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DUC DE BETEFORT.
Et encore noos en avons Des plus hault et noble de France, Qu’en nostre pays nous tenons A nostre voloir et plaisance.
Et. pour ce dont, n’ayez doubtance Avoir François quelque matin,
Que souvent leur oultrccuidancc Les fait venir à malle fin.
TALLEBOT.
Mon intencion si est bien Les voloir aller reveiller.
Et chercher la voye et moyen,
Le lieu où les pourray trouver.
Partons d’icy sans délayer Et n’y faisons nul dcmorance.
Que chascun s’en veille advancer, A39 «J. Et tous bouter en ordonnance,
Que je ne puis en oubliance Mectre mon deul et mon tourmanl.
Juques ce que j’aye vengcnce A mon voloir entièrement.
Endurci en suis tellement De voloir les François conquerre, Les dechacer si laidement Qu’on ne les sara plus où querre.
Faictes charger l’artillerie,
Et que nous partions dès demain De corage et cherc hardie,
Et n’ayez en vous le cueur vain; Que je n’espargneray sang humain,
LE MISTERE Dü SIEGE D’ORLEANS.
Du tout je métré à l’espée, 17,490
Que des François fcray ia fin Ou je mouray en la journée.
Plus ne le veult dissimuler,
Qu’i m’ont courroucé à oultrance.
Par devers eulx je veil aller 17.S95
A escu, d’espée et de lance,
Que venger me veil de l’oft’ance Que ainsi ont fait à Jargueau,
Et n’ay pas mis en oubliance
(ilasidas et le Portereau. 17.300
HONOBESFOBT.
On ne sauroit mieulx propouser.
Sire Tallcbot, c’est bien dit.
Vous estes saige et instruit;
Partons d’icy quant vous voudrez.
TALLEBOT.
Faictes noz trompetes sonner, 17,305
Si acomplirons mon cdit.
MESSIRB JEHAN FACESTOT.
On ne saroit mieulx propouser.
Sire Tallebot., c’est bien dit.
MESSIBE THOMAS RAMETüN.
Je me vueil du tout disposer
De partir, ains qu’i soit mynuyt, 17,3 10
Moy et mes gens, sans mener bruit;
D’Estampes veil desamparer.
CAPPITAISE RENGEFORT.
Un ne saroit mieuix propouser,
Sire Tallebot, c’est bien dit.
MESSIRE JEHAN FACKSTOT.
Vous estes saige et instruit; 17.315
F* A3» *•. Partons d’icy quant vous voudrez.
Lors icy partiront, et sonneront trompctes et clairons. — Puis après la pose dit
LA PUCELLE
En nom Dieu , je voy qu’il est temps Et saison de partir d’ici,
Que nous voyons ci le prinstemps Et le jour bel et esclarci.
Si ne fault plus demeurer ci,
Mès aler vois nos ancmis,
Qui ont fort le cueur endurci Encontre nous, certaine en suis.
Mès, nonobstant toute chose,
Au bon roy Charles fault mander De nostre estât, que je suppose Qu i désire fort en savoir.
Dont, pour luy en faire apparoir, Envoyer lui fault un messaige,
Qui luy saura dire le voir De Jargueau, tout nostre voyage.
Messager, veille cy entendre :
Va inconlinant vers le Roy, Diligemment, sans plus atandre,
F &3i r‘. Et le saluras de par moy,
Aussi de tout le noble arroy
LE Ml ST ERE DU SIEGE D’ORLEANS.
De nostre haulte seigneurie,
Qui est icy en grant conroy
Et en très noble compaigine. > 7.3*0
Tu luy diras que de Jargueau
Qui est comme à .v. lieux d’Orléans.
Sus la rivière auprès de l'eau,
Oit estoienl Anglois puissans,
Le tenoyent depuis loue temps 17.345
Et en estoient seigneurs et maislres;
Mès y sont ses obéissons
Et de présent tous clercs et prestres.
Après aussi pareillement
Le suppii qu’i se veille rendre 17.350
Et qu’i luy plnist que à Orléans Y luy veille son chemin prendre,
Pour aller couronnement prandre El partir ains qu’i soit ung mois.
Cependant, nous luy ferons rendre 17.355
Places que tenent les Angloys.
Et luy dy que partir volons Pour aller droit à Beaugenci,
Et è Meung, oit les Anglois sont,
Lesquieulx font des maulx sans merci. 17,860
Mès, avant .xv. jours d’ici,
Dy luy que nostre intencion Est nestoyer ce pays ci F* 43 1 »*. Et les mectre à confusion.
LE MESSAGIER
Très noble daine de renom, 17.305
Vostre messaige acontpliray Au bon roy, qui est à Cliynon,
Et tout le cas je luy diray.
Incontinant je partiray
De cest heure, sans plus atandre, 17,870
Et grant diligence feray
Pour luv bailler mon fait entendre.
Madame, à Dieu vous comment,
Que partir m’en voys de cesl heure
Faire vostre commandement 17.375
Devers le Roy, et sans demeure.
LA PUCELLE
Je prie à Dieu qu’i te secoure ,
Messager, va diligemment,
Et à bien parler met ta cure
Pour faire mon commandement. 17,880
Pose.
LA PIJCKLLB.
Or çà, messeigneurs, que vous sanble?
H est droit que chascun s’asamble Et vous veniez nouvellement,
Que depuis deux jours, ce me semble.
Deux frères sont venuz ensemble Très nobles excellentcment.
Remplis de très grant hardement :
Dont le premier certainement Si est le sire de Laval,
Son frere aussi pareillement Renommé autentiquement,
Qui est le sire de Lochat.
Si est aussi ung cappitaine Qui est renommé en Touraine,
Nommé le sire Chammigny,
Qui a volanté très haultaine,
Ainsi connue je suis certaine.
De soustenir ce pays ci.
Pareillement certaine sui
Que il est arrivé aussi
Le sire de la Tour d'Auvergne;
A amené avcques lui Notables gens de son parti,
Des plus vaillant de la Lymagne.
Donques à vous, seigneurs françois.
Qui tous icy estes venuz Pour voloir détiendra les droiz,
Ainsi que y sommes tenuz.
Que faulx Anglois ont maintenu Il y a .xxx. ans piaillement,
Sans que y soient parvcnuz Y remédier nullement.
Mais bien voy que il ne plaist plus A Dieu que soyent en ce royaulme; Fault qu i soyent de leurs abus Pugniz et cbacez sans heaulme,
A ung seul baston en leur paulme, Et delinent piteusement,
Sans jamès retenir la bauime,
Qu’i Pont tenu trop longuement.
Et pour poursuivre la besoigne.
Droit à Baugenci fault aller,
Comme cliascun dit et tesmoigne.
Que les Anglois s’i sont logez.
Et que leans ce sont retraiz Pour faire niaulx impétueux.
Mès en leur logis et retraiz Nous les irons vois pour le mieux.
Et noslre chemin passerons
fjjioo
Pardevant Meung, mès qu i vous plaise , Et en passant savoir pourrons S’il y a riens qui nous desplaisc.
Qui nous puisse donner maltaise Ou quelque petit encombrier :
Sans faire guere bruyt ne noise Yrons à leurs portes hurter.
Et à vous tous, seigneurs, supplie Que dire en veillez voz advis,
Par vous soit la chose acomplie En voz enseignemens et dis.
Vous estes saiges et subtilz Pour en dire et déterminer,
Plus expers que je ne suis :
Veillez en dire et ordonner.
DUC D’ALANSON.
Sauve à tous les bonnes raisons,
En deux mots dire je vous veil Que faire cest edil devons i Que il est digne de rcqueil,
Ne contredire ne le veil,
L’oppinion de dame Jchanne,
Ne en moy n’est milleur conseil Que d’icelle; je m’y condainpne.
VENDOSME
J’en suis de ccste oppinion Que à Baugenci fault aller Et à Meung, comme nous verrou Que nous nous devrons gouverner:
Si nous fault du tout nestoyer
17,'iir
LF, MISTERE DU SIEGE D’ORLEANS.
Les villes d'icy à l’antour,
Et noz anemis dechacer A force de guerre et d’estour.
BASTARD D’ORLEANS
Jaymès n’é volu contredire De dame Jehanne le voloir,
.Ne en riens ne la veil desdire;
Mes son plaisir veil concepvoir El acomplir de mon povoir,
Moy et mes gens, en diligence,
Et y faire si grand devoir Que à tousjours sera souvenance.