‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 119 sur 222 · POT0N · texte numérisé non relu

POT0N

Messeigneurs , je voy là Orléans Et l’oust des Englois au plus près;

Si vous volez venir dedans,

Et puis en l’oust yrez après.

K* «A3 r\ LB MESSAOIER.

Premier je m’en voys par exprès Acomplir tout vostre messaige,

Et, sans en plus faire d’arrest.

Je m’y en voys de bon coraige.

Lors arriveront les François à Orléans, et y a une petite pose. — Puis dit

POTON

Messeigneurs, par vostre congiè

Et par vostre bonne entreprise, <iô65

Comme nous avez envoyé Pour une besoigne exquise,

Ainsi que par vostre devise,

C’est devers le duc de Bourgoigne

Que nostre ambassade promise «i57«

Pour le cas de nostre besoigne.

Lequel a esté fort joyeux.

Et nous a très bien recueillit,

Nous voulant faire tout le miculx De nostre voloir acomplir; 9375

Que, s’i peut, fera deppartir Le siégé de devant Orléans,

Et s’i 11e vcullent consentir,

Si fera il en aller les siens.

F* a/13 »•. PREMIER ROl'RGF.OIS.

Il est venu ung messagier g5s«

De par luy en l’oust des Englois Poqr les faire de là bouger Et les séparer des François ',

De Flandres, de Bourgoignc, Artois.

Tous ceulx qui sont de ce pays g&Ki

Deslogier fera, comme je crois.

Sans plus estre noz anemis.

Il* BOURGEOIS.

De cela le nous a promis.

Et y est venu sa trompette

Commander à grans et petiz 9390

Que ceste chose sy soit faicle.

1 Fronçait est la leçon primitive, que nous maintenons. Ce mot a été rayé |*istérieun‘ment et remplacé par Anglais.

RECEVEUR

Vous avez pour vray bien besoigno,

El vous tous vous en remercye.

Poton vous a acompaigné

Par sa très bonne courtoisie. 9595

De chose qui soit je vous prie

Que nous puissions faire pour vous;

Poton , ne nous espargnez mie De ce qui pourra estre en nous.

F* «A4 r\ LE MESSAOIER.

Dieu gart les princes d’Angleterre 9600

Et la très haut te baronnie!

Devers vous suis venu grant erre;

Ung messaige faull que je vous die

Par le duc Philippe, qui \ous prie

Que vous laciez ce qu’i vous mande : 960.1

C’est, que d’Orléans, sans tarder mie,

Vous deppartez et vostre bande.

Plus que à Orléans ne facez D’ores en avant, ne tant ne quant.

Ne que plus vous les pourchassez;

Mès vous séparez de devant.

Et , se de ce n’estes contant,

Veult que tous gens y s’en aillent,

Ceulx qui sont ses appartenant

Tout et incontinent s’en voisent. 9615

TALl.EBOT.

Comment dea! le duc de Bourgoigne Devers nous t’a il envoyé Nous mander de ceste besoigne,

Luy qui est tant nostre allié?

Je ne scay qui l’a desvoyé 96*0

De nous mander telles parolies:

Mais il me .semble forvoyé.

Ne scay dont vient ces parabolles.

Dy luy hardiment quant à raoy

Jamès ne m’y consentiroie, 96*1»

Ne tel deshonneur à mon roy Faire pour riens je ne vouldroye.

Je vueil qu’i saiche bien et croye Que d’icy je ne partiray

Tant que Orléans gaingne je voyc; 9<>3o

Ainçois avant y demorray.

SÜKKOHT.

Au duc de Bourgoigue c’est honte De nous mander telles nouvelles.

Ne de nostre oust ne tient pas conte

Tant du Roy ne de ses querelles. 96.35

Despendu avons bas et selles.

Et ainsi qu’un million d'or;

Puis, par ces façons et cautelles.

Nous veut tollir un tel trésor.

LK SIRE Ü’ESCALLES.

S’i veull emmener tous ses gens, 96s»

Les cm mène, 11c nous en cliault!

Que nous sommes assez puissant Et plus de gens qu’i ne nous fault.

Il est malicieux et caull.

Et scait bien pourquoy il le fait; 96AO

Mais tout cela riens ne nous vault.

Pour luy n’en feroie ung fault trait.

FACBTOT.

Nous avons batu les buissons,

Il en veut avoir les prunelles;

Je n’en donne pas deux botons Pour scs gens ne pour scs querelles.

Ces façons sont tousjours y telles;

Je le voy bien venir et dire :

Par iceulx façons et cautclles Veult avoir le miel et la cire.

M ESSUIE JEHAN DE LA POLLE

Je ne l’en vouldroie supplier;

En face du pis qu’i pourra.

Ces gens nous font plus destourbier:

Ne me chault qui les emnenra.

Je vouldroie, et qui m’en croira Homme ne suivra ceste guerre (Et miculx nostre fait se portera).

Qui ne soit natif d’Englelerre.

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