‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 130 sur 451 · M.-J. Lagrange, Revue biblique, 1903, t. xii, p · texte numérisé non relu

M.-J. Lagrange, Revue biblique, 1903, t. xii, p

« l'évangile et l'église » 155

tandis que ses travaux commençaient de plus en plus à susciter la contradiction chez tous ceux qui se préoccupaient de ne pas opposer la science à l'esprit de l'Église. Dès la fin de 1900, M. Loisy, qui ne s'était jamais consolé d'avoir perdu sa chaire à l'Institut catholique, était admis comme conférencier libre à l'École des Hautes-Études. Il y débuta, devant un groupe assez nombreux d'ecclésiastiques, par un cours sur. « les mythes babyloniens et les premiers chapitres de la Genèse. » Ce qui l'amenait à traiter la délicate question des origines. En même temps, le travail de « Firmin », dont le cardinal Richard avait interdit la continuation dans la Reçue du clergé français, paraissait en entier sous le nom de son auteur^.

Quand le cours sur les mythes babyloniens fut à son tour devenu un volume (Paris, 1901), il apparut aux esprits les moins rétrogrades que l'auteur y poussait son dédain coutumier de la théologie jusqu'à des positions incompatibles avec l'enseignement dogmatique de l'Église, sur la création du monde ou l'état de la première humanité ^. La réédition des Études bibliques amenait également le Bulletin de Toulouse ^ à mettre le public en garde contre les tendances de l'auteur, chez lequel il relevait « trop d'équivoque, trop d'individualisme, trop d'ironie. » Inversement, Ch. Denis se montrait lyrique et lui reprochait seulement sa timidité dans la voie du relativisme et du symbolisme *.

Or, l'année suivante, M. Loisy abordait dans le même esprit le problème des Évangiles. La curiosité des milieux catholiques venait précisément d'être éveillée sur ce point par un volume du P. Rose ^, qui étudiait du point de vue historique les origines de la révélation chrétienne. Des mémoires donnés par lui ou par son pseudonyme « Fr. Jacobé » on pouvait

1. La religion d'Israël, Paris, 1901. Simultanément M. Loisy publiait une seconde édition de ses Etudes bibliques, où étaient réunis <iuelqucs articles anciens d'intérêt plus général.

2. Voir la recension du P. Lagrange, dans Revue ôtôttr/ue, "1902, t. xi, p. 119-124.

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