‹ Le mistère du Siège d'OrléansChapitre 75 sur 154 · PREVOST · texte numérisé non relu

PREVOST

Sire, tout est prest sans faillir.

Sltoo

N'aultrc chose nous n'atendon Que, pour avecques nous venir, Messire Thomas Rauieton.

MESSIRE THOMAS RAMETON.

Quant de par moy ne demoura, ()ue je suis prest dès le matin A partir, quant il vous plaisa, Et mes gens aussi de certain.

Si m'est tart que je voye à plain Aucuns François pour moy esbatre, En une lande ou en ung plain, Pour à mon aise les combatre.

BAILLY D'ESVREUX.

Messeigneurs, je conseilleroye De partir tout incontinent, Et que chascun se mist en voye ; Puis aller tout courtoisement, Que les François aucunement Ne saichent de nostre venue.

Qui nous donroit empeschement Pour nostre entreprise perdue.

MESSIRE THOMAS RAMETON.

C'est vray, il est temps de partir.

Ne demeurons plus, je vous prie:

Que noz gens n'ont aultre désir Que de voir la chose acomplie.

Voicy tout prest l'artillerie Et vivres en trois cens charroy; Que plus nul ne ditïere mye Et pour peur d'aucuns desarroy.

Lors paitironi tous en ordonnance; et y a pose.

LA HIRE

Sà, seigneurs, il nous fauit entendre A tenir les champs promplement, Et en Beausse nous aller rendre Sans deffaillir aucunement.

Je croy que demain proprement Le vaillant conte Cleremont Partii^a de Blois vrayement, Ainsi comme mandé le m'ont.

Pour ce, messeigneurs , advisez De vous qui y vouldra venir Et en vueillez disposer.

Aussi fault la ville garnir, Qu'i ne nous puisse survenir, F" 2161". Durant nostre département, A la ville nul desplaisir Ne aultre nul encombrement.

Pour conduire cesle besoigne Et pour la mectre en ordonnance, Fault que chascun entende et soigne En toute bonne diligence.

Pour nostre première deffence Et pour la première avangarde, Icy vueil bien estre en présence Avecques gens de bonne garde; Avecques moy sera Poton , Ganede, vaillant cappitaine, Et aussi le puissant Sauton Avec la compaignie qu i mayne.

Ayez en fiance certaine De rencontrer vos anemis,

Pour acquérir gloire haultaine En delïendant la fleur de liz.

Soyez tous vaillans, je vous prie, Allebret le sire d'Orval, Et y allez à cliiere lye; Vous, sire Guillaume Estuart, Et messire Jehan de Vaillat, Qui est seigneur de Ghasteaubrun; Puis Loys de Rocliechouart, Avecques le sire de Verdun.

Après sera Loys de Culan Avec messire Jehan Ghabot, Acompaignez de gens de bien Pour bien deffendre leur escot.

Gardez, quant viendra au complot.

Que vous n'ayez le cueur failly, Qu'i ne fault c'un mauvais cahot Bien souvent pour estre afîoibly.

Et pour vous dire en gênerai.

Je vous prie que nous partions Pour sercher amont et aval Se noz anemis trouverrons.

On m'a dit que partiz y sont De Paris, il y a deux jours.

Et bien trois cens charroy il ont Qui leur feront ung grant secours.

LOYS DE CULAN.

Tous noz gens sont en ordonnance Et bien en point, prest à partir.

Wen faictes plus de demourance; Que c'est très bien nostre plaisir De voloir sercher et quérir

Les Anglois pour les desconfire, F'iîiSr". Qui sans cause veullent venir 8690 En ce pays pour le destruire.

Lors partiront en ordonnance. — Trompetes et grant silete^. — Puis dit LE CONTE DE CLEREMONT.

Or est il temps, comme je croy, Que nous partions sans plus atendre:

Pour ce mectons nous en arroy

Et chascun à soy vueille entendre, 8695 Que on ne nous puisse surprandre.

Soyez saiges et ententis, Et pensez de vous bien deffendre, Que vous puissiez gaigner le pris.

LE BASTARD D'ORLEANS

J'entend qu'i sont sur le pays Et qu'i sont partiz dès pieça, Amenant vivres de Paris, Et qu'i s'en viennent par deçà.

Me semble deussions estre jà Sur les champs pour les rencontrer; Si fault envoyer çà et là Des espies pour les nous creter^.

CLEREMONT.

Or partons, que Dieu nous conduie!

F° 2i5 \°. Et nous en allons au devant

Sans faire bruit, ne grant crierye, 85 10

Que de nous ilz n'oyent le vent.

Portez vous y tous bien vaillant, ' Sikte, chant, antienne. — ^ Sic, sans doute pour gT^etter.

85oo

Que, se la destrousse gaignez, Vous estes riches et puissant

Et ung grant honneur acquérez. 85 1 5

Lors partiront, et y a pause. — Puis dit

LA HIRE

Mes bons amis, entendez cy Que on m'a présent rapporté Que ies Anglois sont près d'icy, Comme on me l'a dit et compté.

Et ne sont pas de vérité 852o

Plus de seize à dix huit cens;

Par quoy sans difficulté

Y ne sont pas à nous puissans.

POTON

Allez les nous fault ravissant

Ainsi que sont hors d'ordonnance; 85a5 Vous les ferez esbayssant Et raviz en une instance; ]N'y feront point de delayance.

Frappons sur eulx, je vous emprie, Que y m'est tart que je commance 853o F°2i6r». A faire sur eulx la saillie.

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