Houtin, p
4. « J'ai tout fait, confiait plus tard l'auteur à un ami, pour continuer à servir l'idée religieuse sous la forme catholique, dont je ne conteste pas l'utilité pour bien des âmes. Le symbolisme m'avait permis et m'aurait permis de le faire loyalement. » Lettre du 27 octobre^l903, dans Houtin, p. 165. Cette loyauté s'entend d'un point de vue tout subjectif, et ne saurait couvrir l'équivoque inhérente à la prétention do retenir le langage de l'Église en le mettant au service d'un vague idéalisme moral. Avec raison, A. Houtin, Ma vie laïque, p. 164, parle à ce propos du « compromis symboliste ».
cette œuvre d'éducation privée par la parole et la plume qu'aucun contrôle ne peut>atteindre, mais dans ces manifestations publiques où le symbolisme s'insinuait à doses savamment calculées, en attendant de s'épanouir tout à son aise en écrits ésotériques? Tous ces. traits dénoncent une tentative consciente de dissolution dogmatique, et le fait qu'elle ne s'adressât guère qu'à une élite en réduit le rayonnement sans en modifier la signification.
Peut-être néanmoins est-il plus surprenant encore de constater-que ce mouvement a pu se produire sans provoquer de réaction appréciable. Signés ou anonymes, les appels les moins déguisés de l'auteur au symbolisme agnostique ne trouvèrent-ils pas bon accueil dans une revue catholique, sans paraître choquer la confiance des lecteurs ni émouvoir la prudence de la direction? 11 est vrai que, pour Ch. Denis ^, le symbolisme serait «une manière essentiellement chrétienne de présenter le vérité et de la recevoir ». Le manque de clairvoyance poussé jusqu'à ces limites n'est-il pas un mal pire que le libéralisme voulu ? De toutes façons, pareille carence est l'indice d'une situation singulièrement troublée 2.
Il n'est pas jusqu'aux Souvenirs d'Assise qui n'aient recueilli des suffrages approbatifs. L'indiscrétion des chroniqueurs a maintenant rendu publique la lettre que Duchesne adressait à l'auteur, en datedu 18 janvier 1900 :
... Qui sera sincère au point d'avouer des préoccupations comme les vôtres?... Nous sommes à un tournant... Enseignons donc ce qu'enseigne l'Eglise en son nom et sous sa responsabilité. Ne dissimulons pas que, dans tout cela, il y a une grande part de symbolisme qui appelle une exégèse. Mais laissons cette exégèse se faire à l'intérieur et par individus... Tl se pourrait que, malgré toute son apparence, le vieil édifice ecclésiastique vînt un jour à crouler... S'il en arrive ainsi, personne ne nous blâmera d'avoir soutenu le plus longtemps possible la vieille maison. On se dira