‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 145 sur 222 · AG · texte numérisé non relu

AG

Ne fyer ne vous y vueillez,

Que il y aroit beaucoup tare.

LA Pl'CELLE.

Je vueil aller présentement

Au bouloart, pour voir à piain is.ooo

L’oust des Anglois entièrement.

Qui est près de la Croix Morin,

Que je les puisse voir afin,

El que parler à eulx je peusse

Anuyt, sans atendre à demain , n.oo5

Et que leur voulcnté je sceusse.

Adont partira la Pucelle et plusieurs seigneurs, tous en grand point, averques elle. Et dit. après qu’elle sera montée,

LA PUCELLE

Çà, inessire Jehan Tallebot,

Et vous tous autres chefs de guerre, F* 3o6 r* . Où est le duc de Bedesfort,

Qui se dit regent d’Angleterre*/

Je vous vueil prier et requerre Que d’Orléans vous vous en aillez; Car icy vous n’avez que querre Et sans cause vous travaillez.

Je vous dénoncé pour le niieulx Que vous parlez diligemment,

Et ’ous en allez en voz lieux,

Oultre la mer, tout doulcemeut.

Vos vyes saulvez tant seullement, D’acort suis vous lesser aller,

Sans coups ferir aucunement.

Et que ce siege vous levez.

» a.o-io

Le Dieu du ciel vers vous m’envoye Le vous dire, et le vous annonce, Qu’au France n’avez droit ne voye; Pour ce le vous fault dclesser.

Vueillez voslre guerre cesser Et lessez France tout cil paix; Autrement, vous feray couroucer Et morir vous tous par mes faiz.

TALLBBOT.

Faulcc, truande, deshonneste, Bergicre, ribaude, putin,

Nous viens tu faire cestc feste,

Et venir à nous de si loing?

P3oS»*. Tu es d’un pays tant lointin,

De Barrois, lessant pcrc et mere.

Comme folle courant chemin,

Pour à ta voulenlé complaire.

CONTE DE SUFFORT

Garce, du duc de Bedcsfort En ose tu parler et dire?

Je suis cy comte de Suffort Pour luy te voloir contredire;

Et pour bien te garder de rire.

Se aucunement le rencontre,

Morir te feray à martire,

Qu i fault que ton maleur se monstre.

FACKSTOT.

l)y moy, qui te meult de venir A porter harnoiz contre nous?

Nous pense tu faire fouyr

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LE MISTERE DU SIEGE D’ORLEANS. ATI

Et que pour toy nous ayons poux? i*,o5o

Encor sont les François plus foulx En tes parolles voloir croire ;

A princes c’est bien au rebouz,

Chetis et de povre mémoire!

LF. SIRE D’ESCALUS.

Es François c’est grant deshonneur De soustenir une vachiere,

Pour cuyder venir à honneur,

Que jamès ne fut que bergiere.

Vous estes bien de pouvre afaire.

De povre maleureux coraige,

De lesser la guerre à parfaire A une garce de villaige.

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