IO.7IO
Au bastard d’Orléans portcray.
De la panne luv demanderay,
Ainsi que chargé le m’avez.
CONTF. DF, SüFFORT.
Or va, puis ici l’atendray Tant que tu puisses retourner.
MESSAGIK.R.
Or doncques, me convient aller A Orléans, porter ce présent,
Et au bastard d’Orléans parler Pour ce don icy luy offrant.
Voy le là, ainsi que j’entant;
Y le me convient saluer.
O très noble et très prudent.
Et qui est tant à honnorer,
Monseigneur, Dieu vous doint honneur,
Ainsi comme il vous appartient!
Le conte Sull'ort, mon seigneur,
Par mov vous envoyé ce présent.
Et à vous se recommandant Que en gré vous le vueillez prandre.
Y vous envoyé de ses biens,
Ainsi que vous povez entendre,
El m’a dit que y vous supplie Que vous luy veuillez envoyer De la panne, et y vous emprye.
Faire veult sa robbe fourrer
De panne noire, se povez Luy en envoyer, si vous plaist;
Et se de luy besoing avez,
Vous le trouverrez toujours prest.
BASTARD D’ORLEANS
Mon amy, je scay bien que c’est;
De son présent le rernereye. 10,760
Je vouidroyc bien ung autre mes A ma voulenté acomplic.
F* 373 »*. De la panne, ne double mie,
Luy en envoyeray de bon cueur.
De noire comme y me supplie, 10,760
Tout de la plus belle et meilleur.
Et au bon conte de SnlTort,
Geste panne cy porteras,
Et à luy et à Tallebot;
De par moy Ids remercyras, 10.770
A culx me recommanderas,
A11 seigneur d'Escalles aussi,
Pareillement à Glassidas,
Désirant qu’i bissent icy.
MESSAGIF.R.
Monseigneur, je vous remerey. ’ 10.770
De par vous luy sera portée.
Et la response tout ainsi Gomme vous l’avez propposée.
Je m’en revoys, sans demourée,
Leur présenter vostre présent. 10.780
BASTARD D'ORLEANS
Dy leur que c’est bien ma pensée De les festoyer à Orléans.
K* r". MESSAGIER.
Monseigneur conte de Suflorl,
Viens de vers le bastard d'Orléans, Auquel j’ay fait vostre rapport,
A luy, plusieurs seigneurs presens.
Si a reccu vostre presant Comme gracieux et courtois.
Chier seigneur, en vous mercyant, Ainsi que vous le povez vois;
Que de la panne vous envoyé Noire, comme le demandez,
De la meilleur qui soit en voyc, Comme il a voulu commander.
Et c’est volu recommander A vous, messeigneurs, cy presens, Disant qu’i vouldroit que fussiez A son plaisir dedans Orléans.
CONTE DE SIFFORT.
Je l’en croy véritablement,’
Et n’est en luy que bon coraige; Mès nous y entrerons voirement, Qu’i ne l’aura pas d'avantaige.
Si a fait que prudent et saige De la panne avoir envoyée;
Elle sera pour mon usaige Et pour l'amour de luy portée.
TALLEBOT.
Messeigneui’s, y nous fault penser De parfaire nostre entreprise,
De jour et de nuyt pourpenser Comment ceste cité sera prise.
C’est trop tardé, quant je m’avise.
Et y sommes trop longuement;
Faull trouver la façon et guise De les avoir aucunement.
MESSIRE JEHAN FACESTOT.
C’est à vous bien dit voirement; to.Siû
Le tarder n'est chose qui vaille.
Tous les jours croist abondamment Et renforce nostre bataille.
Faull que devant Orléans on aille
Pour les vouloir faire saillir, 10,8*0
Faire tant que chascun d’eux saille.
Les enclorrc et faire morir.
F* *75 r*. LE CONTE DE SÜFFORT.
Sire de Grès vra courrir
A Orléans, jusques à leurs portes,
Pour faire semblant de fouyr, 10,8*5
Que François sauldront à grans Ilotes.
Nous ferons deux batailles fortes Qui ensemble se joingneront,
Pour leur sarrer de près leurs croies 1 ,
Et qui les François enclorront. io.83o
SIRE DE GRES
Quant à de moy, je suis content De fournir la première armée,
Et aller frapper sur Orléans,
Faire la première levée.
Voicy mes gens toute journée >0,835
Qui anuyt ne sont désarmez.
Pour voloir aller en meslée Et pour les François guerroyer.
' Sic, peul-êtrc rôles pour routes!'
LF. MISTERE DU SIEGE D’ORLEANS.
MESSint JEHAN DE LA POLLE.
Mes gens sont prelz pareillement.
Et ne demandent que besoigne.
Faictcs et advisez comment,
F* 375 1*. Et pour Dieu que nui ne se faigne!
Nous ferons icy longue esloigne,
Veu la puissance que avons.
Qui est à nous honte et vergoigne Que une fin nous n'en faisons.
TALLBBOT.
Vous yrez descouvrir l’embuche.
Monseigneur de Grès, s’i vous plaist:
Et afin que rien ne trébuché D’Ëscalles sera au plus près.
Conte de SufTort, vous serez Comme à ung trait d’arc de l’armée; Vous et voz gens vous vous tiendrez Tous serrez en une vallée.
Puis, messire Jehan Facestot,
Avec le prevost de Paris,
Le frère au conte de SulTort,
Vous estes puissans et hardis;
Vous serez, comme je vous dis, D’aultrc cousté vers la rivière,
Sans faire ne noise ne bruys.
Mès vous tenez tous en frontière.
Puis menray la grant assemblée.
Comme faisant l'arriéré garde, Trcstous les nobles de l’armée,
Qui de tout se donront de garde.
F* *76 F*. Vous estes, quant je vous regarde.
io,85o
to,855
io,865
Les plus puissans de tout le monde; Bien m’esbays à quoy il laide Que noslrc ousl Orléans ne confonde.
Boutez au vent voz estandars,
Quant viendra en champ de meslée, Voz croix roiges cl voz liepars,
Afin que gaignez la journée.
Faicles tant ccste matinée,
Par voz armes et par vous sault,
Que François boulez à l’espée,
Et que ayez Orléans d’assault.
Lors iry y a pause. — Puis dit
LE BASTARD D’ORLEANS
Mcsscigneurs et mes bons amis,
Ceulx du guet si m’ont advcrli Que les Anglois ont entrepris Qu i nous assauldront aujourd’uy.
Pour ce, messeigneurs, je vous pry Que faciez sonner les trompetes Dedans Orléans; je vous supply, Gardez le dangicr où vous estes.