‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 142 sur 451 · Choses passées, p · texte numérisé non relu

Choses passées, p

3. Revue historique, 1911, t. cvn, p. 391-392, repris dans Reçue d'hist, et de liU. rel., 1911, houv. sér., t. n, p. 601.

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étonnant qu'il ait redoublé les trop justes alarmes qui s'étaient manifestées à l'endroit du précédent? ^

En effet, la protestation fut des plus rapides. Avec les professionnels de la polémique religieuse, tels que Ch. Maignen dans la Vérité française, H. Gayraud dans l'Univers, J. Fontaine dans la Science catholique; aVec les représentants qualifiés de l'École ^; avec les orateurs ^, des exégètes considérables se hâtèrent de prendre parti. Le premier en date fut le P. Prat ^, qui, tout en expliquant par des motifs de prudence ou de charité le silence gardé tout d'abord par « un très grand nombre de savants catholiques », reconnaissait que l'événement avait apporté à leurs bonnes intentions «un cruel démenti, en dpnnant raison aux contradicteurs de la première heure. » La manière à ce point enveloppée de l'auteur que « l'on risque autant de se tromper en imprimant à la pensée... un tour orthodoxe qu'en lui laissant ses allures suspectes » (p. 306) ne' l'empêchait pas de dénoncer à son tour dans ce « manifeste », non seulement des erreurs de détail, mais « une sorte de nihilisme théologique et de subjectivisme absolu, qui, poussé à ses conséquences logiques, ne laisserait subsister ni l'Église, ni Jésus-Christ, ni la révélation, ni la certitude, ni même un Dieu personnel. »

Parmi ces contributions volontaires à la défense de l'Église, il n'en fut pas de plus remarquée, dès ce moment-là, que celle de l'Institut catholique de Toulouse. Depuis la publication de L'Évangile et l'Église, on avait à cœur d'y affirmer plus que jamais, à l' encontre de la a critique indépendante », les principes d'une «critique tempérée »*. Ces antécédents

1. Th. Pègues, dans Reçue thomiste, novembre-décembre, 1903; G. Monchamp, dans Nouvelle reçue ihéol., 1903, p. 341-346, 456-468; Ami du clergé, 26 novembre 1903, p. 1073-1095; L. Merklen, dans Reçue augustinienne, 15 janvier 1904, reproduit dans Questions actuelles, 27 février, t. Lxxn, p. 226-254.^

2. Voir G. Frémiont, Lettres à l'abbé Loisy sur quelques points de l'Écriture sainte, Paris, 1904.

3. Au fond d'un petit licre, dans Études, 5 novembre 1903, t. xcvn, p. 305-324.

4. En mars 1903, p. 65-76, le Bulletin avait encore publié dans ce sens une sorte d'article-programme intitulé : Les catholiques et les études l'ibliques au XX^ siècle.

bien connus donnaient à la maison la garantie de la compétence et le prestige de l'autorité.

Dès le mois de décembre, devant^ «un auditoire d'élite, composé d'ecclésiastiques, d'hommes du inonde, d'étudiants de l'Université », Mgr Batiffol donnait une série de trois conférences sur les sujets alors d'actualité : savoir, le 13, sur « La foi et la critique à propos de l'œuvre de M. l'abbé Loisy » ; le 20, sur « Jésus et l'histoire » ; le 27, sur « Jésus et l'Église 2 » Mais ce n'était là que le prélude d'une manifestation plus sensationnelle.

En effet, le Bulletin de littérature ecclésiastique allait consacrer à la question du jour ses deux premiers fascicules de 1904, qui prirent pour la circonstance une ampleur inaccoutumée. « Autour des fondements de la foi » : sous ce titre général, qui dénonçait l'importance tragique de l'heure, trois maîtres s'étaient réunis, dont chacun avait fait ses preuves : le P. Lagrange, Mgr Batiffol, E. Portalié, pour envisager du point de vue catholique les graves questions jetées à tous les vents par les petits « livres rouges ».

Pour accentuer le parallèle jusque dans les procédés littéraires adoptés par M. Loisy, les trois études se présentaient également sous forme de lettres. Le P. Lagrange écrivait à Mgr Batiffol son « Jésus et la critique des Évangiles »; celui-ci adressait à dom L. Janssens ses réflexions sur « Jésus et l'Église »; E. Portalié prenait pour correspondant sur « le dogme et l'histoire » son confrère le P. de Hummelauer, membre de -la Commission biblique.

Leur caractère technique ne permettait assurément pas d'espérer pour ces mémoires le succès des « livres rouges ». Mais ils furent beaucoup lus dans les milieux ecclésiastiques auxquels ils étaient destinés^ et, malgré le contrepoids que

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