‹ Le mistère du Siège d'OrléansChapitre 15 sur 154 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

Boillons et du pillage de Cle'ry, dont il n'est parle' qu'incidemment et après la mort du ge'ne'ral en chef des Anglais.

En ce qui concerne les premières opérations militaires et la prise des Tourelles par les assiégeants, les deux documents donnent des renseignements identiques. Mais il faut remarquer que l'auteur du mystère nous transporte presque aussi souvent dans le camp ennemi que dans le camp français, et qu'il se trouve, dans les passages où il fait parler et agir les Anglais, quelques traits curieux, dont les uns sont évidemment le produit de son imagination, tandis que les autres ont au moins pour eux la vraisemblance historique.

Citons-en un exemple. Dans un conseil que tiennent les chefs des assiégeants avant l'assaut des Tourelles, Salisbury raconte un songe qu'il a eu pendant la nuit et dont il tire un pronostic funeste. Assurément c'est là un récit imaginaire , une réminiscence qui fait honneur à l'érudition classique de notre auteur; mais lorsque, après la mort de leur général, les Anglais se décident à envoyer vers Talbot, et lorsque l'un d'eux insinue que le célèbre capitaine sera d'autant plus disposé à venir devant Orléans, qu'il n'aura plus au-dessus de lui Salisbury, dont il supportait avec peine l'autorité suprême, il est infiniment probable qu'on entend là l'écho d'un bruit qui avait couru sur la mésintelligence des deux principaux chefs anglais.

Si l'auteur du mystère omet certains faits de la défense de la ville, en revanche il donne plus de développement que le chroniqueur à ceux qu'il choisit pour les mettre en scène. Le journal du siège, à propos de la mort de Salisbury, tué, comme on sait, par un boulet, au moment où il regardait la ville par une embrasure du fort des Tourelles, se borne à dire qu'il fut atteint d'un canon tiré d'une tour appelée Notre-Dame , combien qu'il ne fut oncques seu proprement de quelle part il avait été gecté;w et, quant aux

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