PRÉFACE. XXIII
conséquences de cette mort, que c^ce fut grand dommaige aux Anglais et par le contraire grand prouffit aux François, v L'auteur du poëme tire de ces faits plusieurs scènes qui ne manquent ni de vivacité' ni d'intérêt, et que rien n'empêche de croire conformes à l'histoire (pag. 121, i33 et suivantes). On y voit le messager que les Anglais envoient à Talbot en Normandie pris par des compagnons français et amené à Orléans, où il apprend aux habitants et défenseurs de la ville la mort du chef de leurs ennemis, ce dont ils témoignent une grande joie. On y voit encore (p. 1 4 1) le receveur de la ville et plusieurs capitaines qui font faire par les canonniers la revue de leurs pièces, et, trouvant un canon vide que le canonnier certifie avoir chargé, en concluent que c'est Dieu lui-même qui l'a tiré pour punir Salisbury de ses méfaits sacrilèges et de son manque de foi envers le duc d'Orléans.
En continuant cet examen, on voit dans le mystère les Orléanais envoyer au roi Charles VII plusieurs bourgeois, non-seulement pour réclamer du secours, mais aussi pour obtenir l'autorisation de détruire, par mesure de sûreté, les monuments situés dans un certain rayon sous les murs de la ville. Le journal ne manque pas de mentionner cette destruction des édifices, mais il ne parle pas de la députation orléanaise, qu'il faut distinguer d'une autre ambassade postérieure, composée de gens de guerre, Villars, Xaintrailles, etc. et dont il est question dans le journal, page 11 4, et dans le mystère, pages 22/1, 253 et suivantes.
Enfin, quand le Bâtard d'Orléans, La Hire et autres capitaines français arrivent au secours de la ville assiégée, notre poëme place à Saint-Jean-le-Blanc un engagement entre leur troupe et les Anglais, qui sont repoussés, rencontre dont ne parle pas le journal, très-succinct, d'ailleurs, pour tout ce qui se passa à la fin d'octobre et pendant le mois de novembre.
Si, à part ces différences, le mystère ressemble au journal dans