‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 104 sur 451 · L. Péchenard, loc. cit., p · texte numérisé non relu

L. Péchenard, loc. cit., p

la religion et la révélation dirigées contre Voltaire et Rousseau, la preuve du christianisme était demandée à une argumentation toute dialectique, dont les miracles et les prophéties fournissaient à peu près tous les matériaux.

Au commencement du siècle, le romantisme s'était bien traduit par quelques tentatives intéressantes en la naatière, telles que le Génie du christianisme de Chateaubriand, les esquisses historiques d'Ozanam et de Montalembert, les Cojiférences de Notre-Dame où Lacordaire appliquait les lumières de la foi aux aspirations des individus ainsi qu'aux besoins de la société. Mais ces essais littéraires ou oratoires se développaient en marge des cadres reçus, dont les grandes • synthèses les plus appréciées -^ conservaient les mêmes caractères et les mêmes éléments. Toutes constructions évidemment établies sur des principes traditionnels, mais qui étaient loin d'en réaliser adéquatement la valeur.

Dans la suite, on vit se produire des essais plus sérieux et plus efficaces de renouvellement. Sur l'initiative du cardinal Déchamps, le concile du Vatican avait invité les apologistes à chercher une plus large plate-forme dans le fait de l'Église. Ces indications allaient bientôt inspirer l'œuvre de l'abbé Paul de Broglie, qui les a systématisées dans sa célèbre méthode de transcendance. Les philosophe's chrétiens, de leur côté, sur les traces de Gratry, s'appliquaient à justifier la foi chrétienne par sa convergence avec les lois de la vie intellectuelle et morale. L'initiateur de cette apologétique rationnelle fut Léon Ollé-Laprune (1839-1898), et G. Fonsegrive venait d'en présenter un aperçu très suggestif dans une conférence donnée au grand séminaire d'Issy (1895) sur « les conditions de l'apologétique moderne ^ ». Mouvement qu'on a très justement défini comme « une réaction contre l'intellectualisme^ », mais qui n'en conservait pas moins à sa

1. Ainsi les Conférences de Frayssinous et de La Luzerne, l'Iniroduclion au dogme catholique de Monsabré, l'apologétique traduite en français de l'allemand Fr. Hettinger.

2. Voir Le catholicisme et la vie de l'esprit, Paris, 1899, p. 1-29. Cf. Annales de philosophie chrétienne, 1895, nouv. sér., t. xxxii, p. 321- 326, 655-656.

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