‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 209 sur 222 · FLEURANT D’ILLIERS · texte numérisé non relu

FLEURANT D’ILLIERS

En ce cas je ne say que dire De ce que cy vous proposez.

Que des Anglois y n’est rien pire '9.'6°

Et de faulceté asseurez.

Y diront que vous n’oserez Les assaillir pour nulle rien.

Et corage vous leur donrez,

Que jamès ne vous firent bien. 19,16;»

Vous les avcz.se vous voulez;

Jamès y 11’en eschappera ung,

Que on y fera tel devoir

Plus que n’avez au pont de Meung.

Et comme disoit ung cliascun '9-'7°

Que le pont vous n’auriez du moys.

D’Anglois nen dcmourra aucun En main de deux heures ou trois.

JAMRT DR TILLAY.

Bien suis de ceste oppinion

K* '«73 »\ C’on 11e leur doit point acorder. 19,175

Es Angloys n’est que trayson.

Et nul u i ne s’i doit fier;

Que s’i vous savoyenl lapider Et que vous fussiez en leurs mains,

Mercy n’ariez d’eux, l’entendez, 19.180

Mains que de Teurs et Sarrazins.

Et pour ce, selon mon advis,

On les doit tous faire morir.

Et n’espargnez grans ne petis,

Que trop nous font de desplaisir. 19,18»

Y sont icy bien sans mentir De mille à .xuc. et plus,

Que tenez à voslrc plaisir :

Les lesser aller, c’est abus.

THUDUAL DR CARMOISON.

Assez toust je m’acorderoye 19,190

C’on ne les deust lesser aller;

Mès fa 11 1 1 adviser aultre voye El bien sur ce se conseiller.

Je say bien qu’i sont travaillez

Et bien pensent avoir le pire; 19.19»

Pour tant il ont volu parler D apointement, je l’ouy dire.

Et puisqu’il ont requis la chose R* A7A tf. Et qu’elle vient de leur motiz,

De parler A eulx je suppose 19,100

LE MISTERE Dli SIEGE D’ORLEANS.

N’y avoir que bien sans mentir,

Moyennant à bon port venir El à nostre honneur et proffit,

Leur volant quelque chose offrir

Sans que leur ost soit escondit. ig.so»

SAINCTE SUAIRE

C’est de leurs chevaux et harnois.

Ainsi comme on a récité;

Ce sera honneur es François Leur avoir donné sauvcté.

Et cognoistront l’onnesteté 19,* 10

De France pour une aullre lois,

La grant vertu, la liberté Du grant dangier où il estoys.

JAQUES DE DIGNAN , wij'neur de Beauuionoir.

Messeigneurs, y fault ad viser

Que guerre n’est pas peu de chose; 19,31»

C’est la fin où y fault viser Et se conseiller sus la glose,

Que ainsi comme je suppose,

Que cil qui est requis de paix,

A son proffit, bien dire l’ose, 19,330

Refuser ne le doit jamès;

Que bien souvente fois j'é veu Cil qui cuidoit estre le maistre A la fin se trouvoit deceu,

Et se trouvoit souvent en l'aistre. 19,3*5

Non pourtant que je veille estre Contraire à voz oppinions;

Chascun de vous peut bien congnoistre Ce que à faire nous avons.

Mès, pour ccstc chose abréger, Apointemenl leur acorderoye.

Pour éviter tretout danger Et pour les chacer de la voye.

Leurs chevaux, harnois leur donroye Et eux en aller vislement,

Sans enporter or ni monnoye Et riens, fors leur abillement.

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