‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 132 sur 451 · Une vie de prêtre, p · texte numérisé non relu

Une vie de prêtre, p

2. Dos Wesen des Christentunis, Berlin, 1900; traduction française, Paris, 1902.

une altération de la pure doctrine évangélique, son dogme n'étant qu'un produit de l'esprit grec et son organisation un décalque de l'empire romain. Luther avait eu le mérite d'inaugurer le mouvement d'émancipation; mais il s'était lui-même arrêté à mi-chemin. C'est au xix^ siècle seulement que son œuvre avait été reprise et menée à son terme logique, quand le protestantisme, se débarrassant des dogmes et des rites, avait enfin rendu aux âmes, dans sa primitive simplicité, l'authentique religion du Christ.

Il serait excessif de dire' que cette synthèse audacieuse ait excité en France beaucoup d'émotion. Son double titre de protestant et d'étranger suffisait, pour le petit nombre de ceux qui purent en avoir connaissance, à discréditer les conclusions de l'auteur. Un coup n'en était pas moins porté, dont on éprouvait le besoin de tenir compte dans les milieux qui ont le sens des hauts problèmes intellectuels. M. Loisy assumait donc un beau rôle en relevant sur l'arène le gant fièrement. jeté par le savant berlinois.

Mais, comme l'auteur se plaisait à le dire plus tard, « on ne détruit que ce qu'on remplace. » C'est pourquoi à la systématisation dressée par M. Harnack pour rétablir le sens de l'Évangile et juger l'évolution des Églises chrétiennes il était conduit à en opposer une autre ^.

Esquisser l'histoire du développement chrétien à partir de rÉvangUe, afin de montrer que l'essence de celui-ci, en tant qu'essence il y avait, s'était véritablement perpétuée dans le christianisme catholique et que ses transformations avaient été tout autre chose qu'une décadence perpétuelle : tel était le hut principal du livre..., les deux premiers chapitres, sur le royaume des cieux et le Fils de Dieu, fixant le point de départ historique du développement tracé dans les trois derniers, sur l'Eglise, le dogme chrétien et le culte catholique. Subsidiairenient venait une critique du protestantisme libéral, eu égard surtout à sa prétention de représenter l'Evangile de Jésus ^.

1. Dans la suite, M. Loisy a fait savoir qu'il avait profité de l'occasion pour utiliser quelques chapitres d'un « ouvrage apologétique s, composé dans la solitude de NeuUly, auquel 'appartenaient déjà les articles de « Firmin». Choses passées, p. 170-181. Récemment {Congrès d'hist. du christianisme, t. m, p. 242), l'auteur revenait encore sur ce détail, en vue d'éteiblir que son livre <t n'était pas improvisé b.

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