Loc. cit., p
6 Revue chrétienne, loc. cit., p. 265. Cf. Ch. Maignen, op. cit., -p. 176-202.
De même, Aug. Sabatier relevait chez le P. Hecker « des influences persistantes du protestantisme ^ ». Jugements excessifs, à n'en pas douter, mais néanmoins révélateurs. Ainsi encore, prenant ses désirs pour une réalité, P. Desjardins voyait Mgr Ireland inaugurer cette « conversion de l'Église » qu'il croyait apercevoir ^, et H. Déranger saluait «n lui « un nouveau clergé, une nouvelle race, une religion renouvelée », dont, bien entendu, la rénovation se produirait aux dépens des « cristallisations dogmatiques ^ ». Pour incompétentes ou suspectes que puissent être ces impressions du dehors, il est difficile de croire qu'elles fussent sans aucun fondement. « Il semble bien que des catho'iques, même des prêtres, aient conçu l'idée de faire triompher, sous son couvert (de W. Hecker), les théories les plus hardies, même des théories absolument incompatibles avec la dogmatique traditionnelle *. »
En même temps, la controverse avait révélé, chez les adversaires de l'américanisme, les tendances les plus dangereuses. Non contents de passionner la polémique jusqu'à la violence avec tout son cortège d'exagérations et d'injustices, ils en agrandissaient à Tenvi l'horizon. Tandis que Delassus criait à une « conjuration antichrétienne », c'est un « nouveau catholicisme » et un « nouveau clergé ^ » qui se révélait à l'imagination apeurée de M. Ch. Maignen, dont il cherchait
1. Lettre du 20 octobre 1898, dans le Journal de Genève, cité par Ch. Maignen, p. 416.