Voir Choses passées, p
190 EXPtOSION DÉ LA CRISE
sanctions ^. Dans les premiers jours de février 1903, U Évangile et V Eglise ainsi que les Etudes évangéliques furent déférés à la Congrégation de l'Index; mais Léon XIII se serait opposé à la condamnation du second ^. Est-ce à dire que le cas du premier aurait dès lors paru plus grave? Le pape cependant mourut avant d'avoir pris aucune décision 3. Mais, sur les instances du cardinal Richard et d'autres évêques français, la solution allait survenir moins de six mois ajDrès l'avènement de Pie X^. .
A la date du mercredi 16 décembre 1903, le Saint-Office décidait que cinq des principaux ouvrages de M. Loisy seraient « inscrits dans l'Index des livres défendus », savoir : La religion d'Israël, Etudes éçangéliques, L'Evangile et l'Eglise, Autour d'un petit livre, Le quatrième Evangile. Une lettre du cardinal Merry del Val à l'archevêque de Paris indiquait en ces^termes le motif de cette mesure :
... Les erreurs très graves qui abondent, en ces volumes concernent principalement la révélation primitive, l'authenticité des faits et des enseignements évangéliques, la divinité et la science du Christ, la résurrection, l'institution divine de l'Eglise, les sacrements ^.
1. Il a lui-même raconté depuis {Choses passées, p. 226-230) comment son volume sur les Mythes babyloniens avait été, dès 1901, dénoncé au Saint-OfiB.ce. Mais l'intervention du cardinal Mathieu (cf. E. Renard, op. cit., p. 300-301) et de Fr. von Hûgel {Selected letters, p. 104) auprès du P. Lepidi avait arrêté l'affaire. A leurs efforts s'étaient aussi joints ceux de Mgr Mignot. Voir A. Loisy, dans Congrès d'hist. du christianisme, t. m, p. 241. La dénonciation était venue du cardinal Richard. Voir ibid., p. 244.
2. Choses passées, p. 255-256. Cf. A. Houtin, Hist. dw modernisme cath,, p. 80, et la rectification de la p. 427.
3. « Nous dironb, un jour, quelle invraisemblable pression s'exerça alors sur Rome et de quels arguments on usa. » P. Batifîol, dans Rei>ue de théologie, 1909, t. xvm, p. 390. Mais l'auteur est mort sans avoir publié ces renseignements. « En tout cas, poursuit-il,' le résultat fut acquis : Léon XIII temporisa..., et cette temporisation, de janvier à juillet 1903, était exploitée habilement comme une hésitation.-»
4. Voir M. Clément, Vie du cardinal Richard, Paris, 1924, p. 399-402. Les démarches contraires de Mgr Mignot, révélées par M. Loisy (toc. cit.:, p. 244-245), n'obtinrent aucun résultat.
5. Texte dans A. Houtin, La question biblique au XX* siècle, p. 111- 116, et Choses passées, p. 393-395. Le décret de l'Index fut porté le
a AUTOUR d'un petit livre » 191
. Malgré le commentaire officiel du secrétaire d'État^ cette censure était, à n'en pas douter, des plus bénignes. Elle suffisait néamnoins à marquer la portée doctrinale du débat. Après les théologiens et les évêques, Rome elle-même faisait savoir que les intérêts de l'Église y étaient engagés.
23 décembre et publié dans VOsseri>atore Roman6 du 24. Aux ouvrages déjà nommés de M. Loisy il joignait La question biblique d'A. Houtin. Texte reproduit partie dernier dans La question biblique au XX^ siècle, p. 112-113, et Une vie de prêtre, p. 307-308.