SEPTIÈME EFFET DU PÉCHÉ MORTEL : LA PERTE DES BONNES ŒUVRES
Le trésor perdu. — « J'ai frappé de la nielle et de la gréle tous les travaux de vos mains.1 » — On a vu beaucoup d’infor-
heurs, Des rois ont perdu leur couronne et leur trône, Des riches ont perdu leur fortune. Des soldats ont perdu des batailles. Des enfants ont perdu leurs parents, des parents leurs enfants. II en
profonde mélancolie ou sont devenus fous à être enfermés dans une maison d’aliénés. Que dis-je! il en est même qui se sont donnés la mort! — O pécheur, quelle n’est pas votre infortune! vous.avez fait une perte incomparable, la perte des pertes, Vous aviez amassé d'immenses richesses spirituelles pendant que vous étiez enfant de Dieu; chacune de vos pensées, chacune de vos paroles, chacune de vos actions faite en vue de plaire au Père céleste avait sa valeur dans l'ordre spirituel, Pour chacune d'elles, une récompense vous était réservée dans le ciel, récompense tellement magnifique que l’œil de l’homme n'en a point vu de semblable.2 Vous avez eu le malheur de commettre un péché mortel ; aussitôt Dieu a effacé du livre de vie toutes vos bonnes. œuvres, Vous vous étiez amassé des trésors pour le ciel ; des couronnes, des trônes, des royaumes vous étaient réservés, L'heure du péché mortel est venue; voilà que les voleurs, les démons se sont emparés de vos trésors et vous les ont enlevés.
Pas de salaire. — Un ouvrier travaille pour un maitre, Il
va trouver son patron ; il lui rend compte de tous les jours et de toutes les heures qu’il a employés pour lui, et lui demande son salaire, Mais son maître lui répond : « Je ne. vous dois rien pour tout le travail que vous avez fait pour moi. » — Ainsi Dieu agira-t-il à l'égard du pécheur, Le pécheur dira à Dieu : « Seigneur, j'ai gardé vos commandements ; j'ai jeûné, J'ai prié, j'ai fait l’aumône : quelle récompense vais-je recevoir dans le ciel ?
(1) Aggée, 11, 18. (2) 11 Cor, 1.
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— Dieu lui répondra : « Pour toutes vos prières, pour tous vos jeûnes, pour toutes vos bonnes œuvres, je ne vous donne aucune récompense, » — « Pourquoi donc? demandera le pécheur, — « Parce que, dira le Seigneur, vous avez commis un péché mortel, et dès lors la promesse que J'avais faite de vous récompenser, est de nul effet.l »
Assurément il faut être fou pour commettre un péché mortel.
Le fou. — Un homme brise ses chaises et ses tables ; il met le feu à sa maison et la brüle: il jette tout son argent dans la rivière. Tout le monde dit qu'il a perdu la tête, qu'il est fou. On le saisit, on le lie, on le conduit dans une maison d’aliénés et on l’y enferme. — Pourquoi dit-on de lui qu'il est fou ? Parce qu’il détruit de lui-même son propre bien. — Vous, à pécheur, n’avez-vous pas commis volontairement tel péché mortel? Ne saviez-vous pas que, par ce péché, vous perdiez le ciel et tous ses trésors ? Vous êtes donc cet insensé, ce fou; et vous finirez par être enfermé, où? dans l'enfer, cette grande maison d'aliénés réservée à tous les fous qui perdent volontairement ce que Jésus-Christ leur avait acheté au prix de son précieux Sang : je veux dire le Ciel et ses trésors. Vos bonnes œuvres sont donc perdues. Mais peut-être réparerez-vous cette perte par vos bonnes œuvres futures? Non, pécheur ; aussi longtemps que vous demeurez dans le péché mortel, dans la disgrâce de Dieu, vous ne méritez aucune récompense pour le ciel, quelles que bonnes œuvres que vous puissiez faire.
C'est une œuvre morte que vous faites avec des mains criminelles?