‹ Le mistère du Siège d'OrléansChapitre 115 sur 154 · LE FAISEUR DE GUET · texte numérisé non relu

LE FAISEUR DE GUET

Très noble et très puissante dame, 1/1,100

Plaise vous ouyr et entendre

Ce que dire vueil, sans nul blasme,

Et ainsi que le puis comprandre :

Sus les murs, anuyt, sans mesprandre,

Ay fait le guet toute la nuyt; ii,io5

Mès nul ne pourroit pas comprandre

Gomment Anglois ont fait de bruit.

Les ay veuz aller et venir

Toute la nuyt, à grandes tourbes,

Sy pensent quelque desplaisir i'i,iio

Nous faire ou donner des coups orbes.

Dame, je ne say de leurs forbes

Ne aussi leurs intencions;

Mès se François ne les destorbes.

Je croy que des maulx nous feront. ii,ii5

F'-SS^v». L\ PUCELLE.

Mon amy, de riens ne doublez; Lessez faire leurs entreprises :

Y sont assez las et matez, Qu'i ne sont pas à leurs devises.

Bien souvent de grans convoitises On ne vient pas oii on prêtent :

Vient souvent aucuns qui le brisent, Que tout si devient à néant.

BASTARD D'ORLEANS

Dame Jehanne, Dieu vous salue Et vous doint aujourd'uy bon jour !

M'estoit tart que vous eusse veue , Que vous estes notre recour.

Si avoye de vous grant pour Dont vous fustes hyer blessée D'un tret, que je voy à l'entour De vous, dont fustes trespercée.

LA PUCELLE

Bastard d'Orléans, mon chier amy, De cela, se Dieu plaist, n'est riens.

Dieu ne m'a pas mis en oubly :

Resconforte tousjours les siens.

Si vous plaist, que incontinant Faciez les trompetes sonner, Pour faire venir tous noz gens Et pour icy les assembler.

BASTARD D'ORLEANS

Dame Jehanne, y sera fait Incontinant, puisqu'i vous plaist.

Trompetes, sus, sans plus de plait, Avancez vous, soyez tous prest; Faictes que noz gens loing et près Viengnent cy en nostre presance.

Page 1