Selecled lellers, p
5. Son biographe a fait état, sans autres preuves que sa parole, de conversations privées oîi Duchesne l'aurait amené à k toucher du doigt les contradictions des témoignages relatifs à la résurrection. » Un prêtre symboliste, p. 90 et 128. Cf. Hist. du modernisme cath., p. 6-7. Il y a sans nul doute plus de psychologie quand l'auteur s'attache, un peu plus loin, à préciser les rôles. « A ses amis Duchesne et Loisy M. Hébert demandait les conclusions de- leurs études respectives, que ses besognes d'éducateur ne lui laissaient pas le loisir d'examiner par lui-même. » Un prêtre symboliste, p. 123. Cf. Hist. du modernisme cath., p. 5 : ce N'étant point partisan des cloisons étanches, le philosophe demandait sans cesse des renseignements aux deux spécialistes de l'histoire du christianisme et il tirait bravem.ent les conclusions. »
qu'il aimait, ce prêtre crut trouver un refuge dans le symbo- " lisme, qui lui permettait de retenir à titre d'images les concepts religieux et les dogmes chrétiens dont il n'admettait plus la réalité. Une pièce intime intitulée : Profession^ de foi du Vicaire savoyard... en 1894, esquissait dans ce sens une transposition complète du Credo.
Je crois en la valeur objective de l'idée de Dieu, d'un idéal absolu, parfait, distinct sans en être séparé du inonde qu'il attire et dirige vers le Mieux..., un et triple, car il peut être appelé : activité, intelligence et amour infinis. Et en celui dans lequel s'est réalisée à un degré exceptionnel et unique l'union du Divin à la nature humaine... : Jésus-Christ, dont l'éclatante supériorité, impressionnant des coeurs simples, s'est pour eux symbolisée par une conception surnaturelle..., dont l'action puissante après la mort... av déterminé dans l'esprit des apôtres et des disciples les visions et apparitions consignées dans les évangiles et a été symboUsée par le mythe d'une descente libératrice aux enfers et d'une ascension sur les régions supérieures du Ciel... Je crois à l'Esprit d'amour (un des aspects du triple idéal) qui vivifie nos âmes, leur donne l'attrait, l'élan vers tout ce qui est vrai, beau et bon... Je crois à la sainte Eglise universelle, expression visible de cette communion idéale de tous les êtres... Je crois à la survivance de ce qui constitue notre personnalité morale, à la vie éternelle qui existe déjà dans toute âme vivant une vie supérieure... et que l'imagination populaire a symboKsées par la résurrection de la chair et l'éternelle féHcité ^.
« Peut-être, observe à ce propos son biographe, cette pièce était-elle un jeu d'esprit et peut-être, au moment où il s'y complaisait, son auteur était-il encore déiste... En tout cas, quelle que soit la date à laquelle M. Hébert a définitivement et consciemment tourné l'idée de Dieu en symbole, cette profession de foi du nouveau Vicaire Savoyard donne l'exact résumé de la manière dont, pendant des années, il interpréta l'enseignement de l'Église catholique ^. » Mais c'est seulement au cours dé l'année 1901-1902 que cette philosophie allait s'affirmer au grand jour.