PREFACE. XVII
Ëlie Ta été, selon nous, à la date que nous avons indiquée, et sans doute à grands frais. Â raison de quoi on dira peut-être que les comptes de la commune, précédemment cités, ne mentionnent, pour les fêtes de i/(35 et i^Sg, que des articles dune bien faible importance eu égard aux dépenses considérables que devait entraîner la représentation d un mystère comme celui que nous publions. En effet, il contient plus de cent personnages pariants, sans compter une armée de figurants et de comparses; et comme les jeux du théâtre étaient loin d'être à cette époque aussi simples et aussi primitifs qu on serait tenté de ie supposer, il exigeait un appareil immense.
On peut répondre, d abord, que toutes les dépenses de la ville d'Orléans ne figurent pas sur les registres des comptes que rendaient les receveurs des deniers communs. C'est ce que prouvent une assez grande quantité de cédules ou quittances particulières conservées dans les dépôts publics de cette ville.
L'objection, d'ailleurs, ne saurait avoir aucune valeur aux yeux de ceux qui savent comment s'organisaient, au xv'^ siècle, les représentations théâtrales. Â cette époque, lorsqu'il s'agissait de réjouissances publiques, on comptait plus que de nos jours sur l'initiative de chacun. La main de l'autorité ou de l'administration locale ne se montrait pas partout. Les municipalités pouvaient sans 'doute contribuer pour une certaine part aux frais des spectacles populaires, aider les compagnons qui les entreprenaient à soutenir leurs dépenses, comme il est dit dans l'un des articles rapportés ci-dessus; mais, en général, et de nombreuses preuves l'établissent, les représentations de mystères étaient organisées par des associations de bourgeois et artisans, sous le patronage et avec l'assistance pécuniaire de riches personnages, de seigneurs du pays ou même de seigneurs étrangers. Nous avons déjà dit qu'en cette circonstance il était bien naturel de voir dans le maréchal de Rais