MESSIRE GUILLAUME
Y nous convient ainsi le faire, Et est bien expédiant
De nous aller meshuit retraire. 15,7.80
MESSIRE JEHAN
Y nous convient ainsi le faire.
Que demain nous tandçons frontière
Et main armée à tous venant.
MESSIRE ALIXANDRE
Y nous convient ainsi le faire ,
Et est bien expédient. 15,735
Adont icy y a pause de trompetas longue. — Et doit venir la Pucelle F° 393 r°. armée, son estandart, ses gens. Et puis se assembleront tous les seigneurs devant elle, tous armez et en point. Puis dit
LA PUCELLE
Messeigneurs et mes bons amis, Oii j'é en vous mon espoir mis,
Vous voyez ci l'eure venue
Qu'il est bien tant, ce m'est ad vis,
A aller vers noz anemis
Qui ont trop la terre tenue
De France, gastée et polue
La substance et revenue
Où il n'ont nul droit nullement.
Si convient qu'elle soit rendue
Au bon roy à qui elle est deue,
Et non à aultre vrayement.
Donques, s'i vous plaist, partirons,
Et tous ensemble nous yrons
A Jargueau bailler ung assault,
Et, se Dieu plaist, tant y serons
Que par nous confonduz seront;
Car estre fait ainsi se fault,
Que d'Anglois n'est si grant ne hault
A qui on ne baille l'assault,
Ou y partiront de la terre.
Combien qu'i soyent soutilz et cauLx.
Avant trois jours, se je ne fault,
Leur feray lesser la déferre.
Vous savez, nous sommes puissans,
Nombrez huit mille combatans.
Qui est fort belle compaignie;
Et croy que sommes tous vaillans
Pour faire comme il appartient,
Et que nuluy n'y fauldra mie.
Si devons bien à chère lye.
De bonne volanté hardye,
Y aller, comme il est raison.
En defîendant la seigneurie,
La noble fleur de lis jolie
LE MISTERE DU SIEGE D'ORLEAKS.
Qui est de si noble maison.
Si vous suppiy tant que je puis
Que de vaillant cueur et haj'dis
Nous y aillons trestous ensemble,
Ce samedi gay et jolis
Que le temps est bel et rassis,
Et pour y besoigner, ce me semble,
En si belle armée noble et ample
Que il n'est Anglois qui ne tramble
Quant parler veullent de noz faiz.
Dont, pour deffendre l'oriflambe,
Faisons que cbascun s'i assemble
Pour ces Anglois estre deffaiz.
Ce jourd'uy, qui est xn''"°
De ce mois de juing proprement.
Nous povons venir à nostre esme
Pour besoigner vertueusement.
Duc d'Alanson, premièrement,
S'i vous plaist, la première armée
Ovec voz gens entièrement
Vous conduisez, s'i vous agrée.
Et pour la seconde assemblée
Sera le conte de Vendosme ,
Noble et vaillant portant espée
Autant que nul qui soit en somme;
Et lequel n'espargnera homme,
Tant soit il vaillant ou hardi,
Que de proesse on le renomme :
A tous je l'afferme et le di.
Vous après, le Bastard d'Orléans,
Et le mareschal de Suaire,
Vous serez vous deux quant et quant,
Et ne serez guiere derrière.
Lahire, qui a bonne chiere, Vous suyvra et Fleurant d'Hliers.
Jamet du TiHay et son frère, Tlîudual yront volantiers.
Et au regart de ma personne Ne de mes §.ens, ne doubtez point Que nous serons en la besoigne, Et des premiers ne fauldrons point.
Dont, s'i vous plaist faire ce point Et acomplir ceste ordonnance, Je croy bien que de point en point Parvendrons à nostre audience.
DUC D'ALANSON.
Jehanne, de rien n'ayez doubtance.
Que bien m'estes recommandée; Faire veil à vostre plaisance Et ainsi que avez ordonné.
Par vous sera conduit l'armée, Et chascun vous obbayra :
Vostre puissance est esprouvée; Nul de nous ne vous dédira.