P 363 1^. LE SIRE DE GHAULMONT SUR LOIRE
Point ne fault dire du contraire :
Par vous la chose est obtenue,
Et par vous la noble victoire
Aux bons François est advenue. 1 3,545
Noble Pucelle de vallue,
Par vous le royaulme est recouvert;
Des Anglois la force perdue,
Et leur fin venue il appert.
THEAULDE DE VALLEPAIGNE.
Dame, y ne nous reste plus i3,55o
Sinon pencer du demourant.
• Je vois les Anglois ruez jus Et venir à leur finement; N'est plus riens que du remanant Puis qu'il ont perdu les Tourelles, 1 3,555
Y fault aller droit et avant, Puisque les besoignes sont telles.
Dont leurs besoignes sont ytelles, 1 3,585
Qui leur sont rudes et cruelles
A leur voir souffrir ceste chose,
Que de leur chappeau et querelle
Il ont perdu leur belle rose.
Or allons donques, par Jhesus, 13,590
Ung peu nous reposer meshuit,
Et puis penserons au seurplus
A nostre fait sans mener bruit.
Puisqu ainsi que Dieu nous conduit,
Tenuz sommes le mercyer, 13,595
De très bon cueur, de jour, de nuyt,
Et grandement le regracier.
Lors viendront, et à Tentrée de la ville les douze de la ville viennent au devant.
Et dit
LE RECEPVEUR.
Dame, bien soyez vous venue Et toute vostre compaigniel
Par vous grant joye est survenue i3,6oo
Aux citoyens que Dieu begnye.
Quant, par vostre chevallerie.
Nous apportez telles nouvelles, p 3ûA V*. Que de nostre gent anemye
Avez bouté hors des Tourelles. i3,6o5
n- BOURGEOIS.
Dame, humblement vous mercyons
De la grant peine que avez prise.
Quant par voz faiz ainsi voyons,
Et par vostre noble entreprise.
Que ceste cité avez mise i3,6io
En joye et en solempnité;
Qu'il est prest à desespoir; 1 3,635
James ne ie puis avoir pire Ne que me pourroit tant doioir.
0 et Dieu quelle journée I Or sont tous mes bons amis mors, Noyez, tuez, mis à Tespée, i3,64o
Sans en estre misericors!
0 faulce putin, de ton corps Je m'en vengeray se je puis, Que, avant qu'i soit ung an hors, Morir te feray sans mercy. 1 3,645
Glasidas, vaillant cappitaine, p 3Û5 v^ D'Angleterre le plus vaillant.
Pour vous j'endure moult de paine
Autant que homme qui soit vivant.
Donner vouldroye mon pesant i3,65o
D'or fin, et vous fussiez en vie;
Ou avec vous estre presant :
Helas ! mort tu ne fusse mie.
Vous aussi, le sire de Pons,
Vous estes mort avecques luy; 1 3,655
Vous estes ung des vaillans bons
Qui fut en tout nostre party,
Le sire de Molins aussi.
Et le noble bailli de Mente,
Et d'autres dont j'ay tel souci i3,66o
Qu'à peine que je ne carvente.
0 fleur de toute noblesse,
Fleur de vaillance et hardiesse,
A ce coup cy estre perdue !
D'Angleterre la grant proesse * 3,665
Honneur, vaillantise et largesse,
Bien vous avez esté deceue.
Et nest nul à qui nen despiaise;
Mes si ne faut il pas pourtant 13,700
Que en soujffrez telle malaise.
Y convient que on se rapaise p 346 V*. Sans démener tel desplaisir;
De ce dommaige ce nous poise,
Et en sommes tous bien marriz. 13,705
LE SIRE D^ESCALLES.
Y fault penser de recouvrer, Les mors mectre en sépulture, Et pescher ceulx qui sont noyez Pour mectre en terre saincte et pure.
Et supportez ceste adventure 13,710
Tous le plus gracieusement, Combien qu'elle nous soit fort dure; Mes aller n'en peut autrement.
LE DUC DE SOMBRESET
Sire Tallebot, je vous prie,
Que vous preignez coraige en vous, 13,715
Et ne vous desconfortez mie;
Je vous empry, amy très doulx.
Vostre deul et vostre couroux
Nous fait nostre sens bestourner.
Et ne pouvons avoir repoux 1 3,7^0
Dont tellement vous démenez.
CONTE DE SUFFORT
Tallebot, vous estes prudent F* 3à7 r\ Et bien apris de toute guerre;
Soubz le ciel n'est nul plus vaillant
Que vous qui soit dessus la terre, i3,7a5
C'est la planète qui defferre Les combatans, à son plaisir.
FOUCAMBERGE.
Ne parlons plus de tout cecy.
Penser nous convient autre affaire 13,755
Et lesser tout cela ainsi,
Sans soy donner tant de misaire.
Noz amis nous convient retraire
Qui sont mors, et chanter pour eulx,
En faisant à Dieu la prière 13,760
Que leurs âmes preigne en ces cieulx,
LE SIRE D'ESGALLES.
Oultre plus, fault tenir conseil Et assembler nostre puissance, Et de nostre dueil et traveil p 3A8 1^. Y mectre aucune pourvoyance. 13,765
A Saint Poais avez abondance De nobles gens et vertueux; Faictes les venir en présence, Et puis vous parlerez à eulx.
MESSIRE SIMON MOYHIER.
Le pleur n'y vault ne le gémir; 13,770
Y fault que ce deul nous passions.
Tous voz gens fault faire venir
Et ouyr leurs oppinions.
Et aussi leurs intencions.
En ceste nuyt de samedi 13,775
Et ne fault pas que nous dormions;
Mes faisons bon guet, je vous pry.
Leur faire par moy ce messaige.
Et à tretous tu leur diras
Qu i viengnent sans pius de langaige.
MESSAGIËR.
Monseigneur, de très bon coraige 1 3,810
F* 349 1^. Le vois faire à tous assavoir.
TALLEBOT.
Va et faiz bien ton messaige; Et qui s'en viengent dès ce soir.
Monseigneur, je feray devoir
Envers toute la seigneurie : i3,8i5
Vous en pourrez appercevoir.
TALLEBOT.
Fais diligence,' je te prie.
Lors y a pause.
Messeigneurs, Dieu vous doint honneur, Joye, santé et bonne vie.
ROBIN HERON, cappiUine.
Qui a yl ?
H y a douleur. 13,820