‹ Le mistère du siège d'Orléans publ. pour la première fois d'apres le manuscrit unique conservé a la Bibliothèque du VaticanChapitre 216 sur 222 · LE RECKPVEUR DE LA VILLE · texte numérisé non relu

LE RECKPVEUR DE LA VILLE

Voicy nouvelles excellantes oo,3&o

De la glorieuse victoire.

Et comme par lectrcs patentes Nous est mandé pour tout notoire.

A Dieu en soit louenge et gloire,

Et à la Pucelle de non, ao,355

Qui par son sens, c'est chose voire,

Elle en a acquis le renon.

Bien .vi. mille Anglois en floctc Si sont demeurez sus les champs.

Et n’est réchappé de leur rocte ao.36o

Que ung bien peu, comme j'entant.

Tallehot est leur lieutenant;

Il est pris, et l’amene on,

D’Escalles, le noble vaillant,

Oveques Thomas Remeton. oo,36b

I" BOURGEOIS

Voire, et le sire d’Ongresforl ,

L amènent prisonnier aussi,

Qui est si vaillant et si fort;

Nul n’osoit appresser de lui.

Et d'aultres nobles sans merci 00.370

Sont demeurez à la journée,

Que cent ans a ne fut aussi Pour Anglois malle destinée.

U* BOURGEOIS

On peut bien dire désormais

Que Anglois n’ont plus de puissance; 40.375

Tel rencontre n'eussent jamais Qui leur tournast à telle offancc.

Perdu ont leur esperance Et la fleur de toute proesse;

Car icy estoit l'excellance ->0,380

De toute leur force et noblesse.

LE RECEPVEl'R.

Y nous convient tous préparer Aller au devant de noz gens,

Les regracier, honnorcr Et recepvoir joyeusement.

Nous voyons le definement Des Anglois et de leur puissance, Dont la Pucclle vrayement Est cause de la délivrance.

1" BOURGEOIS

Englois, vous devra souvenir De Patay et de la journée Qui vous tourne à grant déplaisir.

.VI. mille y ont la vie Gnée,

Ainsi comme il est renommée,

Et des plus vaillaus d’Engleterre.

Dieu si a la terre gardée;

Ceux là ne feront plus de guerre.

Il* BOURGEOIS.

De vous, Anglois, suis esbays,

Se jamès vous osez venir Devers Orléans u’en ce pays,

Qu’i vous en pourra souvenir.

A vostre très granl desplaisir Et à dommaige inreparabie,

Vous y estes vcnuz finir

Par Jehanne, Pucelle honnorable.

Lors icy y a pose de trompetes et clairons. — Et vendront les seigneurs et la Pucelle dedans Orléans. Et ceulx de la ville viendront au devant, et rhnsrun crirn No#!

LE RECEPVEUR.

Vous, dame, bien soyez venue Et voz très honnorez seigneurs!

De la victoire que avez eue Bien sommes joyeux eu noz ceurs,

Et des plaisirs et des honneurs *o.Aio

Que nous laides en ccstc terre.

F' 5ofî Gardes et conservateurs,

Vous mercyons de vostre guerre,

El vous disons en general

Que de nos biens n’espargnez mye. ao,6i5

Du bon du cueur franc et loyal Les vous offrons à chere lye,

A toute vostre seigneurie.

Qui par puissance avez sommis.

Toute la hault chcvallerie to.Hao

Des Anglois vous avez occis.

Dont humblement vous mercyons.

Ainsi que nous sommes tenuz,

Et desservir le vous volons;

Et tous soyez les biens vcnuz.

LA PUCELLE

Mes amys, Dieu vous a proveuz.

Vous a regardez en pitié;

Si ne soyez point deproveuz Que par vous ne soit mercié.

K* 307 r*. Lors entreront tous dedans la ville à grant joye, et y a une petite pose de trompetes. — Puis dit

LA PüCELLE.

Vous tous, très hault et très puissant seigneurs. *o,63« A qui louenge est due et tous honneurs,

Parler je veil cy en vostre presance.

Comme mes gardes et mynistrateurs De mal avoir et mes conservateurs,

Dont vous mercie de toute ma puissance. »«.636

Or m’est il dont venu à cognoissancc Que le dauphin, qui sera roy de France,

Et que roy est aussi pour le présent,

Mès que de l’uille et divine puissance

Et estre oinct, comme c’est la plaisance aoM»

De Jhesu Crist, qui est le tout puissant,

Or tous pendons que vensist à Orléans,

Comme mandé avoit par ses servant;

Mès de vray say que il est à Seuli l, k* 307 v*. Et que là, vous et mov, il nous atant, *o,aa5

Comme mandé y le m’a de presant,

Et que nous tous nous aillons devers lui.

Obayr tous nous devons à celui;

C’est nostre roy, c’est le bien obav,

C’est nostre prince et nostre souverain. *o.A5o

Mal fait seroit de luy avoir failli,

1 Lisez Sully.

Et lie devons pas le nicctre en obly,

Que c’est le roy qui est de droit divin.

Or sommes nous ci toute la noblesse De toute France, de renom et proesse,

Qui soit sus terre, je le croy fermement :

Si devons bien aller en grans liesse Devers le roy courtois et plain d’umblesse, Quant lui a pieu nous faire mandement, Pour aller aveq lui faire son sacrement. Convoyer le devons tous honnorablement Et servir le devons de corps et de puissance; Aultre que luy n’est soubz le firmament N’à qui a Dieu donné gouvernement Ne se noble joyeu que la terre de France. Duc d’Alanson, vous conte de Vendosme.

Soyez tous prest sans en deflaillir d’onime; Bastard d’Orléans, conte de Clairement, Quant ce seroil pour aller jusqu'à Rome, Le refuser 11e le devez en somme,

Mès y aller à tabours et clairons.

Le sire de Loyal et voz gens tant qu i sont,

Et vostre frere aussi, qui est si vaillant lions.

C’est de Laval, et le sire de Rais,

Le sire de Culan, le sire de Chaumont, Poton, La Hire et tous ses gassecons,

Sans nulle différence gardez que soyez prest, Et Jamet du Tillay et aussi le Bourgas,

Le sire de la Brie et sire de Tourars,

Qui tous avez esté à la desconfiture De ces maudiz et déloyaux Anglois,

Qui entour ceste ville ont esté bien .x. mois Pour y cuider y faire leur demeure.

Et de fait il y ont fait grant laidurc.

K‘ 5og r\

Cii" grant dommaige, une grant forfaiture,

Que de trente ans il n’est inreparable;

Mès sus eux est tourné mallaveilture Qu’au ceste terre est leur scjiulture.

Et à tous tant leur sera dommagable.

Que désormais ne feront que definer Ne plus puissance n’aront de gouverner En ccstuy royaulme, ainçois gueres de temps.

Que saiges feront de bien bref retourner En leur pays, sans plus ci séjourner.

Ou finiront trestous piteusement. ao/igf*

Or cà, seigneur, partons legieremenl,

Prenons congié très bonnorableinent Des citoyens de la bonne cité.

Qui tant nous ont gouvernez noblement Que à tousjours très magnifiquement Leur grant renon en sera augmenté.

Dont, nies amys, je prans congié de vous,

Vous inercyent ce qu’avez fait pour nous.

Priant à Dieu qu’i le vous veille rendre.

Comme François loyaux pardessus tous. »o,0o5

Bons et vaillans, ayez ferme propoux Et bon corage de vous voulez deflfendre.

Veillez cbascun dévotement entendre,

Mercient Dieu et que veille en gré prandre Yoz devotes prières et bonnes oraisons, *n,$io

Que c’est celui qui a volu contandre A vous garder de mal et de l’esclandre Où vous estiés et voz biens et maisons.

Si vous enebarge faire processions

Et louer Dieu et la vierge Marie, •jo.r.ts

Dont par Anglois n’a point esté ravie

Vostre cité ne voz possessions.

K' 5oç*

LE RECEPVEUR.

Ha! noble dame, nous vous remercions Quant vous a pieu de nous sauver la vie.

LA PUCELLE

Si vous encharge faire processions Et louer Dieu et la vierge Marie.

I" BOURGEOIS

Très haulte dame, tous noz intencions Est louer Dieu de pensée infinie.

Et vous aussi, dame de Dieu amye,

Que par vous sommes en consolacions.

LA PUCELLE

Si vous encharge faire processions Et louer Dieu et la vierge Marie,

Dont par Anglois n’a point esté ravie Vostre cité ne voz possessions.

Explicit. — Ambn.

ao.bao

Jhescs. Mari*.

APPENDICE

APPENDICE'

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