‹ Le mistère du Siège d'Orléans (volume 2)Chapitre 9 sur 143 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

le patron, lorganisateur de la solennitë dramatique où il put prendre plaisir à se voir représenter lui-même, et où sans doute, comme ailleurs, sa main prodigue s ouvrit toute grande.

Si d'autres objections que nous n'apercevons pas ne viennent ruiner Tëdifice de nos conjectures, si Ton accepte comme probables les propositions c[ue nous avons cherché k établir, on sera conduit du même train à reconnaître que le Mystère du siège £ Orléans, composé et représenté à une époque encore aussi voisine des événements, par un auteur qui avait dû y prendre part ou les voir se dérouler sous ses yeux, et devant un public encore tout plein du sujet, on sera conduit, disons-nous, à reconnaître que ce mystère ne doit pas être sans valeur historique. Examinons cette question.

Ce n'est pas, d'ordinaire, dans un monument de ce genre qu'on est tenté d'aller chercher les matériaux de l'histoire. On peut toujours craindre que la fiction ne se soit fait une trop large part aux dépens de la réalité, et que l'imagination de l'auteur ne se soit trop volontiers donné carrière. Rien de semblable ne peut être reproché à l'auteur du Mystère du si^e d'Orléans. A part deux ou trois scènes où il a usé du merveilleux selon le goût de son temps, c'est-à-dire où il a fait intervenir Dieu, la Vierge et les saints, il s'est proposé surtout de mettre en action et de faire passer sous les yeux des spectateurs, dans leur ordre chronologique, les événements qui signalèrent la mémorable défense d'Oriéans en i4â 8 et 1/139, et la délivrance de cette ville par l'intervention de la Pucelle.

Cette exactitude rigoureuse, ce réalisme, comme on dirait aujourd'hui, aurait semblé de nature è faire dasser cet ouvrage parmi les monuments historic[ues qui nous sont parvenus sur la

Page 1