Texte dans Revue du clergé fr., t. kxiv, p
qu'il fût ^, cet acte n'eut que la portée d'un incident et la controverse resta circonscrite entre théologiens, dont elle allait servir à préciser les positions sur la manière de concevoir la tâche des sciences sacrées. .
Dès le commencement de 1898, un jésuite qui faisait alors ses débuts pleins de promesses, Léonce de Grandmaison (1868-1927), distinguait « deux tendances » ou « écoles rivales » dans « l'armée des savants qui s'étudient à faire progresser les sciences religieuses, » qu'il croyait pouvoir caractériser par les dénominations de théologie scolastique et de théologie critique.
Là, prépondérance assurée à l'argument d'autorité, de tradition, aux déductions rationnelles; amour des contours fermes et des positions bien accusées, esprit conservateur et sage, un peu inquiet des voies nouvelles, efforts enfin pour ramener à l'unité d'une vaste synthèse les discordances remarquées dans l'histoire du dogme ou notées chez les Pères. Ici, part plus grande accordée aux notions analj'tiques et positives', contrôle minutieux des faits, impatience instinctive d'une règle uniforme et mise en saillie des détails, où les grandes lignes sont contredites par les hardiesses des théologiens passés, surtout primitifs, enfin directe et libre apphcation des méthodes scientifiques aux documents et aux institutions ecclésiastiques ^.
Ces deux « écoles » s'entre-choquaient maintenant dans un fracas de bataille. Bon gré, mal gré, c'est le procès de la critique elle-même que J. Fontaine se trouvait ouvrir, et sous la pire forme qui consistait à l'accuser de tendances hérétiques. Aussi une réaction devait-elle se produire chez les catholiques ainsi dénoncés. Le P. Grisar venait précisément de s'élever, au congrès international de Munich, contre l '« hyperconservatisxne », et le terme avait fait fortune ^. Comment qualifier autrement l'attitude d'un Ch. Maignen. qui, sous prétexte de réfuter « Firmin-Loisy », niéconnais-
1. D'autant qu'au témoignage d'un contemporain « on eût trouvé des choses beaucoup plus condamnables encore dans les articles antérieurs du même auteur sur la révélation et ses preuves. » A. Durand, dans Études, 1901, t. Lxxxix, p. 446,
2. Théologiens scolastiques et théologiens critiques^ dans Études, 1898, t. Lxxiv, p. 26-27.