‹ Le mistère du Siège d'OrléansChapitre 145 sur 154 · LE CAPPITAINE DE MEUNG · texte numérisé non relu

LE CAPPITAINE DE MEUNG

Puis, messeigneurs, comment vous est?

Comment delessez Baugenci? 19,655

Croyez que fort nous en deplaist

De l'avoir delessé ainsi.

ESVREUX.

N'en ayez esmoy ne souci, Que les François y sont venuz,

Lesquieux nous ont pris à merci, 19,660 Aultrement estions tous perduz; Que y sont si grosse puissance Et une si terrible armée F° /186 r°. Et de si grant magnificence

Que n'eussions peu faire durée. 19.665

La Pucelle desmesurée

Y est triumphant que c'est rage,

Que jamès créature née

Ne vit armée de tel coraige.

Et vous conseille pour le mieux

Que plus yci ne nous tenons;

Nous ne sommes point gens pour eux

Et say bien que icy viendrons.

Si seroit bon que nous alissions

Nous rendre tous dedans Yenville;

Tallebot là y trouverrons

Et de noz gens plus de .vi. mille.

DUC DE SOMBRESET.

Vous nous dictes chose terrible

Et dont je suis fort desplaisant.

Jamès je ne vis si orrible

Chose, ne qui tant fust nuysant,

De desamparer de céans,

De Meung, qu'an noz mains nous tenons

Ce nous sera reproche grans

Et grant deshonneur en arons,

MESSIRE JEHAN FACESTOT.

Faire le fault, ou nous morons Avant qu'i soit deux jours entiers.

Et nous sauvons se nous volons, Ou voloir morir volantiers.

Il ont ars et arbalestiers Et artillerie à puissance, Lances, vouges, cranequeniers :

A eux ne ferez résistance.

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