XVI PRÉFACE
qui au reste nen jugeait point demsu, que cette écriture soit une «cursive gothique du commencement du xvi'' siècle ^t>
Ainsi, c'est de lAag à 1/170 ou environ qua été compose le Mystère du siège d^ Orléans. La date du siëge d'un côté, de lautre celle de Técriture du manuscrit, nous renferment dans ces limites. Mais rien n'établit que ce manuscrit soit le manuscrit original, et, par conséquent, alors même qu'il paraîtrait dater de 1/170 seulement, rien n'empêcherait de croire le poème plus ancien. On y est d'autant plus disposé, que si la pièce a été représentée, on ne comprend guère qu'elle ait pu l'être après i4/io. Et qu'elle l'ait été ou non, peu importe; il suffît que l'auteur la destinât à la représentation. De si près qu'il voulût suivre l'histoire, il aurait pu, en ce cas, se dispenser d'évoquer l'ombre maudite de Gilles de Rais; il l'aurait pu, disons-nous, et aurait senti qu'il le devait, ne fût-ce que dans l'intérêt de son œuvre.
Or, si nos conjectures sur la représentation du Hhfstère à Orléans ne paraissent pas suffisamment fondées, si le fait est révoqué en doute faute de témoignages contemporains plus directs et plus explicites, au moins est-il impossible de ne point admettre que dans l'intention de l'auteur cette pièce fût destinée à être jouée sur le théâtre? C'est ce qui ressort presque à chaque page de l'attention avec laquelle il a noté les pauses, c'est-À-dire les intermèdes musicaux qui séparaient les principales scènes, indiqué les instruments qui devaient être employés pour chacune de ces pauses : pause de trompettes, pause d'orgues, etc. réglé enfin, lorsque de la parole on passe è l'action, tous les incidents, tous les détails du tableau placé sous les yeux du public. Cette préoccupation de mise en scène est frappante et ne laisse aucun doute. Evidemment l'auteur voulait que son œuvre fût représentée.
' Procis de Jeanne d'Arc, l. V, p. 79.