‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 199 sur 222 · LE SIRE DE LAVAL · texte numérisé non relu

LE SIRE DE LAVAL

Messeigneurs, au regard de moy,

Je suis venu nouvellement Pour vous servir, vous et le Roy,

\ mon povoir entièrement,

El y faire toutailement

Tout A mon devoir et puissance,

Y employer abondamment De mon or et de ma chevance.

Si ay desiray fort à voir Dame Jehanne, noble Pucelle,

Que sa grant prudence et savoir.

En court loing d’ici la nouvelle.

Laquelle est plaisante et belle Et en son parler et maintien,

Au monde n’en fut onc de telle.

Dédire ne la veil en rien,

Mes son voloir veil acomplir

Et faire, par son ordonnance.

Avec elle vivre et morir,

(l’est mon voloir et ma plaisance, Que elle a belle contenance,

Bien instruicte en fait de guerre.

Servir la veil sans différence Autant que soit dessus la terre.

LE SIRE DE LOCHAT

Mcsseigneurs , vous devez savoir Que nous sommes vers vous vcnuz Pour vous ayder et consoloir,

El comme y sommes tenuz.

Nous et noz gens, grans et menus, Vous volons faire obéissance.

Sans que de nous espargnez nuz A acomplir vostre plaisance;

Que nous sommes très désirant Servir le noble roy de France De nostre corps et de noz biens.

Sans espargner or ne chcvance,

Et faire par vostre ordonnance, Soit en bataille ou autrement.

Que des Angloys nostre espérance Est de les mectrc à finement.

Et vous, Pucelle de renon,

Où en vous est tant de prudence.

Que par tous pays est le non De vostre proesse excellence, Avecques vous veil ma puissance Demonstrer, ma force et vertu, Afin que ayez cognoissance Que avecques vous m’avez veu.

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