EXEMPLES DE MAUVAISES ‘HABITUDES
Le voleur de pain, — Plusieurs moines vivaient saintement en Communauté dans un désert. Ils s'y étaient retirés pour mieux servir Dieu, Join de tous les dangers et de toutes les séductions du monde, Un jour, un jeune homme vint frapper à la porte de leur monastère, Que voulait-il ? Il demandait à être admis parmi les solitaires et à devenir moine comme eux, Les religieux l’adimirent dans leur communauté. Malheureusement ce jeune homme ävait la mauvaise habitude du vol. Il est vrai qu’il avait pris la ferme résolution de se corriger ; mais au bout de quelque temps, son ancienne habitude revint l'assaillir; il y céda et prit du pain, Il en eut aussitôt du regret et alla avouer sa faute à l'un de ses Compagnons, — Celui-ci lui ayant demandé pourquoi il avait volé : « C'est que, répondit-il, je n'avais pas assez à manger et
() Pa, XXXVH, 5,
(2) Prov, xx, G.
la faim m'a tenté, » — « Vous auriez mieux fait, lui fit observer son confrère, d'aller dire au Supérieur que vous aviez dérobé du pain parce que vous n’aviez pas assez de nourriture, » — « J'aurais eu honte, répliqua le jeune homme, de lui faire moi-même cet AVEU. » — « Eh bien !'si vous le voulez, reprit son compagnon, J'irai trouver le Supérieur, et je lui parlerai en votre nom. » — “ Vous me ferez plaisir, dit le jeune homme. » — Son compagnon va donc dire au supérieur que le jeune homme a volé parce qu'il avait faim, sa portion de nourriture lui étant insuffisante. — « Qu'on lui donne autant de pain qu’il en désire, dit le supérieur; alors il n'aura plus aucun motif de voler. » — Dès lors, le jeune solitaire reçut toujours autant de pain qu'il en désirait,
Mais «elque temps après, il alla de nouveau trouver son compagnon et lui dit qu’il avait encore pris du pain, « Eh quoi ! lui dit celui-ci : ne vous donne-t-on pas autant de pain que vous en avez demandé? » — « Oui, répondit le jeune homme ; mais j'ai eu honte d'en demander autant qu'il m'en fallait, et j'en ai volé. » — On eut soin dorénavant de lui donner autant de pain qu'il lui en fallait, sans même qu’il en fit la demande. Mais voyez combien il est difficile de se défaire d’une mauvaise habitude, A quelque temps de là, le jeune homme avoua encore qu'il avait volé, « Mais est-ce possible ? lui dit son Compagnon, vous a-t-on refusé du pain? » — « Non, » — « En aVez-Vous toujours eu autant qu'il vous en fallait? » — 4 Oui. » — « Et Pourquoi donc en avez- Vous volé? » — « Je ne saurais vous le dire; je ne sais qu'une chose, c'est que je vole; je n’ai pas besoin de ce que je prends et cependant je le prends. Aussitôt après, j'en suis triste, et néanmoins je continue à dérober. Souvent je pleure, je voudrais n'avoir point volé, et malgré cela je le fais toujours. J'ai eu si longtemps l'habitude de commetire des larcins et cette habitude est s. forte chez moi, qu'il me semble impossible de ne point mettre la main sur les objets que je vois, alors même qu’ils ne me sont nullement nécessaires, » — « Vous dites que vous prenez ce qui vous tombe sous la main : vous n’aviez donc pas besoin des choses que Vous avez prises? » — « Non, elles m'étaient complètement inutiles, » -— « Et qu'avez-7ous donc fait de ces choses? + — “ Il y en a que j'ai données en pâture aux animaux, et d'autres que j'ai cachées sous mon lit. » — On voulut vérifier la chose, et l'on trouva en effet qu'il n'avait dit que la vérité, « La plaie était désespérée »
Vous, mon enfant, soyez plus sage : rompez avec l'habitude du vol dès le principe, Si vous la laissez se fortifier, peut-être que jamais plus vous ne Pourrez vous en défaire.
La demoiselle de Magasin. — Une jeune personne obtint un
(1) Mich, 1, 9,
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emploi dans un magasin. Au bout de quelque temps, elle commença à voler. D'abord elle ne prenait que des bagatelles : un peu de fil ou de drap. Mais elle laissa croître cette habitude ; bientôt elle déroba des objets de plus grande valeur, jusqu’à ce qu'enfin une personne du magasin la pritsur le fait, et lui en adressa des reproches, — La voleuse rougit et s'excusa en disant qu’elle n'avait pas l'intention de garder l'objet dérobé, — Une autre fois, on aperçut un bout de cordon volé qui pendait hors de sa poche. Elle s'excusa de nouveau, — Depuis lors, elle remarqua qu'on la surveillait. Le croiriez-vous ? elle continua néanmoins ses larcins. Ce n'était pas le besoin qui la pressait : elle avait de beaux gages, et parmi les objets qu’elle dérobait, il y en avait peu qui lui fussent de quelque utilité, Elle savait que, si on la surp ..nait, elle perdrait sa place et son honneur et serait jetée en prison. N'importe : elle continuait toujours. Souvent e!le prenait la résolution de ne plus le faire; +. cependant elle ne changeait nullement de conduite, Sa plaie était désespérée.? Son habitude du vol était si forte, que souvent elle volait sans y penser. Enfin ses maitres, voyant disparaitre beaucoup d'objets; commencèrent à la soupçonner, Ayant ouvert un grand coffre qui était dans sa chambre, ils le trouvèrent plein d'objets dérobés, — La pauvre fille perdit sa place et son honneur, et fut jetée en prison.
Brigitte et le pot à créme d'argent. — Ceux qui ont l'habitude du vol sont découverts tôt où tard.
Une dame avait deux servantes, Emma et Brigitte. Emma avait environ douze ans, et Brigitte pouvait en avoir cinquante. Un jour, un pot à crême d'argent disp: "nt du garde-manger. Il y,avait lieu de Soupçonner l'une des deu . servantes, La maitresse les appelle ensemble devant elle. « Brigitte, dit-elle, ne Savez-vous pas ce qu'est devenu le pot à crême? » — Brigitte répond qu’elle ne le sait pas plus qu'un enfant qui vient de naître ; puis elle ajoute : « Ce que je sais, Madame, c’est que j'ai vu- Emma dans le garde-manger, la nuit qui a précédé la disparition de cet objet, » — Emma rougit en entendant ces paroles; mais elle déclare positivement qu'elle n'a bas pris le pot à crême. — « Alors, dit la maîtresse, qu'êtes-vous donc allée faire dans le garde-manger ? » — Emma rougit encore et peut à peine trouver une réponse; car elle est tout interdite, et ne se rappelle pas pourquoi elle a été au garde-manger. Les apparences étaient donc contre elle, de sorte que sa maitresse lui signifia qu’elle devait quitter son service dès le lendemain. Emma sortit de la chambre tout en pleurs; mais elle disait dans son cœur : « Mon Dieu, que votre sainte volonté soit faite; » car elle était innocente, Le lendemain, elle dut prendre ses hardes et partir,
Elle se rend chez son père qui était un pauvre ouvrier, lui
(1) Mich, 1, 9,
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166 LIVRE V, — LES OCCASIONS bu PÉCHÉ,
raconte tout ce qui vient d'arriver, et lui donne sa parole d’honneur qu'elle n'a pas pris le pot à crême, — Six mois s'étaient écoulés ; le jjot à crême et Emma étaient presque oubliés, lorsqu'un jour la dame dit à Brigitte C'aller chez le boucher chercher quelques côtelettes de mouton. À son retour, sa maitresse lui demande : « Brigitte, combien de côtelettes avez-vous actetées? » — « J'en ai acheté quatre, Madame, » dit Brigitte, — “ C’est bien : préparez-les pour le diner. - — Après |: diner, la maitresse sort de la maison et, passant devant la boutique du boucher: elle se dit : « Je pourrais bien y entrer pour payer les côtelcites, + — Elle y entre en effet et dit au boucher : + Je vous ai envoyé ce matin ma servante pour vous acheter quelques côtelettés de mouton, + — 4 Oui, Madame, lui répond le boucher : elle m'en a demandé SX. » — « Six, dites-vous? » — “ Oui, Madame, six. » — Kia paie les six côtelettes et retourne chez elle, Rencontrant Brigitte an bas de l'escalier, elle lui dit :
“ Combien de côteleties 0 fouton avez-vous apportées ce Matin? » — « Quatre, M ilame, » répond Brigitte. — « Vous dites quatre? » -— « Qui. Madame, quatre, » — En ce moment,
un bruit se fait entendre sur l'escalier. C'était le chien qui s’élançait hors de la chambre de Brigitte, ayant à la gueule une’ côtelette de mouton, « Oh! s'écrie la maitresse, où donc le chien
a-t-il pris cette côtelette? » — Elle monte aussitôt à la chambre de Brigitte et la
e, et voilà que le pot à crême d'argent tombe du papier! — Brigitte fut tellement couverte de confusion, qu’elle se hâta de déguerpir. Ce fut un trait de lumière pour ja maîtresse, Elle se rendit à la demeure d'Emma, lui demanda mille pardons de l'avoir si mal jugée, la reprit chez elle et lui donna double salaire. C'est ainsi que le vol fut découvert et puni, et l'innocence récompensée,
Ne contractez donc pas l'habitude du vol. Si vous prenez de petites choses, peut-être plus tard en prendrez-vous de grandes. Beaucoup qui ont volé des louis, commencèrent par voler des sous.
Le joueur. — Un homme avait la passion du jeu. I] s’y adonna tellement qu’il perdit toute sa fortune, et ruina même toute sa famille avec lui, — Pourquoi jouait-il? Etait-ce pour s'amuser? — D'abord oui; quand le jeu éi:.t une chose encore nouve: : pour lui, il y trouvait son plaisir, ‘::'$ dans la suite, ce ne fut pi: un amusement pour lui; loin de jui procurer du plaisir, le jeu ie rendait malheureux et lui Causait une espèce de fièvre, — Etait-cc
role d’honis s'étaient Le oubliés, icher chermaitresse vous acierigitte, — : diner, la utique du payer les her : « Je " quelques:
d le bou- OUS? » — ; retourne le lui dit : ortées ce moment, ui s'élanune’ côtele chien chambre papier à mouton, vé une.
Brigitte ; lle allait dans un > papier, d'argent > confulumière ima, lui ‘hez elle couvert
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! espoir du gain qui le poussait? — Non; il ne faisait que perdre. Jouait-il parce que d'autres l'excitaient? —— Bien au contraire ; C'était plutôt lui qui excitait les autres à jouer, — Jouait-il parce qu'il aimait le jeu? — Encore une fois non; car d'ordinaire il maudissait sa mauvaise habitude. Mille fois il prit la résolution de ne plus jouer, — Pourquoi donc continua-t-il à jouer jusqu'à ce qu'il fût ruiné? — Ah! la mauvaise habitude qu’il avait contractée le faisait jouer en dépit de lui-même, Elle le tenait lié comine par une forte chaîne; et il ne put s’en débarrasser jusqu'à ce qu'il eût perdu tout ce qu'il avait, st fût ainsi devenu incapable de jouer.
« N'alles pas dans la voie de la perdition.! » Enfant, jeune homme, je vous en conjure, ne vous adonnez pas au jeu ; ne jouez pas même à un jeu insignifiant comme à celui de croix ou pile, pour de l'argent, etc., surtout les dimanches ; car voici ce qui arrive à ceux qui le font : Lo ils manquent souvent à la messe les dimanches; 2° ils tomberont certainement en de mauvaises compagnies ; 3° ils dépensent ainsi un argent qu'ils devraient employer à subvenir aux besoins de leurs frères et sœurs: 4° ils contractent une mauvaise habitude. Ceux qui n'exposent d’abord au jeu que cinq ou dix centimes, y exposeront plus tard peutêtre de grosses sommes et se ruineront,
La mort du blasphémateur, — « La langue est un mal inquiet ; elle est pleine d'un venin mortel? » Lorsqu'on a l’habitude de blasphémer ou de commettre quelque autre péché, souvent on le fait sans y penser, Un homme avait l’habitude invétérée du blasphème, Ayant commis un crime, il fut condamné par la justice à la potence. Déjà il était sur l’échafaud et l'on était prét à lui passer la corde au cou, lorsque, par mégarde, on le poussa de manière qu’il tomba de l'échafaud. Eh bien! jugez de la force de son habitude du blasphème : au moment même où il se voyait tomber, il poussa un cri et proféra un blasphème. Un instant après, il était sur la fatale bascule; il avait le cou rompu, il était mort!
Avez-vous l'habitude de proférer des imprécations, des jurements ou des blasphèmes? frappez-vous la poitrine, ou bien dites « Je vous salue, Marie, » chaque fois que vous commettez ce péché, afin d'obtenir la grâce de vous. en corriger.
L'enfant et le loup ou les MENSONGES. — « Evitez le mensonge. » Un enfant prenait plaisir à dire des mensonges et à tromper le monde. Un jour il poussa un cri : « Un loup! un loup ! voilà un loup! » — A ce cri, tous les voisins sortirent en toute hâte de leurs maisons, croyant qu'un loup accourait et allait peut-être dévorer cet enfant. Mais celui-ci les voyant altrapés, se mit à se moquer d'eux, — La même chose se renou-
() Eccli, xxx1r, 25.
(2) dac, ni, 8. (3) Eph. 1v, 25.
vela plusieurs fois, de sorte.que les voisins finirent par ne plus faire attention à ses cris. Un jour, un loup courut réellement sur lui, Il cria aussi fort qu'il put : « Un loup, un loup! » Mais ce fut en vain : ceux qui l'entendirent crurent qu'il voulait encore les tromper, ils restèrent chez eux et le pauvre enfant fut dévoré par le loup.
Vous voyez par cet exemple que personne ne croit plus ceux qui ont l'habitude de mentir.
L'ivrogne incorrigible, — 1] Y avait un excellent ouvrier que
l'on citait comme un modèle de tempérance et de bonne conduite, Bon père de famille, il élevait parfaitement ses enfants; il les envoyait à l’école, à la messe, au catéchisme, Mais un grand changement allait s'opérer en lui, Un jour, il rencontra quelques Mauvais amis qui fréquentaient les cabarets, Il les y accompagna d’abord une ou deux fois; bientôt il se mit à aller aussi tous les soirs au cabaret et à s'enivrer ! Son patron fut mécontent et finit par le renvoyer. Le voilà donc sans ouvrage à cause de son ivrognerie. Il ne se corrige pas pour cela : il vend ses meubles pour acheter de quoi boire, en sorte que sa maison est toute dégarnie, En vain ses enfants pleurent en demandant du pain; en vain sa femme se désole et se montre navrée de douleur. L'ivrogne ne continue que de plus belle ses excès, Sa santé dépérit; le médecin lui dit qu'il sera bientôt au tombeau s’il ne se corrige : rien n’y fait. — Son curé, un bon prêtre, va le trouver pour le conjurer de cesser de boire et de ne point perdre son âme pour toute l'éternité. Savez-vous la réponse de l'ivrogne? Dit-il : Je vais cesser de boire? — Non, — Dit-il : Je ne veux pas renoncer à la boisson? — Non. — Quelle est donc sa réponse? — Ecoutez, jeunes gens, qui gagnez de l'argent et qui déjà commencez à aller au cabaret; écoutez la réponse de l'ivrogne, — I] ne dit PAS : « Je ne veux pas » cesser de boire, mais : « Je ne Puis pas » cesser de boire, je n'en suis pas capable : l'habitude est trop forte. Il fut un temps où j'aurais pu laisser là la boisson, mais maintenant « c’est trop tard, »
Le meilleur remède contre l'ivrognerie est : lo de ne Jamais mettre le pied dans un cabaret ou dans une cantine ; 2° de s'abstenir complètement des liqueurs enivrantes, ou au moins de ‘s'astreindre à une petite quantité fixée d'avance. « N'allez pas dans la voie de la perdition.\ »
La petit fille. — Une petite fille de sept ans environ avait pris l’h i l
de ne plus faire bientôt si elle
(1) Eccli, XX, 25,
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LIVREÏV, — LES OCCASIONS pu PÉCHE, 169
continuait à la faire, L'enfant eut peur de mourir, et pendant quelques jours elle ne retomba point dans son péché, Mais voyez quelle force peut prendre une mauvaise habitude même sur un enfant! Au bout de quelques jours, elle recommença à se livrer à son péché et ne voulut plus désormais se corriger ; elle s'affaiblit de plus en plus, à tel point que bientôt elle dut garder le lit, C'était son lit de mort. Ce fut un bien triste spectacle que la mort de cette petite fille. Plusieurs fois sa mère ‘exhorta à réciter « Je vous salue, Marie, » avec elle ; mais la malheureuse enfant refusa de dire un seul mot de prière, Un prêtre vint la voir et lu: parla avec bonté pour l'engager à se confesser ; mais elle garda le silence le plus opiniâtre, I1 lui présenta alors un crucifix, en lui disant de baiser les pieds de Jésus. Elle ne voulut pas même regarder la croix : elle détourna la tête comme si elle en avait peur, Une demi-heure avant sa mort, elle ne dit plus un mot, ne fit plus un mouvement ; mais son visage était effrayant. Ses yeux roulaient de tous côtés, comme si elle voyait auprès d'elle quelque chose de terrible, Enfin la malheureuse enfant mourut sans donner aucun signe de repentir,
Gardez-vous donc bien, petit enfant, de contracter de mauvaises habitudes, surtout l'habitude de commettre des péchés contre la belle vertu de pureté,
L'Anglais ou un beau jour, — 1] ÿ a quelques années mourut un Anglais de famille noble, C'était un pêcheur publie, Il avait passé sa vie dans l'impureté, Quelquefois un pécheur continue longtemps sa vie criminelle; voyant que Dieu ne le punit point, il s'imagine que ses péchés sont oubliés, Mais il se trompe. Dieu est patient. Il désire la conversion du pécheur ; car il n'oublie pas qu’il est sa créature, l'œuvre de ses mains, un être racheté par le sang de son Fils. Dans sa miséricorde, il prolonge parfois la vie du pécheur, afin que celui-ci ait le temps de se convertir. Mais s’il ne se repent pas, le jour de Dieu arrive enfin, et alors il parle au pécheur dans sa coléère.l
Le moment de la mort de ce gentilhomme était proche, Il était : atteint d’un mal dont il ne devait pas guérir. Riche et opulent, il était étendu sur un lit superbe, dans une chambre magnifique, ornée et remplie des meubles les plus précieux. Mais l'heure était. venue où son âme allait quitter ce monde et rendre compte de ses crimes à ce Dieu terrible, dont la justice ne fait acception de personne. Déjà il était réduit à l’agonie, ce dernier combat entre la vie et la mort, Cependant nulle pensée de repentir n’entrait dans le cœur de ce pécheur mourant, Il ÿ avait un léger murmure de voix autour de son it, Etaient-ce les voix de personnes qui l’exhortaient à se convertir? Non; c'étaient des voix impudentes, qui prononçaient des paroles qu'on ne devrait jamais
(1) Ps, 17,
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entendre parmi des chrétiens. «ii ue 5 blasphèmes et d'in. Convenantes plaisanteries; «étaient le: voix de ceux qui, les années précédentes, avaient clé les Compagnons de débauche du moribond. Celui-ci avait lémoigné le désir de les voir à son chevet au moment où 4on âme sortirait de ce monde, Tout à coup le moribond tourne la tête vers la fenêtre : « Ecartes le rideau, » dit-il. (Un rideau avait été tiré devant la ), On écarte le rideau, L'air était pur, le temps m guifique ; le soleil dardait ses rayons dans la chambre à travers la croisée, « Quel beau jour, dit le malade, quel beau jour pour aller en enfer! , — À ces mots, il se retourne ; il était mort !
Voilà la force de la passion dominante jusqu’à l'heure méme de la mort. La passion de l'impureté avait dominé cet infortuné pendant sa vie ; il mourut, selon son désir, au milieu de ceux qui avaient été les complices de son libertinago,
La passion dominante forte à la mort. — Voulez-vous avoir une idée de la force de la passion dominante à l'heure même de la mort? Ecoutez. Un jeune homme avait contracté l'habitude du vice impur. La maladie Je frappa et l'étendit sur un lit de douleur, C'était la dernière nuit qu'il devait passer en ce monde. Une bougie était allumée sur une table à côté de son lit. Tout près de lui, se tenait un jeune homme qui avait été son ami d'enfance et qui était venu voir s'il pouvait lui être de quelque utilité. L'ami se penchant à l'oreille du malade, lui parla de la bonté et de la compassion de Ia très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, à l'égard des pauvres pécheurs. Le moribond garda le silence. Son ami lui parla alors des mauvaises liaisons qui l'avaient perdu, et l'engagea à promettre à Dieu de les rompre, « Je ne Puis pas
promettre cela, » répond d'une voix tremblante l'infortuné jeune homme. — En -ce moment, la porte de la chambre s'ouvre et quelqu'un entre. C'était le prêtre qui avait baptisé le malade et qui l'avait admis à la première communion, Il s'approche doucement du jeune homme, lui demande comment il se trouve et lui déclare qu'il est venu pour l’aide: se réconcilier avec Dieu. vu que d'après le médecin, sa mort ne saurait être loin, Le malade ne doute nullement de la proximité de sa mort, attendn que le docteur l'en a instruit lui-même. « Mon cher ami, 1: dit alors le prêtre, pour l'amour de Jésus, je vous en prie renoncez maintenant dans votre cœur à ces mauvaises relët. + q ont causé votre perte. » — Le jeune homme regarde le! tre la fureur dans les yeux, il lui dit : « Je ne puis pas. » « Mais, ajoute le prêtre, il le faut, cela est nécessaire. » — « Je ne Puis pas. » Telle est cucore la réponse qu'il reçoit. — Le prêtre prend alors une montre qui se trouve sur la table; puis regardant le jeune homme, il lui dit : « Vous êtes mourant... dans quelques instants votre âme va se trouver devant le tribunal de J ésus-Christ ; SONSCZ-Y. » — « N'importe, « je ne Puis pas faire cela, + ——
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)uS avoir me de la tude du de douide, Une out près enfance utilité.
a bonté le Dieu, silence, 6 perdu, uis pas 1é jeune uvre et 1lade et 1e dououve et c Dieu, malade que le it alors , MaAin- , CAUSÉ fureur ajoute pas. »
d alors jeune es inshrist ;
« Mais si vous ne le faites Pas, vous allez tomber dans les flammes de l'enfer! » — « Je ne Puis pas, dit encore une fois je jeune homme, « je ne puis Pas, je ne veux pas ! » — Ce furent ses dernières paroles, A peine les eut-il proférées qu'il rendit son âme entre les mains du démon !
Voilà la force de la passion dominante jusqu’ de la mort,
La grosse chaine, — Le péché d'impureté est la grosse chaine par laquelle le démon s'assujettit le monde, Elle est plus difficile à rompre que la chaine de tous les autres péchés. Ce péché vit dans les sens, dans les os et jusque dans la moëlle des os, Il est souvent aussi difficile d'arracher ce péché de l'âme d'un pécheur qu'ille serait d'arracher la peau de son corps. Menacez l'impudique de l'enfer, il n'en est pas effrayé; pleurez sur lui, il n'est pas attendri de vos larmes. S'il est puni de son péché, il n'en devient que plus endurci dans sa mauvaise habitude, comme une barre de fer s'endurcit sous les Coups de l'enclume, Saint Léonard dit que l'impureté devient au bout de quelque temps une sorte de nécessité, et qu’alors il ÿ à presque impossibilité de s'en abstenir., Enfin, “joute-t-il, le pécheur tombe dans le désespoir, et du désespoir (lans l'enfer, — Voici ce qu'en dit saint Bernard “ D'abor! 1n homme commet ce péché pour le plaisir qu'il y trouve; ensuite il n'y trouve plus de plaisir et le commet néanmoins ; enfin i! en est dégoûté, et cependant il le commet encore, parce qu'il ! que c’est chez lui une habitude qu'il ne peut pas
lompre, » — Sa plie est désespérée. \ — L'impureté est un
péché que souvent | ® quittera pas même à l'heure de la mort. «“ L'homme, dit l'Espr Saint,
ne quittera pas dans sa vieillesse la route qu'il aura Prise dans su jeunesse? »
On peut dire du péché d'impureté avec plus de tous les autres : « Brisez avec ce péché des le Principe; car, si vous en contractez l'habitude, plus tard il sera Peut-être trop tard pour rompre avec elle. » Si vous diflérez, vous pourrez devenir comme un certain jeune homme. A son heure dernière, le prêtre lui disait de renoncer à Sa mauvaise habitude, Le jeune homme lui répondit en poussant un soupir : « Hélas! je ne puis pas! Je voudrais pouvoir m'en défaire ; mais il est trop tard : l'habitude est devenue trop forte! ,
N'alimentez donc pas le feu en commettant de nouveaux péchés.
L'aliment du feu. — 11 Y avait une maison où l'on se plaignait beaucoup de la chaleur, Que faisaient, Pensez-vous, les personnes de la maison ? Presque à chaque minute elles alimentaient le feu du foyer, en y ajoutant du charbon. À la fin, le feu devint tellement arc nt et les flammes si vives et si brûlantes, que personne
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(L) Mich, 1, 9.
(2) Prov. xx, 6.
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ne put rester plus longtemps dans la maison: tout le monde fut obligé d'en sortir, — À chaque fois que vous commettez lo même péché, c'est un nouvel aliment fourni à votre mauvaise habitude,