TALBOT
Dont vous, messire Lancelot, 6a5o
La charge vous est adjugée.
Et sommes tous de ce complot.
Que le ferez si vous agrée.
Et sans plus faire demeurer
Parlez, je croy qu’il en est temps; 6«55
La treve n’a gueres durée On ne l’a pas accordée grant.
FASTOT.
Y dit voir : temps est de partir.
Je doubte que François y sont;
Si ne leur devez deffaiilir, GaGo •
Puisque aller y devez dont
Vous savez bien quelz gens ce sont :
Y sont fort divers à congnoistre;
Mès croy que le railleur pas n’ont.
Et on leur fera bien aparestre. 6i6&
MESSIRE JEHAN DE LA POLI.E
Tout selon leurs diz respoudez,
Nous vous en baillons tout la charge.
K* i56 Faictcs comme vous l’entendez;
Que de ce estes bon et saige.
Pensez de faire ce voyaige;
Que je voy heure qui est brcfve,
Et croy que ce nous est doinmaige Avoir donné sy courte trêve.
LANCELOT DE LISLE
Messeigneurs, puisque y vous plaist De m’avoir la charge baillée,
A vous obeyr je suis prest,
Puisque la chose vous agrée;
Mès ce fust très bien ma pensée Que prissiez ung autre que moy Pour miculx la besoigne menée,
Et qui miculx feroit, je le croy.
TALLEBOT.
Mareschal, vous le devez faire Et l’acomplir de bon coraige,
Sans voloir aller au contraire.
Vous y estes prudent et saige;
Des François oyez leur langaige.
Quant premier trêves ont requises,
F" i55 i*. Qu’i doivent avoir l’avantage De declairer leurs entreprises.