un ange. Je retournai à ma chambre et, m'appuyant la tête sur les mains. j'allais me mettre à pleurer, lorsque j'entendis un léger bruit. Je levai les yeux. Mon iiis était

La

devant moi. On lisait sur ses traits tout à la fois la crainte, la fermeté et l'amour, « Mon père, me dit-il, je ne puis'attendre jusqu'à demain pour vous dire ce que j'ai à vous demander. Je demande que, le iour de ma première communion, vous veniez communier avec ma mère et avec moi, » — Je fondis en larmes ; je me jetai au cou de mon enfant et je lui dis : « Oui, mon enfant, oui, aujourd’hui même tu me prendras par la main, tu me conduiras à ton confesseur et tu lui diras : Voici mon père. » — C'est ainsi que ce petit garçon convertit son père, Petit enfant, si vous avez des parents qui n’ont pas une bonne conduite, Dieu jette les yeux sur vous pour opérer leur conversion. Mais que pouvez-vous faire? Le bon exemple d'un enfant parle au cœur de ses parents, Il y a ensuite la prière, Dieu sera-t-il sourd à la prière d’un enfant qui demande la conversion de son père et de sa mère? Non; le Je vous salue, Marie, que vous dites chaque jour pour leur conversion, la prière que vous faites pour eux chaque fois que vous entendez la messe, la sainte communion que vous offrez pour eux, les soupirs de votre cœur, tout cela monte vers Dieu et ne sera pas oublié, Le jour viendra

où Dieu enverra du ciel la grâce de la conversion dans le cœur de vos parents.

Purifiez la source et le ruisseau sera pur.

Page 1