N» du 20 janvier 1903, t. xciv, p
4. Bulletin de litt. eccl., janvier 1903, p. 3-15. De P. Batiffol un de ses plus venimeux calomniateurs, A. Houtin, Ma vie laïque, p. 153, reconnsût qu'il fut la « véritable cause du prompt échec de cette «mystification». Cf. M.-J. Lagrange, dans Lavie intellectuelle,1929, t.n, p. 417.
n'étaient pas aveuglés ou endormis, et contribuèrent d'autant plus à inaugurer l'œuvre urgente du redressement qu'elles venaient d'un milieu où la critique était en honneur ^.
Quelques évoques estimèrent aussi que le magistère ecclésiastique avait à se prononcer 2. Une ordonnance du . cardinal Richard, en date du 17 janvier 1903, condamna L\Évangile et V Église comme étant « de nature à troubler gravement la foi des fidèles sur les dogmes fondamentaux de l'enseignement catholique. » L'archevêque de Cambrai, les évêques d'Autun, de Bayeux, de .Perpignan, de Nancy, d'Angers, de Belley' suivirent à peu de distance. En outre, le cardinal Perraud s'expliqua sur la doctrine du livre novateur par une lettre publique, parue dans l'Univers du 6 février; Mgr Le Camus, évêque de La R9chelle, lui consacra toute une brochure^; Mgr Turinaz lui fit une place spéciale dans une plaquette de circonstance*.
Tandis que ces actes épiscopaux étaient signalés et commentés dans les Études par J. Brucker ^, le P. Lagrange se prononçait à son tour par une longue recension très fouillée ", où il montrait le péril doctrinal et, au nom de l'exégèse, la faiblesse historique des conclusions adoptées par M. Loisy sur le sens de l'Évangile et l'origine des dogmes chrétiens. Ces pages empruntaient au nom de leur signataire une particulière autorité. A la même date, dom Laurent Janssens, secrétaire de la Commission biblique, prenait position contre L'Éf^angile et l'Eglise par un compte rendu remarqué ' . En même temps que par les théologiens et par les évêques, M. Loisy était jugé par ses pairs.
1. C'est à Toulouse que le P. Lagrange avait ouvert l'année universitaire 1902 par une série de conférences devenues depuis son volume : La méthode historique.
« Dans la fièvre de ces jours de lutte, il fallait... quelque courage... pour élever la voix, prononcer des paroles de sang-froid, et défendre la doctrine catholique en même temps que la science, quand il semblait que l'une s'opposait à l'autre en un inconciliable conflit. » P. Battifol, dans Refaite de théologie, 1909, t. xvni, p. 390.