CATALOGUE
PAR ORDRE CHRONOLOGIQCE
DES ŒUVRES DRAMATIQUES DOM LA PUCELLE A FOURNI LE SUJET DEPUIS LE MYSTÈRE DU SIÈGE D'ORLÉANS’.
L’histoire tragique de la Pucelle de Dom-Remy, aultrement d’Orléans. Nouvellement départie par Actes et représentée par Personnages. A Nancy. Par la vefue Iean Ianson pour son filz Imprimeur de son Altesse. i58i.
(Bibl. inip. Y A G 7 < | , réserve.)
Édition aujourd’hui fort rare, à ce point que M. de Soleinne n’en avait qu’une copie manuscrite. (V. le catalogue de sa bibliothèque dramatique, par P. L. Jacob, bibliophile, Paris, i8&3, sous le n® 81 1.) C’est peut-être cette même copie que signalait en 18A7 M. l’abbé Barthélemy de Beauregard comme faisant partie de la bibliothèque de M. le baron Taylor. ( Histoire de Jeatme (CArc, suivie d’un catalogue des ouvrages de tout genre relatifs à la Pucelle. Paris, Aubry Dile-Roupe, a vol. in-8°.)
Cette pièce a été réimprimée, il y a trois ans, sous ce titre :
L’histoire tragique de la Pucelle d'Orléans, par le P. Fronton du Duc, repré-
1 Nous sommes particulièrement redevables, pour la recherche ou la vérification des articles de a: catalogue, à la science bibliographique et à l’obligeance extrême de M. Paul Cheron, de la Bibliothèque impériale.
’ La Pucelle d’Orléans avait déjà un rèle dans une pièce jouée à Hatisbonne on ià3o. C’est M. de Honnavr qui allègue ce fait d'une manière
tout à fait incidente dans son Tatchenlmch pour i83S (p. 3n6). Le sujet de la pièce allemande étant la guerre contre les Huwites, Jeanne n’y figurait sans doute qu'à raison de la lettre qu’elle adressa ù ces hérétiques le 3 mars 1 A3o. (J. Quiciterai , JYorn de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d’Arc, t. V, p. 8s.)
APPENDICE
sentie à Ponl -à -Mousson, le vu sept. u. o. t.xxx, devant Charles III, duc de Lorraine, et publiée en m. d. lxxxi par J. Barnet. Pont-è- Mousson, imprimerie de P. Toussaint, u. dccc lix.
Au v° du faux titre on lit celte mention :
(, 'elle réimpression de F Histoire tragique de la P ocellé d'Orléans, faite au.c frais et par les sains d' un bibliophile , a été tirée à cv exemplaires.
On lit de plus, sur un feuillet de garde de l’exemplaire de la Bibliothèque impériale (Y, A679 A. réserve), cet ex-dono : «Offert à la Bibliothèque impériale. L’éditeur: Durand dk Lançon. Pont-à-Moussou , 3o dec. 1869.*
L’avertissement qui précède cette réimpression nous donne, sur L’histoire tragique de la Purelle, les renseignements les plus précis. Nous en tirons les passages ci-après, que l’éditeur nous pardonnera sans doute d'avoir livrés à une publicité moins restreinte :
r L’histoire tragique est un des livres les plus rares qui existent.
«On ne peut douter que cette pièce dramatique ne soit celle dont l'historien de l'Université de Pont-à-Mousson , le P. Abram, fait connaître l'origine et l'auteur en ces ternies :
r Henri III , de France, et la Heine Louise, son épouse , ayant résolu de venir au mois de Mai t58o prendre les eaux de Plombières, le P. Fronton du Duc 1 prépara une pièce française, ]>our être représentée à leur passage par Pont-à-Mousson. Il avait pris I mur sujet Jeanne <f Arc , fille Lorraine , délivrante le Hoyaume de France de l'oppression des Anglois; tnais la peste s’étant manifestée dans beaucoup i endroits de la Lorraine, rompit le projet. C'est pourquoi on en remit la représentation au 7 septembre suivant, auquel jour elle fut rejtrésenlée devant les pinces de la maison de Lorraine et plusieurs sei gneurs et généraux de l'armée de France. Elle plut si fort nu grand duc Charles, qui avoit assisté à la représentation , qu'il ordonna qu'on délivrerait à T auteur de cette tragédie, qui lui parut couvert dé une robe qui représentait la pauvreté évangélique , cent écus (F or, somme pour lors très-considérable ; et il ordonna que pareille somme nous seroit délivrée tous les ans , pour rhabiller trois de nos Pères. Celte pièce fut à la suite imprimée sans nom iF auteur.
«C’était une rude lèche imposée au savant et modeste Fronton du Duc par ses
’ Le I’. Fronton 1I11 Duc, né A Bordeaux, avait vingt-doux aux, quand, en 1078, il fut envoyé à Pont-A- Mousson pour y professer la rtiétorique et la théologie. Il y passa plusieurs années à différentes reprises, et quitta l'Université en 1097. Le P. Niceron (t. XXXVIII, p. to.t-ioG)
a donné la meilleure biographie de ce savant. La liste la plus complète de ses nombreux ouvrages se trouve dans In BibUotkéque des écrivains de la comyajçriir de Jésus , par les PP. Auguste et Alois de Backer, A* série; Liège, <858, p. 189.196. ( Note de M. Durand de Lançon.)
APPENDICE
supérieurs. Doué d'une grande faeiiilé, il s’en acquitta dans un délai restreint, et. rendu à de sérieux travaux, il n'attacha pas d'importance à son œuvre, et n’en revendiqua pas la paternité. Sa Compagnie, contre son usage, ue la livra pas à l’impression.
c Cette indifférence explique comment Jean Bnrnet1 s’en empara, et, feignant d'en ignorer l'auteur (ce qui est liicn difficile à croire, puisque huit mois s'étaient à peine écoulés depuis la représentation), il annonce qu’il l’a revue. Il n’était pas fâché qu'on crût qu'il l’avait meme remaniée, puisqu'il permit qu'un ami complaisant le félicitât de ce qu'il
L'a trop mieulx agencé que son premier auteur.
(SoDoHdr C. Vallée.)
e Si on lui doit d’avoir conservé L'hittoire trafique, peu s’en est fallu
qu’il ne nous dérohàl le nom de l'auteur. »
Le nouvel éditeur de L'histoire tragique nous apprend encore qu’un descendant de la famille de Jeanne d’Arc, M. de llahlat, mort en i85a, avait publié une analyse de cette composition en 18/17*, et qu’on en doitâ M. Beaupré une notice plus étendue et de longs extraits*.
Rufin il ajoute que « l’historien le plus récent comme le plus exact de la Lorraine fait remarquer que cette pièce est supérieure, sous tous les rapports, aux mystères et aux moralités tels que la Vendition de Joseph, V Immolation tTItaac. etc. que l’on jouait encore à cette époque. *
Voici le début de Ymant-jeu ou prologue :
Messieurs, c'est à l’honneur du Pays de lorraine.
Au fruict de lo jeunesse . aflin qu’elle s'aprenne Aux art* et aux vertus, que ce peuple joyeux Est venu pour onyr. 11011 des comiques jeux .
1 Jean llarnet fui le premier éditeur de L'huloir » tragique. il signa l’épllre dédiculoire qui précède la pièce et qui est adressée d J/objogneur le comte Je Salin. . . . Seigneur de Dom-
Hemy la Pu celle , etc Martsehal Je leirraine ,
(îoueemeur Je Non nj, etc. Il disait à la lin de celte épllrc, datée de Nancy et du a G mai i!>8i : CestS rostre suhjeclr (la l'ucclle) qui r oui rient faire hommage, Monseigneur, m'a coilln choisir comme tres-humblc et tres-ajfectiomé Serriteurde rostre maison, pour la cous présenter en reste forme tragique qui m’est tomber en main, sans
que je congnensse l’Aucteur. Pour le moings j'ay pris la hardiesse et la peine Je la rreroir, et huche qu’elle soit mise en lumun, etc. M. Durand de Lançon nous apprend, dans une noie de son avertissement , que ce Jean Barncl , tabellion ,fut asiobli par le duc Charles III, le sa ami 16C7, et devint son conseiller cl secrétaire.
* Nancy, in-8\ 1 9 p. et dans les Mémoires de l’ Academie de Nancy. t Hhq.
3 Nouvelles recherches sur l’impiiinene en Lorraine, p. »» A 5q.
APPENDICE
Mais, plustost. en poulsant une voix plus hardie.
L'on prétend vous monstrer en une tragédie .
Un spectacle plus grave, atlin (pie gravement L’esprit se norissant . se forme sagement.
Or on n'a point choisy ung argument estrange.
Scachaut que cil est fol . lequel ayant sa grunge Plaine de grains cueillir. , emprunte a son voisin ,
Laissant pourrir chez soy sou propre magasin.
Ou a trouvé chez nous suffisante matière Pour d’un poème tel fournir la charge entière :
Prenant de ce pais ceux les gestes desquels Sont dignes d'esgaler aux los des iuunortclz.
Ou a donques choisy les faicts d'une Pucellc Ou'eu France plus souvent d'Orléans on appelle :
De Dom-Rcmy plustost nous la dirons icy :
( Aux terres de Lorraine elle naquisl aussy )
Allin qu’on (n'|oyc ceux qui ont osé escrire.
Dentelant son honneur, et d'icelle mesdirc Contre la vérité : non ce n'est de ce temps Que l’eslat des François, Lorraine, lu deiïendz.
Nous extrairons encore de L' histoire tragique le discours qu’adresse la Pucelic au roi en se présentant devant lui. (Acte I", scène m.)
u rccR.u.E
. Je ne viens [H>int vers vous poursuyvre par justice
l,cs droiclz de mes parentz , ou bien par avarice La mine avancer de mes povres dehteurs.
Ou d'un pupil deslruict accuser les tuteurs :
C'est pour vous seullement, pour voz propres affaires Que je viens . |K>ur froisser voz puissanlz adversaires.
Prince sage . n’ayés à mon calibre esgard ,
Mais à ce que je dis , comme et de quelle part Je me présente à vous. Je ne suis envoyée Par quelque Roy ou Duc pour la paix octroyée ,
Ou |Miur quelque alliance, ou pour des prisonniers Moyenner la rançon et apporter deniers.
Mois du grand Roy du ciel vous voyez l'ambassade .
Toute telle que suis iguorunle et maussade.
Je n'ay point seullement ouy une ou deux foys IVun ange bien heureux la menassaute voix .
M'incitant d accomplir la volonté divine ,
APPENDICE
Mais encore j'ay vau et saincle Catherine Et saincte Marguerite à moy se présenter,
(De ce digne ne suis dont il me faull vanter) ,
Et la Royne du ciel m'a dit, tout assurée .
Que son cher Fils m’avoit à ce fuit consacrée.
A venir des Anglais l’ost mettre en desarroy.
Et puis mener à Rht-ins à son sacre le Roy.
Dieu le grand rov du ciel qui des princes a cure A veu. comme il voit tout, la trop cuisante injure.
Sire, qu'il vous a fait ' et ferait tous les jours.
S'il ne luy retranchait de ses dessains le cours.
Il a veu d'autre part les pleurs et les prières Qu'à luy vous espandez . déplorant les misères De voz | >eiiplcs manger, et que son chostiment En vor coeurs a faict naistre un juste amendement :
Si qu'il vient désormais à l'injustice avide De vor liers ennemis serrer la lasche bride.
Car il a de vor mnulx ju ordonné la fin.
Il veidl que des Krançoys soit Roy le seul Daulphin .
Et le chef des Valois . non qu'à un Roy eslrsnge Du sang de ses vieux Roys In France face eschange.
Comme quand les humains sont es vices plongés l.a juste moin de Dieu les poursuit afRiger .
Aussi quand repentant du péché l'on se lire .
Son fléau de dessus nous quant et quant il retire.
Kixg Hbnry the stxTii of William Shakespere.
On sait que celte tragédie se divise en trois parties. C'est dans lu première que la Pucelle d’Orléans joue un rdle odieux , aussi indigne de l’héroïne que du génie de l’auteur.
Le titre de la première partie de Henri VI était d’abord, selon Malone : The hùtorical play of Kinff Henry the sLcth. On ne sait au juste à quelle époque elle fut représentée; on croit seulement que ce fut avant 1692. C’est aussi une opinion accréditée que cette première partie n’est pas de Shakespeare et qu’il n’a l’ait qu’en retoucher quelques passages.
Tragédie dr Jeanne d’Arqcks dite la Pucelle d’OrIcans, native du village d’Kmprenne, près Voucouleurs en Lorraine. A Rouen, de l'imprimerie de
1 Qu't/ vous a fait. //, cesl-à-dirc sans doute l'Anglou. quoiqu'on lise plus haut d?i AngUrn.
APPENDICE
Raphaël du Petit Val, libraire et imprimeur du Roy. < 600, pet. in-12, de '18 pages.
C Ril>). intp. V 563 1. réserve. )
Celte tragédie anonyme en cinq actes et en vers, avec un prologue et des chœurs, fut plus tard comprise dans un recueil portant ce litre : Is théâtre des Tragédies françaises nouvellement mis en lumière. A Rouen , de l'imprimerie île Raphaël du Petit Val, chez David du Petit Val, libraire et imprimeur ordinaire du Roy. «616. Avec privilège de Sa .Majesté.
Elle est attribuée, par l’auteur du catalogue de la bibliothèque de M. de Solcinne1, et, d’après lui sans doute, par M. Henri Duval, dans son Dictionnaire des ouvrages dramatiques 2, à A. Virey, sieur des Graviers. (Peut-être Jean de Virey, sieur du Gravier, auteur drnmatique cl gentilhomme normand, mort vers tCio 3.)
M. Duval ajoute que la pièce fut représentée sur le théâtre de Rouen en 1600. sur le théâtre du Marais, à Paris, en 1 Go3 , et sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, en 161t.
M. l'abbé Barthélemy de Beauregard, qui n'indique pas dans son catalogue 4 l'édition de 1600, en mentionne d’autres que nous n’avons pas vues: Rouen, Raphaël du Petit Val, i(io3, 1607, 1612, in-12. — Troyes, Nicolas Oudot, 1(128, in-8°.
Il y en a aussi une édition de 1611, Rouen, Raphaël du Petit Val, in-12. (Catalogue Soleinne, l. III, p. 55.}
Voici quelques extraits de cette tragédie, dont l'auteur inconnu croyait être le premier à 1- faire monter sur le thealre des muses le très ample sujet que nous en
avoit donné par sa valeur ceste amazone masquée non d'un cache-nez,
mais d’un heaume *.n
PBOI.OntlE.
Apelle industrieux par un docte pinceau Tasche d'éterniser sur un large tableau I.es honneurs et le nom d’une dextre guerricre:
Lisippe sur le marbre et sur la dure pierre Anime les esprits d'un portrait cizailié :
Policlete se plaint sur un oeuvre émaillé Graver de son burin ou temple de mémoire
1 T. III. p. 55. ‘ Histoire de Jeanne H’ Arc, suivie d'on cala
* Manuscrit de la Rilil. imp. suppl. fr. 5i i5. logue. etc. Paris, 9 vol. in-8’.
5 Voyex, sous ce nom de I irry, le Manuel du * Avertissement au lecteui.
bibliographe normand, par Édouard Frère.
APPENDICE
D'un héros les vertus , les palmes et la gloire .
Mais le poete saint, le nourri son des Cieux Par un chant Etemel l'avoisine des Dieux .
Mignardc tellement aux fredons de sa lire los d'un généreux et florissant Empire Qu’il endort , et la Parque , et les tartares sœurs Le chien à trois gosiers, les juges punisscurs Le fleuve l.ethean et tout ce <pii s'efforce De priver ses accords et de vie et de force.
Notre poete, qui courait bien le risque d'endormir, par surcroît, ses lecteurs, lait ainsi parler la Pucelle (acte II, scène i):
LA PÜKELLK.
\ C'est assez habité purin y les froids ombrages :
Assez, assez dormy dons les antres sauvages :
C’est assez enlacé les printanières fleurs :
Couru dessus les prez esmaillez de couleurs .
Escouté les amours des troupes forestières :
Ou des mignards oyseaux les complaintes legeres :
Senty le doux gasoüil des argentines eaux :
Et dans les bois muets retiré mes troupeaux .
Or sus il faut quitter les belles 0 rendes ,
Les Nimphes, le plaisir de ces ondes jasardes :
Le carquois de Diane et son arc , et ses dards Et toute me sacrer à l'homicide Mars,
Sauter dans les combats vestue de poussière .
Accabler l'enncmy de ma dextre guerrière :
Peindre le fer de sang . dedorre les conduits :
Chasser la peste loin , ]ionr guarir mon pay s.
Hé quoy V que me servoit en ma tendre jeunesse Pour tromper le repos , voler d'uno vistesse Ore dessus la plaine or' en haut m’accrocher Pour attaindre en grimpant sur le haut d'un rocher?
Or esbrausler en vain de mes bras les grans chassies V Rompre un baston pointu? si apres tant de peines.
Tant d’exercices vains, tant de mal cnmbatu :
Je ne donnois en fin preuve de ma vertu?
Ce casque martial pressant ma chevelure Ne convient il pus mieux qu'une riche coiiïureV Ce baniois endossé œuvre Vulcanien N'est-il pas plus plaisant que du froid Serien
APPENDICE
I^es robes (teintes d'or, ou de Tyr empourprées?
Ou les ronds diatnans des indiques contrées?
Ce glaive furieux qui pend à mon coslé Ces graves, ce Inmcler des Calibdes porté :
Ne m'ornent-ils pas mieux qu'une molle quenouille? Qu'un fuseau tournoyant ? qu'une riche dépouille Des troupeaux porte-laine? ou d'un fragile otier De rameaux abatus (tour en fuire un pannier?
Ou qu'une esguile en main au logis de mon père El ce rustique habit d'une simple bergere?
Maintenant je me plais d'eeillader seulement L’ivoirine splendeur de ce mien vestemcnl :
Et cacher au dessous d'une face amoureuse En courage indomté une ante généreuse?
Depuis que le sommeil sous les pied d'un ormeau Me voila les deux yeux, assise (ires de l'eau,
Et les songes ailez coulons dedans mon orne Echauffèrent mon cteur d'une divine (lame .
Puis comme messager du tout-puissant Jupin Me dirent en tels mots le but de mon destin :
Fille le seul soucv de la chaste Lucine Quite, quite les bois, anne, arme ta poitrine.
Venge l'injure faite à ton propre pays Et chasse par le fer les douleurs, les ennuis Qui comblent maintenant les subjets de ton Prince : Arme-toy (tour l’aider, et sa triste province.
Dcslors je n'eu désir sinon de manier.
En ma légère main , et le fer et l'acier,
Briser la lance au poin . respirer sous les amies. Fendre le Ciel de dards, vaincre entre les gendarmes. Porter la parque aux mis , cl d'un masle courage Semer les champs de corps, de testes et de larges.
H faut doresnavanl donc chanter les batailles Et peindre l'estomach du sang de leurs entrailles :
Il faut suy vre Ennon pourquoy ne puis-je pas Fille comme je suis m'endurcir aux combats?
Les escus cnlimez, les mains Ainazonides Fendirent par le fer les ondes Thermontides.
Et courant au secours du Troyen afligé Chassèrent jusqu'au port l'cxercitc etranger.
Du Gregeois inhumain et là Pantbasilee Vosmit la hache au poing une ame ensanglantée.
APPENDICE
Les hommes pensent-ils qu'ils ayent seulement Le bras, le cœur, le fer pour choquer vivement.
Et que nous ne devons pour nos belles dcspouilles Que manier chez-nous les fuseaux et quenouilles? Garder nostrc maison . ol pour tous nos malheurs Lire les braves faits des gendarmes vainqueurs?
Non. non. il faut dresser quelque heureuse conqueste. L'armeure nous convient aussi bien sur la teste Que la leur, et nos yeux, et nos pieds, et nos bras. Aussi bien que les leur cerchent les feux de Mars. Celles qui aiment mieux une joüc vermeille.
Un l>eau chef rayé d'or, un œil plein de merveille.
Un front vvoiriné, un long col albastrin.
Un sein chargé d'œillels . de roses et de thin ,
Quelles vivent h part sans honneur ot sans gloire .
Et non pas comme nous remplies de victoire.
Puis donc que le renom à cent œles porté En faveur des guerriers fend l'air de tout costé .
El s'ouvrant à la fois cent bouches écumcuses Eclate les honneurs des femmes belliqueuses. Qu'altens-je plus long temps par un fait glorieux De pousser aussi bien ma teste dans les Cieux ?
De cercher combatant parmy les morts la Parque.
Et fuire que Charon me traîne en mesme barque.
Et mon ame. et ma vie? hé, que songé-jc tant? Empourprons, empourprons ce coutelas de sang!
Si le destin le veut: si l’heur revient en France Poursuyvons coup sur coup, ayons bonne espérance.
Le Bâtard d’Orléans lui répond :
Madame d'où renais! ceste divine ardeur Qui voiu» brusle I) la fois, et la main et le cœur?
Quel espoir vous nourris! qui vous fait entreprendre Quels songes vains menteurs de nous vouloir defendre Et chasser l’ennemy par vos Scy tiques dards Plustost que par l'essay de vingt mille soldars?
Les Pasteurs Mœncans et ceux de l'Arcardie Entre mille troupeaux Pillent leur longue vie :
Or jouent sur la plaine , or pour tous leurs éhats Contre les animaux exercent leurs combats.
El contre t'ennemy qui la forest enserre
APPENDICE
Sans «Hcr plus avant osent mener la guerre.
Madame, ce n'est pas chasser dedans les lwiis .
Ce n'est pas lopier le fuseau dans les doigts
Qu avoir le glaire en main ipiand deux <■ passes trojws
Choquent dru et menu en forme de Gydopes :
Que l'air est plein de feux . de meuglenicns de voix Qu oi) u’ j entend rien de tout qu'un cliquât de liamois :
Que les champs sont semez de bras, de pieds, de teste Pied contre pied licliez et creste contre creslc Que les chevaux poudreux courent dessus les corps (lue les écus froissez sont pendus sur les morts :
Adviscz h loisir, car les (bibles bergeres A oût pas ainsi que nous les mains roules et tieres.
Les «mantes ou la grande paslorello par Nicolas Chrcslien sieur des Croix Argenlenois, en cinq actes, en vers, avec un prologue, enrichie de plusieurs belles et rares inventions, et relevée d'interinedcs heroytiues à l’honneur des François. Dédié au Itoy. A Rouen, chez Raphaël du IVtil Val, i6i3,in-iu. Après le tubjet de I» jiastorelle ou soininnire de lu pièce, on lit :
Les argumensdes intermèdes son|lJ tirez de l’histoire de France:
La conversion du Roy Clovis.
La prise de Gonipostelle par Charlemagne.
La prise de Hienisalem par Godefroy de Roüilloii.
La prise de Damiette par S. Loys Roy de France.
La purelle d’Orléans.
Nous tirons de ce dernier intermède le dialogue ci-après :