Reflue du clergé fr
5. Confession : nouvelles attaques et nouvelle défense, dans Études, 1 899, t. LXXX, p. 577-605. Voir la réplique de Vacandard, dans Revue du clergé fr., 1899, t. xx, p. 566-587 ; 1900, t. xxi, p. 28-53, et l'instance de Harent, La méthode apologétique dans la question des sacrements, dans Études, 1901, t. lxxxvii, p. 748-779.
6. Parues dans la Science catholique ou la Revue du monde catholique depuis 1899, elles donnèrent un volume en- 1901.
INCIDENTS PKÉCtlRSEURS 129
d'instruire « devant le tribunal de l'opinion ecclésiastique » (p. v). Encore faut-il que, dans ce cas, le réquisitoire parte de principes justes et repose sur des faits exacts. Or celui de l'auteur révélait, avec une tendance aux pires généralisations, la plus étrange des promiscuités.
Il y dénonçait aussi vivement, et H. Margival pour son éloge tendancieux de Richard Simon, et M. Loisy pour méconnaître râùtorité historique du quatrième Évangile, et « A. Firmin » pour nier la révélation primitive, et M. Turmel pour contester aux chrétiens du iv® siècle la croyance à Téternité des peines, et M. Touzard pour oublier la tradition orale des Juifs en matière d'immortalité, et le P. Rose pour humaniser le Christ des Évangiles. Sans compter qu'à côté de ces griefs imputés à des savants catholiques figurait la réprobation de doctrines spécifiquement protestantes, telles que le conditionalisme ou l'universalisme eschatologiques ^.
Au milieu de ces, tirades agressives, quelques formules éphémères marquaient un certain sens des problèmes posés. Mais, dans l'ensemble, c'est l'argument d'autorité qui domine et qui préside également aux applications les plus disparates. L'auteur s'est bien jugé en reconnaissant à sa publication le caractère d'une «œuvre de combat » (p. ix). En retenant cet aveu, l'historien voudrait pouvoir ajouter, par compensation, que ce fut, autrement qu'à titre d'iUusion subjective, une «œuvre de charité et d'espérance » ou seulement d'équité.
Mis en goût par le succès et encouragé pair de hautes approbations, J. Fontaine publiait, l'année suivante, des « études complémentaires » sous un titre analogue au premier ^. Ses coups, dirigés suivant la même méthode, tombaient principalement, cette fois, sur M. Blondel et le groupe philosophique des Annales, dont il retrouvait un écho dans l'article d' «A. Firmin», sur «les preuves et l'économie de la révélation^. »
1. Il est curieux de noter qa'un des noms 'que l'auteur oppose le plus volontiers à la nouvelle école et à Loisy lui-même (p. 27, 78, 144) est celui d' a Isidore Desprès ».
2. Les infiltrations kantiennes et protestantes et le clergé français, Paris, 1902. - ,
3. L'exégèse n'y était pourtant pas oubliée et l'auteur s'en prenait à un collaborateur de la Revue du clergé français, M. Bigote où il croyait voir un « proche parent de M. Firmin » (p. 203), qui aurait été coupable d'enseigner n la corporéité du Dieu de la Genèse. ».
Un. allié de moindre valeur poursuivait simultanément la même entreprise. En effet, pour couronner sa campagne contre l'américanisme, M. Ch. Maignen dénonçait à son tour une « pMlosopliie nouvelle •'• », représentée par un ouvrage déjà disparu de la circulation : La démonstration philosophique (1899) de M. Jules Martin, et, pour que rien ne manquât au diptyque, une « théologie nouvelle ^ », dont l'unique spécimen était l'article de Firmin-Loisy sur « le développement chrétien ».
De M. Ch. Maignen il ne semble pas que personne se soit préoccupé ; mais J. Fontaine ne parut pas quantité négligeable. Le P. Lagrange se chargea lui-même de couvrir ses collaborateurs ^. Après Jérusalem, Toulouse prit également position par une note sévère*. Ces pages attirèrent une riposte irritée de J. Fontaine ^, qui dépassait à ce point toute mesure, qu'un théologien autrement considérable de la Compagnie, Eugène Portalié (1852-1909), crut devoir intervenir par lettre publique pour ramener son impétueux collègue à la raison ^.
Outre l'émotion qu'il trahissait dans les milieux intéressés, ce débat court mais significatif fournit à chacun l'occasion de fixer sa propre attitude à l'égard de la critique naissante. A peine peut-on dire que le magistère ait eu à se prononcer. En effet, la lettre de Léon XIII au clergé de France n'était encore qu'un avertissement général, où rien ne permettait de voir une censure. Le seul fait saillant est une ordonnance du cardinal Richard (23 octobre 1900), qui interdisait la continuation des articles de «Firmin » sur la religion d'Israël comme contraires aux principes de l'Êghse '. Pour grave