JAMET DU TILLAY
Dame, ne faull que commander A partir quant y vous plaisa.
Faictes comme vous l’anlcndez.
Et ung chascun si vous suyvra; 15,395
Tout voslrc voloir on fera,
Chiere dame, n’ayez doubtance.
Et chascun de nous s’armera Pour acomplir vostrc ordonnance.
SAINTE SUAIRE
De ce qu’i dit ayez fiance, i5,4oo
Que nul ne le veult autrement.
Ordonner à vostrc plaisance,
On le fera totalement.
Propposé avez vrayement
Comme il est licite de faire; i5,4o5
S’i vous plaist, dame, entièrement Vueillez la besoigne parfaire.
U P (.'CELLE
A voz dis je vucil bien complaire.
Faictes tantousl et sans atendre
Que on mette sus la Bergers ; 1 5,4 10
Pour la mener y fault entendre.
Pareillement y nous fault prandre Une partie de voz canons,
Que, ainsi que je puis comprandre.
Je say bien qu’i se deffendront. >5,4 «5
DUC D’ALANSON.
Tout vostre plaisir nous ferons.
Madame, ne doubtez de rien.
La Bergère nous mènerons Et des canons tout aussi bien.
Et dès anuyt, comme je tien, Tout sera chargé pour mener, Sans y faillir, fer ne lien; Demain y sera à dcsjcuner.
LA PUCELLE
Oultre plus, aussi je vous prie Que demain tous soyez armez, Au plus matin, je vous supplie, Pour nostre besoigne affermer Tellement que puissions fermer Demain et tenir siège clos,
Et qu i puissent estre enfermez.
Ainsi comme j’ay en propoux.
Et que pour resveiller noz gens Vous faciez trompetes sonner,
Au plus matin, soyez contant; Partir je vueil sans séjourner Et dès demain assault donner Es Anglois qui sont à Jargueau :
Par moy seront abandonnez.
Et y feray ung peuple nouveau.
ALANSON.
Tout vostre voloir sera fait,
Et ne vous doublez du contraire.