LE CONTE DE VENDOSME
Demander iuy fault son advis El le faire sus toute chose;
Quelle est plaisante en fais, en dis.
Belle et blanche comme la rose,
En conseil si bien disposée De guerre, qu’on ne pourrait mieux De ce qu’elle dit et proppose :
Ce sont faiz et dis sousteneux.
LA MIRE
Four le présent, n’est sous les deux Anglois qui l’ose plus atandre;
Ses assaulx sont si merveilleux Qu’i n’est nul qui peust comprandre.
Y nous convient vers elle rendre,
D’elle savoir sa voianté.
TML'DljAL DE CARMOISI.
C’est bien dit. Dont, sans plus atandre, Que son fait luy soit récité.
Lors le duc d’Alanson vient à la t’ucdle, et luy dit F* 883 1*. LE DUC D’ALANSON.
Or çà, Jehanne, que dictes vous?
Que vous semble qu’il soit de faire?
Si vous prions, conseillez nous,
Que à voz dis voulons complaire.
Pour nostre besoigne parfaire.
Dictes nous la voye et moyen
»5,ayo
tii.aoa
i5,3oo
De ce que nous avons à faire;
Nous ne vous destlirons de riens.
LA FI CELLE
Mes amis, comme je souslien,
Chascun de vous le feroit mieulx; «5.3o5
En vous est proesse et maintien Et tous estes vaillant et preux.
Mès, puis qu’il vous plaist, bien je vieulx Vous dire mon oppinion,
Devant vous tous, jeunes et vieux, i5,3io
Sauve vostre correction.
Sy me semble que nous devons Premier aller devant Jargueau,
Et croy que quant devant serons,
Les aurons par force ou par beau. i3,Si5
Y sont Jeans ung grant tropeau Bien expers en fait de guerre,
Fortifiiez comme ung chasteau,
Tant par eau comme par la terre.
Le conte de Sufîort y est »5,3ao
Et deux de ses freres ensemble.
Nobles et vaillans chevalliers,
Et plus de cinq cens, ce me semble;
Messire Jehan et Alixandre
Par leurs noms nommez de la Polie. iô,3a5
Si convient qu’on les dessemble Et que sus eulx aillons à folle.
Y pevent faire du mal beaucoup A l’entour de ce pays cy :
Bon est de leur rompre leur coup i3,sSo
Et les dechasser du party.
Céans nous avons, Dieu mercy,
Force de bonne artillerie;
La Bergiere si fault aussi
Y mener, et je vous empric; i5,335
Que je sav la Polie et ses freres
Ne se rendront jusques raorir,
Et nous donront beaucoup d’afaires,
Je vous en vueil bien advertir.
Si nous convient sans dcll'aillir >'>.3*o
Y aller à grosse puissance.
Pour les faire de là partir
Et mectre en nostre obéissance.
ALANSON.
Nous sommes de vostre acordance,
Dame Jehanne, et avez bien dit, 15,345
Et y fault mener abondance D artillerie, sans contredit,
Et, pour leur donner le desduit,
La bombarde nommée Bcrgeve ;
Pour en faire à vostre appétit, >*.35o
Elle 11e demourra pas derrière.
BASTARD D’ORLEANS
A Jargucau y nous fault aller,
Et avez très bien propposé;
Vous ne pourriez nticulx conseiller
Qu’ainsi vous avez disposé. ■ 5,355
Chascun de nous c’est reposé
Il y a ung mois, plainement,
Que nul harnois ne fut posé Sus nul de nous aucunement,
Qui est entre nous une honte iô,3*îo
Estre de présent à repoux.
Y semble que ne tiendrions conte Ou que volons craindre les coups,
Quant nous voyons cy devant nous
Que nous sommes environnez i5,î65
D’Anglois, qui ont mauvais propoux Pour nous voloir mal gouverner.