‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 103 sur 451 · Revue chrétienne, mars 1893, t. xl, p · texte numérisé non relu

Revue chrétienne, mars 1893, t. xl, p

3. U aristocratie intellectuelle, Paris, 1894, p. 91, 93, dans Houtin, p. 216-219.

4. Houtin, p. 282-283. On a cité comme preuve, au cours de la controverse, un article de « Romanus », Libéral catholicism, dans Contemporary reyiew, décembre 1897 (et non, comme l'a dit A. Houtin, p. 279, février 1898), t. txxn, p. 844-866. L'auteur, en effet, étend le <t libéralisme », non plus seulement aux formes du gouvernement ecclésiastique, mais aux formules mêmes du dogme et, pienant acte des changements que les nécessités de l'histoire ont imposés à l'Église dans le passé, réclamait' d'elle une franche « accommodation » au temps présent. Aussi bien J. Saint-'GIair Etheridge le lâche-t-il tout simplement [loc. cit., p. 683) comme « hérétique ». Mais «. Romanus » était-il seulement américain?

5. L'ouvrage publié sous ce titre alarmiste, Paris, 1901, avait déjà sa seconde édition l'année suivante.

pêle-mêle là manifestation dans le catholicisme social, la philosophie et la théologie. L'auteur terminait par «un appel aux évêques » (p. 390-399) en faveur de l'Église en danger. Faute de mieux, il captait, en attendant, l'autorité du pape, au profit de son propre dogmatisme. Comme si la lettre de Léon XIII n'était pas encore suffisamment ferme à son gré, il prenait la peine d'en extraire « une sorte de Syllahus » en dix propositions, dont chacune recevait une « note théologique » de son cru, toutes ensemble étant censées appartenir à ce qu'il appelait gauchement « le dépôt indirect de la foi » et, bien entendu, bénéficier de l'infaillibilité pontificale ^.

De l'américanisme on a écrit qu'il fut, par rapport au modernisme, une « sorte de préface pratique et d'épisode avant la lettre ^ ». En effet, ces excès -commis de part et d'autre étaient de mauvais augure. Au total, cette « bourrasque passagère ^ » laissait pressentir de véritables tempêtes pour le jour prochain où des problèmes plus importants viendraient à se poser.

Tandis que (a question américaniste agitait surtout les hommes d'action, le problème apologétique divisait gravement les spéculatifs. Pour comprendre le sens et l'importance de la controverse qui allait s'engager à ce sujet, il faut tout d'abord se représenter l'état général du milieu dans lequel elle se produisit.

Depuis qu'elle s'était constituée en discipline distincte, au xviii® siècle, l'apologétique n'avait guère changé de physionomie. Pour le clergé surtout, elle se résumait dans ces démonstrations classiques, fixées par les vieux manuels dits de Clermont'ou de Toulouse, où, après quelques thèses sur

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