‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 6 sur 143 · I ; PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

I ; PRÉFACE. XV

i Voilà ce qui nous confirme encore dans notre opinion , que le

I Mystère du siège ^Orléans fut représente dans cette ville en \U%h

I et en 1639, non pas tel quil nous est parvenu, mais sous la

I forme moins développée dont nous avons marqué Tétendue.

! Le prologue put être ajouté pour la fête du 8 mai i/i&o, et le

I Bâtard d'Orléans salué de son nouveau titre; mais, les années suivantes, qui eût osé faire dire par le roi à la Pucelle :

Et pour vous conduire voz gens Aurez le mareschal de Rais^

Qui eût osé montrer le supplicié de Nantes amenant Jeanne à Orléans^? Aussi voit-on qu'en ikk^ on représentait, à la fête du 8 mai, le mystère de saint Etienne.

Dira-t-on que notre mystère a pu être composé beaucoup plus tard, dans le dernier tiers du xv* siècle, vers 1670, par exemple, et qu a cette époque l'impression causée par la mort infamante de Gilles de Rais devait être déjà très-affaiblie? C'est une supposition que nous ne saurions repousser d'une manière absolue, mais qu'il nous répugne d'admettre comme naturelle. Trente ans ne suffisent pas à effacer la trace de forfaits tels que ceux dont la justice demanda compte au maréchal; et si, après ce laps de temps, on se rappelle encore les noms de criminels célèbres par leurs seuls crimes, à plus forte raison n'auraitron pas oublié celui de Rais; et de quel œil, en ce cas, l'eût-on vu jouer un rôle honorable dans une pièce où figurait Dieu lui-même.

iNotis venons d'avancer, par hypothèse, jusqu'aux environs de l*an 1 470 la composition de notre mystère. Si nous nous arrêtons là, c'est que récriture du manuscrit ne semble guère nous permeitre d'aller plus loin. Nous ne croyons pas avec M. Quicherat,

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