Bulletin de litt. eccl, mars 1901, p
5. (t S'il y a du protestantisme dans notre cas, s'écriait le P. Lagrange (loc. cit., p. 51-52, 55), mettez hardiment le doigt sur la plaie; mais donnez des preuves... Surtout... veuillez ne pas créer des systèmes" aux contours flottants pour les rapprocher ensuite de certains noms propres. » « On passionne ainsi un débat, appuyait le Bulletin de Toulouse (p. 92), mais c'est aux dépens de la justice. »
INCIDENTS PRÉCURSEUKS 133
« deux courants jumeaux réglés tous deux dans leur direction générale par la ligne fixe de la foi orthodoxe ^,» l'Institut catholiqiié de Toulouse s'accordait avec J. Fontaine pour dénoncer une « petite école » qui faisait profession de « pure critique » et de « critique autonome». «A leurs yeux, la iheologia sacra est une discipline abolie, iine synthèse dont il n'y a rien à garder. » Erreur qui fut celle des « humanistes » et que leurs imitateurs « aggravent par l'ironie et le mépris dont ils poursuivent théologiens et théologie. » D'autant que ce n'est pas de la théologie seule, mais de l'Église et de la foi qu'ils prétendent s'affranchir. Attitude qui amenait cette formelle déclaration de principes :
Le critique pourra procéder avec ses métliodes propres, comme le philosophe procède avec sa seule raison... Mais il est bien clair que critique et dialectique ont leur contrôle final dans la foi, et que ce serait nier la valeur même de la foi que d'en faire autre chose qu'une certitude qui s'accorde, en fin de compte, avec nos connaissances ^.
C'est l'école de la « revue grise «, personne ne put s'y méprendre, qui était directement visée par ces lignes discrètes. La distinction des méthodes et des groupes pouvaitelle être plus nettement établie ou plus fermement justifiée ?
Il s'en faut d'ailleurs que ce fussent là paroles de circonstance. Bien avant les provocations de J. Fontaine, Mgr Batiffol avait déjà signalé comme un danger de l'heure cette « séparation de la critique et de la théologie ^, » à laquelle, il pouvait opposer la grande autorité du P. Lagrange^. C'est pourquoi l'auteur formulait, un peu plus tard, de significatives réserves sur l'étude consacrée à Richard Simon par
1. «C'est peu à peu, en effet, et en cours de route, a-t-îl écrit plus tard (Éludes, 1915, t. cxui, p. 103)i que les deux équipes, en se connaissant mieux, s'observèrent, se séparèrent pour s'opposer dès que les modernistes eurent jeté le masque. » L'époc[ue où nous sonames marque le point critique oîi s'accomplit cette séparation.
2. Bulletin de litt. eccl., mars 1901,' p. 91-93. A l'encontre de ces extrémistes, on y résumait en ces termes a les quatre erreurs fondamentales » à combattre en ce moment : « 1° Faillite de la théologie traditionnelle ; 2° Aut'onomie de . la critique ; 3° Evolution naturaliste de la religion ; 4° Caractère non dogmatique de la révélation. »