‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 112 sur 451 · Revue du clergé fr., 1899, t. xx, p · texte numérisé non relu

Revue du clergé fr., 1899, t. xx, p

Les positions" des savants catholiques furent bien marquées dans un discours' de Mgr Batiffol, où l'acte du pape était encadré dans l'ensemble d'un effort destiné « à promouvoir chez les catholiques l'action par la pensée et par le savoir, » mais où ses commentateurs étaient aussi invités audevoir de la probité intellectuelle en vue de « distinguer le certain du probable, le probable du douteux, le douteux de téméraire et le ténaérairè de l'erroné, » et de « ne pas engager la foi en des opinions où l'Église n'a jamais eu la pensée de l'engager. » D'autre part, cette probité scientifique y était soigneusement distinguée de l'individualisme doctrinal.

Que dire de prêtres assez imprudents pour entretenir en eux la vie de l'esprit avec le parti pris de ne l'alimenter qu'à des sources séculières ou non catholiques, avec le mépris de tout ce qui est théologien et théologie, avec le dessein plus ou moins conscient ou plus ou moins radical de transformer la pensée définie et historique [du catholicisme] en un symbolisme tout subjectif ?

De ces prêtres, quelques-uns étaient déjà tombés. IJ^Iais ce qui, non sans raison, paraissait à l'auteur encore « plus troublant, c'était « d'en rencontrer d'autres qui, tenant à la vie catholique comme à l'âme de leur âme, croient pouvoir mettre à part la vie de leur esprit et parler de positivisme catholique, de kantisme catholique, pour un peu de protestantisme catholique •"•. »

Le commentaire annoncé de l'encyclique pontificale suivit, au cours de^l' année 1900, dans la Revue du clergé français. Seul « Isidore Després » y fit preuve de pessimisme sur la tâche présente et l'avenir de l'exégèse. Tout le .fruit des efforts déployés par les critiques, qui, « croyant à la nécessité d'une rénovation de l'exégèse catholique, » avaient « cru à sa possibilité, » lui paraissait « maintenant détruit » et il laissait aux théologiens, avec une visible dérision, le soin d' « exposer avec une parfaite sincérité l'état actuel de la critique biblique chez les protestants, » puis de « démontrer par les faits que toutes les conclusions de cette critique sont arbitraires ^. y> Partout ailleurs, même au chapitre le plus délicat,

1. Revue du cl. fr., t, xx, p. 562-564,, Allocution prononcée à Toulouse, le 3 novembre 1899, à l'occasion de la messe du Saint-Esprit.

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