‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 147 sur 451 · T. VII, p · texte numérisé non relu

T. VII, p

« AUTOUR d'un petit LIVRE » 189

dans la Revue de Belgique du 15 novembre 1903 ?•, il consacrait à ses « derniers livres «une recension assez étendue. •Plus perspicace que bien des lecteurs catholiques, il y signalait (p. 294) la faiblesse et l'équivoque de cette « foi » sans bases historiques au nom de laquelle M. Loisy essayait de justifier l'évolution du christianisme depuis ses modestes origines. C'est pourquoi il concluait (p. 299) que ce mouvement de transformation progressive ne pouvait en rester là. Son terme logique devait être d'abandonner cette orthodoxie catholique à laquelle" M. Loisy avait encore la faiblesse de tenir, pour « dégager l'unique nécessaire en remontant du ruisseau à la source, du mythe à la merveilleuse faculté d'idéalisation, la conscience humaine, qui l'a créé » ^.

Ainsi la publication des petits « livres rouges » était devenue un événement mondial. Et pour superficielle qu'elle fût, cette vague de curiosité achevait de rendre plus dramatique, chez les croyants, la question, de leur valeur.

Ces discussions touchaient à des points trop essentiels pour que l'Église pût se dispenser de faire connaître son jugement. Quel que fût, en effets le poids des savants cathoUques par la voix desquels s'était affirmée la réaction du sens chrétien, le problème posé devant les consciences ne pouvait être résolu que par l'intervention de la suprême autorité ecclésiastique. Elle se fit attendre plus qu'on n'aurait pu le supposer.

De bonne heure, le nom de M. Loisy avait été porté en cour de Rome dans les négociations qui suivirent le fameux article de Mgr d^Hulst sur la question biblique^. Tout finit par une combinaison administrative, qui lui enlevait l'enseignement de l'exégèse pour ne lui laisser que celui des langues orientales. Les . ouvrages postérieurs réveillèrent l'attention du Saint-Siège, qui pourtant recula devant les

Page 1