‹ Le mobilierChapitre 8 sur 20 · PL. XIV · texte numérisé non relu

PL. XIV

Coiffeuse. 1919.

Photo « Art et Décoration ».

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tallation d'un salon de réception moderne pour le Commissariat général français à l'Exposition internationale de Saint-Louis (Etats-Unis). Auteur de nombreux ameublements de prix, logiquement établis et ornés de sculptures, cet artiste a aussi contribué à faire entrer Tart moderne à l'Eglise. La Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, les églises du Pré-Saint-Gervais, de Nanterre, de Persan- Beaumont, de Caux (Suisse) et de Sainte-Cécile à Paris possèdent de ses œuvres.

Louis Bigaux forma un atelier dès 1900 et comme Jallot, comme Dufrène et plusieurs autres artistes de sa génération, commença par construire des meubles modestes, pour évoluer ensuite assez rapidement vers un genre plus élevé et plus recherché. Dès 1910, il employait les bois précieux, voire le bois laqué, et en obtenait des effets de la plus agréable variété.

Pour la plupart de ces artistes, la période comprise entre 1901 et 1910 fut abondante en difficultés matérielles. Travaillant dans un isolement presque absolu, délaissés de la foule, ce n'est guère que dans la profondeur et dans la sincérité de leurs convictions qu'ils purent trouver le courage de persévérer. Répétons-le, les meubles de 1900 une fois condamnés en bloc, l'opinion s'était désintéressée de ce nouveau

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style dont l'attente, un moment, avait excité sa vanité. On n'y croyait plus, du moins autrement qu'à une fantaisie passagère, tôt démodée, vouée au bienfaisant oubli. Cette manière de juger, aussi sommaire que radicale, favorisait des intérêts trop puissants et trop nombreux pour ne pas rencontrer l'approbation et l'encouragement les plus empressés. L'industrie de l'ameublement organisa des expositions à la gloire des styles du passé, dont elle poursuivait, désormais sans inquiétude, la fructueuse exploitation. On y vit, à la vérité, une section consacrée aux mobiliers modernes pour les hôtels et maisons de campagne, mais il parut à tout le monde que la pauvreté de ce que l'on avait réuni là n'avait pour effet (et peut-être pour but) que de donner plus de relief et de séduction aux somptuosités du voisinage.

L'État, cependant, ne voulait pas se désintéresser de l'effort des « modernes ». Il accordait généreusement un crédit de dix mille francs à trois ou quatre d'entre eux pour l'ameublement du Pavillon français à l'Exposition Universelle d'un grand pays voisin. A ces maigres subsides s'ajoutait l'appui surtout moral d'un petit nombre d'amateurs dont les plus convaincus n'avaient guère de ressources et dont les plus fortunés manquaient parfois de conviction. Force leur fut donc de travailler dans l'ombre, et c'est dans l'ombre qu'ils réalisèrent les progrès décisifs qui devaient assurer l'avenir.

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